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interviewRMC (sur YouTube)· 4 juillet 2025 18 min

Dominique de Villepin dit tout aux Grandes Gueules

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Euh aujourd'hui, vous êtes l'invité des GG pour parler, commenter l'actualité. Est-ce qu'on reçoit le Jean-Luc Mélenchon des beaux quartiers ? La formule est du président du CRIF hier soir.

Oui, le président du CRIF aurait dû, Johan Arfi, aurait dû mesurer davantage ses propos et je commencerai par les propos inadmissibles qu'il a porté, gravissime dans notre République. Quand on est président d'une institution aussi importante que celle qu'il préside, on a le devoir de respecter les principes républicains. Il y a un premier principe dans la République, c'est celui de la responsabilité.

Or, il prend le risque d'établir une confusion qui est celle contre laquelle tous ceux qui se battent tous les jours contre l'antisémitisme essayent d'éviter. C'est la confusion entre la politique du gouvernement de Benjamin Netaniaahou et l'État d'Israël et la communauté juive. Il y a par ailleurs le refus d'une forme de négationnisme.

Tout le monde, tous les Français ont vécu et partagé avec la communauté juive, avec Israël, la souffrance du 7 octobre, le caractère odieux de cet acte terroriste. Et bien la souffrance, elle est sans limite. Elle doit aussi se tourner vers les autres qui souffrent et c'est le cas aujourd'hui à Gaza. et donc ne pas établir cette concurrence entre les souffrances.

Deuxièmement, au-delà de ce principe de responsabilité, il y a un principe de vérité. Et je m'étonne que Jonathan Narfi qui était sur le plateau de BFM quand les propos que j'ai tenu sur le quotidien ont été falsifié, détournés parlant de la dominancière la domination financière juive, propos que je n'ai jamais tenu et bien n'en ai pas tiré les leçons. D'autant plus que l'Arcom qui exerce sa surveillance sur l'audiovisuel avait mis en demeure BFM et il avait mis en cause et la chaîne et l'invité de la chaîne et en l'occurrence monsieur Jonathan Harfi.

Deuxièmement, le conseil de surveillance déontologique des journalistes avait lu aussi condamner ce détournement. Donc euh 2e principe, celui de la vérité. La vérité, elle vaut pour tous, elle ne vaut pas pour quelques-uns.

Et lancer ainsi, comme il l'a fait hier soir, une chasse à l'homme dans un moment de rencontre républicain devant les représentants du gouvernement qui euh évidemment n'ont pas bougé. Ils sont habitués à être sermonnés sans avoir à cœur de défendre pour tous les principes républicains. S'accompagne d'un troisème principe auquel je tiens beaucoup et il est au cœur de cet ouvrage, c'est le principe d'humanité.

L'humanisme républicain, c'est un devoir pour tous et c'est le titre de c'est le nom de votre mouvement d'ailleurs, la France. C'est le nom du mouvement et c'est je crois un engagement que nous devons tous prendre, refuser les socialisations, refuser les amalgames. C'est vrai du côté de nos compatriotes musulmans, c'est vrai du côté de nos compatriotes de la communauté juive.

Donc euh j'incite monsieur Harfy dans les fonctions qui sont les siennes à davantage de vigilance, à davantage de soucis de vérité parce que cela est le devoir qui est le sien dans un moment d'une extrême gravité dans notre pays où il y a la tentation euh de rechercher des bouqu émissaires, il y a la tentation euh de critiques qui sont non seulement cruelles mais qui sont dangereuses. Vous voyez, je suis pris à partie depuis des mois. Moi personnellement, harceler menace de mort, mais aussi ma famille, mon fils, mes filles, tout ceci est inacceptable.

Ils ont été menacés. Menacés absolument, mais au quotidien. Mais menacés par qui ?

Par quoi ? Mais je vous le demande. Vous savez, les réseaux sociaux sont anonymes.

Je l'ai fait et vous savez comment ça se passe. Mais on vous reproche quoi précisément dans ces menaces ? Vous savez, il y a pas le il y a pas la place pour un reproche.

Ce sont des insultes, on vous traite de tous les noms et on vous condamne à une mort prochaine. Donc je crois que la responsabilité, je le redis, il ne suffit pas de mener des politiques contre l'entrisme, le séparatisme. Il faut que chacun d'entre nous s'applique ses règles et ce devoir républicain.

Et ça justifie un peu plus avec cet ouvrage le combat et l'engagement. lorsquon évoque le conflit il y a pas de place pour la nuance et chacun doit forcément choisir un camp et et souvent insulter celui qui ne pense pas comme je ne vous fais je ne vous fais pas dire puisque je défends la nuance et la mesure il y a pas une phrase que j'ai prononcé depuis le 7 octobre qui puisse m'être reproché j'ai en permanence cherché le point qui doit être celui de la France d'une diplomatie à la fois d'équilibre et d'initiative mais vous savez La nuance, elle est terriblement agressive pour ceux qui sont des inconditionnels d'un parti. Et c'est bien cela qu'il faut condamner.

Cette inconditionnalité qui crée de la confusion, de la de la confusion et surtout qui ne permet pas à la France d'être là où elle doit être. La diplomatie française, je je le dis souvent, elle a vocation à être toujours en initiative parce que c'est ce qui crée de la plus là aujourd'hui suffisamment. Pourtant, le président Macron euh est présent sur tous les fronts.

Vous voyez bien com mais vous voyez bien euh faute de mesure dans notre diplomatie ou plutôt capacité le matin de dire une chose et le soir de dire une autre chose que nous ne sommes pas suffisamment à notre place. Et le résultat c'est que la diplomatie qui doit jouer un rôle de bouclier pour tous les Français. C'est le combat que j'ai mené quand j'étais ministre des affaires étrangères avec Jacques Chirac. faire en sorte que la diplomatie française soit un bouclier.

Et dans un moment où notre pays est vulnérable, où les risques de terrorisme sont importants, et bien nous avons le devoir d'être à la tâche bien davantage, plus que nous le faisons aujourd'hui. Elle a été détruite la diplomatie française, elle a été brouillée. Elle a été brouillée parce que les messages et les principes de cette diplomatie sont simples et ils sont constants.

Depuis le général de Gaulle, une vocation d'indépendance, une vocation d'équilibre, une vocation d'engagement. Et c'est ça qui s'est perdu parce que il y a la volonté de faire plaisir aux uns et puis aux autres d'essayer en permanence vis c'est mais c'est la diplomatie d'Emmanuel Macron. Si le qued si le qued était davantage libre de mener la politique qu'il voudrait mener et bien le président de la République sera davantage en situation de marquer des points pour la France.

On a deux otages français en Iran qui risquent aujourd'hui la peine de mort. Et nous avons aussi un écrivain franco-algérien, monsieur Sansal, et un journaliste français qui sont également détenus en Algérie. Est-ce que c'est un échec pour la France ?

Alors ça, malheureusement euh tous euh euh les régimes, tous les gouvernements ont été confrontés euh à ces questions d'otage et je l'ai été moi-même euh à différentes reprises. Quelle doit être la doctrine face à ces aut ? La la doctrine c'est bien évidemment d'essayer de mobiliser tous les instruments qui sont les nôtres, les instruments de la diplomatie française, mais aussi tous les instruments de la diplomatie internationale parce que chacun sait que nous n'avons que peu de contact avec la théocratie iranienne et donc nous devons passer par ceux qui eux ont une crédibilité.

Je pense que c'est ce qui a motivé pour une part le coup de téléphone d'Emmanuel Macron à Vladimir Poutine. Vladimir Poutine, la Russie a une relation privilégiée avec l'Iran. De la même façon, la Chine qui importe une grande partie du pétrole iranien a une relation privilégiée.

L'Arabie Saoudite qui sous l'égalisé ses relations. Donc nous devons utiliser tous ceux qui sont susceptibles de faire passer un message à Terran. Le problème que nous avons, c'est que les tensions du Moyen-Orient, les combats, les guerres du Moyen-Orient ont des conséquences sur la situation et en particulier sur celle de nos otages et que euh les autorités atéantes sont divisées.

Il y a des factions plus ou moins radicales et donc il y a des luttes de faction et nos otages otages d'État sont évidemment utilisé pour essayer d'envoyer des messages à la France qui n'est pas son moyen. Le président de la République l'a laissé entendre. Nous avons dans le cadre de la politique des sanctions la possibilité euh dans les prochaines semaines d'utiliser un retour à des sanctions massive comme celle qui existait euh avant euh euh le 14 juillet 2015 avant l'accord que nous avions signé avec l'Iran et qui a été dénoncé malheureusement par Donald Trump.

Mais puisque vous parlez de ces tensions en particulier avec l'Iran, est-ce que vous diriez comme le chancelier allemand que Israël et les États-Unis font le sale boulot pour les Européens en ayant attaqué l'Iran ou pas ? Non, je ne le dirai pas pour une raison simple, c'est que la diplomatie ce n'est pas une matière opportuniste. On ne se réjouit pas même si il peut y avoir des conséquences positives dans le cas présent.

On ne peut que se réjouir que le régime iranien soit affaibli. On ne peut que se réjouir d'imaginer que le programme iranien soit affaibli, même s'il reste beaucoup d'inconnus sur la réalité de ce programme. Mais ce que nous perdons à travers ces initiatives israéliennes et américaines est sans doute beaucoup plus important que ce que nous pourrions en opportunité gagner.

Et ce que nous perdons, c'est l'affaiblissement du droit international. Et ce ceci veut dire que dans d'autres crises désormais et bien nous serons totalement démunis. Chacun peut invoquer pourra pas faire la leçon à ce qui transactement.

Mais d'ailleurs nous retrouvons aujourd'hui dans cette situation difficile de faire la leçon à Poutine maintenant. Ben c'est et on le voit bien. Et quand les États-Unis décident de suspendre leur aide, Dieu c'est nécessaire puisque Kief a vécu cette nuit, la nuit la plus tragique depuis 2022, et bien nous n'avons pas de principe à défendre.

Nous n'avons pas de de possibilité sur la scène internationale pour défendre nos positions. Et c'est tout le problème aujourd'hui du de poids de mesure. Pourquoi est-ce que la diplomatie française, elle est plus faible ?

Parce qu'elle a perdu son exemplarité. Elle a perdu sa capacité à dire le droit, dire la justice. Tout l'enjeu de la reconnaissance de l'État palestinien.

C'était la possibilité offerte à la France de reprendre le leadership au plan de la justice internationale. Oui. Mais reconnaître un état palestre du Hamas, est-ce que c'est possible ?

Mais mais il s'agit pas du tout du Hamas en la matière. C'est toujours lui qui est notamment à Gaza. C'est pas le sujet.

L'autorité en l'occurrence parmi les conditions qui sont posées, bien évidemment il n'est pas question de faire retour du Hamas. qui n'est pas question de donner une place au Hamas dans le cadre de la nouvelle autorité qui sera définie. Donc ne compliquons pas les choses.

Le principe par contre Oui, mais Marmouabas est affaibli. Il y a pas d'interlocuteur quand même monsieur. Bien sûr, mais il est affaiblê pas naïf.

Mais non, ben pas du tout. Pourquoi est-ce qu'il est affaibli ? Parce que on ne crée pas les conditions pour avoir une autorité palestinienne qui soit capable de prendre les choses en main.

Vous savez aujourd'hui c'est un vide absolu et tous les jours tout ce qui est fait par Benjamin Etanyaahou c'est pour éradiquer la question palestinienne. C'est pour éliminer toute perspective de solution palestinienne. Et on voit bien que ce qui s'est joué dans les dernières semaines, c'est à la fois l'éradication de la question palestinienne et bien évidemment l'éradication de la question iranienne.

Z habitant euh monsieur de Villepard, donc j'ai lu votre livre hein qui est très brillant et c'est un très beau livre. En tout cas merci de l'avoir écrit. Euh mais j'ai été euh euh comment dire euh interpellé par deux passages, le titre d'abord et puis un chapitre qui est le refus de l'occidentalisation, un chapitre de l'occidentalisme.

De l'occidentalisme, pardon. Euh et donc ça veut dire quoi ça l'occidentalisme ? Ben justement, j'ai j'ai pas très bien compris.

C'est la c'est le détournement de l'Occident comme puissance meilleure que les autres quoi. Qui c'est le détournement de l'Occident euh se repliant sur lui-même et euh et continuant à vouloir prétendre dicter le cours du monde. Voilà.

Alors justement euh justement donc on comprend ce que vous voulez dire mais ce que vous vous oubliez de dire c'est que l'oppression ne vient pas que de l'Occident. D'abord qu'il y a des dictatures arabes, des régimes théocratiques, des systèmes patri patriarchau et péodo qui broie leur propre peuple et ceuxl bah vous ne les nommez pas et en plus vous voulez rompre avec la fabrique de l'ennemi. Moi je trouve ça très bien.

Mais alors il faut aussi euh euh stopper la fabrique de l'excuse, cette manie de tout ramener à l'Occident comme si le reste du monde était sans responsabilité, sans liberté et sans cruauté. Vous nommez très peu en fait ces régimes théocratiques. On a l'impression que l'Occident enfante des injustices, des cruautés et de la barbarie dans le monde et que ses propres euh territoires ne produit pas eux-mêmes leur propres barbar.

Et dernière chose, le titre la République des Lumières, c'est merveilleux. Moi, j'adhère 100 %. Mais lorsque l'on vous parle du voilement des petites filles, vous dites "Je ne suis pas couturier." Et là quand on reprend la définition des lumières, on voit qu'il y a vraiment quand même une schizophrénie qui mérite quand même une explication.

Réponse à Zora. Zora. Oui.

Alors sur le sur le premier point, l'occidentalisme, je souscris pleinement à ce que vous venez de dire, mais la responsabilité qui est celle de l'Occident, puisque nous dirigeons le monde depuis 1945, l'ordre mondial tel qu'il a été défini, il se fait sous l'égide des pays occidentaux, les États-Unis et les pays européens. Donc, on ne peut pas de ce point de vue-là se dissimuler euh la responsabilité particulière que nous avons. Bien sûr, euh les dictatures arabes, bien sûr, et c'est pour cela que nous avons soutenu euh les printemps arabes, tout ceci est une vérité.

Mais à l'heure de la responsabilité, ce que je soulligne, c'est que notre intérêt ce n'est pas de se comporter en gendarme du monde puisque nous connaissons les conséquences et c'est en ça que je dénonce l'occidentalisme, c'est que le fait de ne pas vouloir faire partie du monde et travailler avec le monde, mais de continuer à vouloir dicter au monde ce qu'il doit faire nous place en position d'accuser. Donc mon souci tout simplement de prendre en compte le monde qui vient, de prendre en compte les changements de la mondialisation, de prendre en compte les changements d'un ordre mondial, voire même d'anticiper sur la création d'un ordre mondial qui doit être plus juste et plus pacifique. Donc le militarisme, le militarisme c'est évidemment la conséquence de cette domination.

Deux une phrase, c'est que quand on finit votre livre, on a vraiment l'impression, moi j'ai eu le sentiment d'un livre un peu complotiste où vous donnez un état des lieux mais vous ne nommez pas spécifiquement entre guillemets ce mal. Il y a un espèce de qui en fait moi à la fin je me dis qui qui crée le mal qui est puissant, quel est cet ordre mondial. Vous êtes dans l'autoflagélation aujourd'hui ?

Non, je ne crois pas du tout. Je crois je suis dans le dans le principe de responsabilité qui qui m'anime et ce que je constate c'est que ce que nous croyons est la solution pour répondre au mot du monde et en particulier l'outil militaire a montré qu'il n'était pas la réponse. Je tire les leçons du passé et les leçons du passé, c'est qu'il nous faut prendre un autre chemin.

Et c'est ce que j'essaie d'expliquer, c'est qu'il y a un autre chemin qui nous permet de refuser l'essentialisation, la fabrique de l'ennemi, de sortir de cette opposition, de ce clivage entre l'Ouest et le reste du monde. Donc si vous si vous n'êtes un président, vous pourrez toujours devenir couturier. Et ça implique de travailler sur la base du multilléatéralisme.

Al un mot simplement sur la couture puisque vous avez été interpellé sur cette réponse qui qui a plus loin plus en plus loin puisque ce que j'ai voulu à travers ce terme c'est montrer le caractère absurde du débat tel qu'il est posé de la même façon qu'on va pas s'amuser à tailler les barbes ou mesurer les barbes pour savoir ce qui est permis et ce qui n'y est pas. Nous sommes dans un monde, on peut s'inquiéter quand même de voir de plus en plus de barbus par exemple, mais nous sommes dans un monde où nous devons avancer avec les principes qui sont les nôtres. Et le principe de laïcité, il nous donne la réponse, il nous donne les outils puisque le principe de laïcité, quand il y a contrainte dans ce domaine, et bien il permet d'agir.

Nous n'allons pas engager, comme le font d'autres pays, une police du vêtement. Nous sommes sou Mais l'interdiction de la ba, vous êtes pour à l'école. Oui.

Mais oui. Pourquoi ? Pourquoi ?

Parce que ce qui est posé à l'école c'est un principe mais le voilement d'une petite fille c'est pas on ce que je veux dire on peut s'inquiéter de signes de radicalisation quand on va dans certains dans certains coins de France et qu'il y a de plus en plus de jeunes hommes en barbe de de de 5 jours et j'ai gé là-bas et de plus en plus de jeunes filles voilées, on peut se dire que quand même on va sur une pente qui est pas forcément idéale au pays des lumières ça qu'on peut se dire mais il faut savoir distinguer ce qui ressort du cadre de l'intime et ce qui ressort du cadre de la famille. Le voilement d'une petite fille de 8 ans et la République des Lumières, ça me fait bizarre quand même. Oui, mais vous allez donc établir une police ?

Bah non, il faut que j'applique les lumières. Et comment vous faites ? Et ben il faut éduquer, il faut renoncer pour refuser, il faut refuser contrainte législé mais parce que ce n'est pas possible et nous partageons exactement il faut le même nous partageons le même constat.

Nous partageons le même constat simplement une mesure législative dans ce domaine 1 ne serait pas praticable de ne serait pas efficace. Nous le savons tous, la mesure d'interdiction dans ces cas-là ne fait que nourrir la tentation de réagir par rapport à cette monsieur Dominique de Ville le pouvoir de dire non le liv mais je suis totalement d'accord avec vous. Je crois que l'école est justement là pour constituer le lieu d'apprentissage de ces principes communs.