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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 13 décembre 2018 13 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsJustice

GILETS JAUNES : «NOTRE BOUSSOLE, C'EST LE PEUPLE» - Motion de censure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Locuteur 1Chiffre
    « 865 blessés parmi les manifestants, 6 morts causés par des contre manifestants, une personne dans le coma. »
  • 3:00Locuteur 1Chiffre
    « Trois personnes dont la main a été arrachée par une grenade, quatre autres ont perdu un œil à la suite d'un tir de flashball. »
  • 4:30Locuteur 1Chiffre
    « Les salariés à temps partiel dont 80 % sont des femmes. »
  • 5:00Locuteur 1Fait
    « Les retraités dont les pensions restent gelées et se misent à la CSG. »
  • 6:00Locuteur 1Chiffre
    « La fraude fiscale représente déjà 100 milliards par an. »
  • 8:00Locuteur 1Chiffre
    « Pour tenir ces engagements, il faut trouver 70 milliards d'investissements par an. »
  • 8:30Locuteur 1Chiffre
    « Le retard accumulé depuis 2016 est de 90 milliards. »
  • 10:30Locuteur 1Promesse
    « Nous avons besoin d'une révolution fiscale, un bon coup de balai sur 80 % des niches fiscales qui ne profite que 10 % les plus riches de ce pays. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Président, monsieur le Premier ministre, collègues, hier euh l'Assemblée nationale a marqué son unanime communion avec les Alsiens, les meurtrises, les morts et cette unanimité a fait penser à Docan qu'il fallait à partir de là que tout cesse, notamment qu'il n'y ait pas de débat aujourd'hui. Ils ont tort, et je vous ségré de l'avoir dit hier, monsieur le Premier ministre. D'autres ont dit qu'il faudrait qu'il n'y ait plus de manifestation.

Ils ont tort. La démocratie de la France n'est pas à la disposition d'un assassin. Après 6 semaines d'insurrection citoyenne, les gilets jaunes persistent dans l'action.

Nous savons que leur décision est réfléchie. Ils ne sont pas si différents de nous tous ici. N'ont-ils pas assez souffert pour être respectés ?

Car on évoque à juste titre pour le déplorer à juste titre les 187 blessés parmi les policiers et les gendarmes qui ont émaillé ces semaines de mobilisation. Mais que cela ne nous fasse surtout pas oublier un autre décomte terrible. 865 blessés parmi les manifestants, 6 morts causés par des contre manifestants, une personne dans le coma.

Trois personnes dont la main a été arrachée par une grenade, quatre autres ont perdu un œil à la suite d'un tir de flashball. C'est pourquoi, avec la permission du président sur le temps de parole dont je dispose, je décide de consacrer une minute de silence en hommage aux personnes mortes dans leur engagement citoyen de gilets jaunes et je vous invite à vous joindre à moi. Ah.

Merci collègue. La patrie est témoin de son unité. La France connaît sa plus grande insurrection populaire depuis 50 ans.

Qui est cette société mobiliser sur les ronds-points et dans les lycées ? Ici, les jeunes de l'enseignement professionnel et de l'enseignement technologique marchent les premiers. Ce sont les plus responsabilités les plus responsabilisés par leur avenir professionnel immédiat.

Là sur les rond-points, ce sont les petits revenus, ceux dont la vie se résume attaché de survivre. Ce peuple pour nous est notre boussole. C'est lui qui nous montre le chemin.

C'est lui qui nous dit ce qui doit changer radicalement. Car survivre ce n'est pas un projet de vie suffisant pour ces femmes en pleine précarité. Cet enfant sur 5 qui vit dans une famille pauvre, ces 4 millions de personnes qui sont en attente de logement digne, c'est retraité au-dessous du seuil de pauvreté.

Non, non, ce n'est pas un projet de vie de survivre. Ceux qui s'étonnent de la poursuite du mouvement, de son enracinement, ne comprennent pas une donnée essentielle. Ils disent "Il faut revenir à l'ordinaire, il faut revenir à l'anormal." Mais c'est la normale et l'ordinaire qui est l'insupportable de ces vieslà.

Dans ce contexte, le président a parlé. Je vais d'abord dire que sa parole est veine pour une part considérable de notre peuple qu'il a totalement oublié dans son propos. Les chômeur dont 50 % ne touchent d'ailleurs aucune indemnité.

Les salariés à temps partiel dont 80 % sont des femmes. Les fonctionnaires de l'État et de la territoriale qui font notre vie quotidienne, les retraités dont les pensions restent gelées et se misent à la CSG. Sa parole à nos oreilles aussi sonne faux.

Pourquoi faint-il de dire qu'il augmente le SMIC alors qu'il n'en est pas question ? Pourquoi dit-il je veux que le travail pai quand vous répétez partout que les augmentations de salaires détruisent de l'emploi ? Ce n'est pas vrai.

Les bonnes payes permettent l'augmentation des dépenses indispensables aux familles et donc elles remplissent les carnets de commande des entreprises. C'est en le comprenant que le Portugal a redressé sa situation et c'est dans ce but que l'Espagne se propose d'augmenter le salaire minimum de 20 %. En France, comme dans le monde, jamais l'écart n'a été aussi violent entre la progression des revenus du capital, la progression de la richesse des très riches d'un côté et de l'autre les revenus populaires.

Pourquoi ne faites-vous rien pour obliger les riches, les immensements riches, à payer leur part de l'effort commun ? Quel est le sens de ces invitations que le président adresse aux riches pour solliciter leur bon cœur ? Nous revoici revenus à l'ancien régime quand le roi réunissait les privilégiés pour solliciter un beau geste de leur part.

La loi de l'égalité doit s'imposer à eux comme aux autres. La patrie est un bien commun. Tous doivent y pourvoir à concurrence de leurs moyens.

Pourquoi refusez-vous de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune l'ISF ? Pourquoi alors que le pays en a tant besoin ? Pourquoi avoir demandé à ceux qui avaient le moins d'en acquitter la contrepartie provoquant une insurrection qui aura duré 5 semaines ?

Pourquoi refuser la création de l'impôt universel qui neutraliserait l'immigration fiscale ? les voyou qui se soustraient à l'effort commun. Pourquoi détruire encore tant de postes de contrôle au fisque et à la douane quand la fraude fiscale représente déjà 100 milliards par an ?

Et si nous les avions, le budget de l'État ne serait pas en déficit et personne n'aurait besoin d'inventer des solutions aussi recamboles que celles que l'on a vu imaginer pour couper dans les dépenses publiques. Et maintenant, comment comptez-vous payer les manques à gagner de ce que vous venez de décider ? par de nouvelles coupes budgétaires, moins de services publics, moins d'argent pour la transition écologique.

Ah, on en parle plus de celle-là. Elle est même pas dans la liste des cinq débats qui sont proposés. Oui, la transition et bien lisez lisez vous verrez.

La transition est monsieur, je ne mens pas si je me trompe, je l'admets volontiers mais je viens de le lire. Je l'admet volontiers si je me trompe et je vous dis tant mieux parce que peut-être qu'on entendra dire continuez monsieur vous comptez trouver les milliards dont on a besoin car la transition écologique de notre mode de production et d'échange reste un impératif absolu. La France a pris des engagements à la COP 21.

Pensez-vous que le budget actuel suiv la ligne prévue de dépenses motivé par ces engagements ? Pour tenir ces engagements, il faut trouver 70 milliards d'investissements par an. Il n'y en a que 40 de réalisés aujourd'hui dont 20 par l'État.

Le retard accumulé depuis 2016 est de 90 milliards. Ces milliards, ce sont des dizaines de milliers de postes de travail, de salaire, d'intelligence mise en œuvre de mieux vivre. Où trouver cet argent si les fortunes sont encouragées à placer dans la bulle financière plutôt que dans l'investissement ?

Et si en même temps l'impôt ne les met jamais à contribution ? Où les trouver si l'État s'appauvrit volontairement sans cesse ? La maladie qui accable notre pays, c'est l'inégalité. le deux poids de mesure permanent sur tous les sujets.

La classe moyenne qui porte sur son dos tout le fardeau. La pauvreté qui s'étend sur doréen avant 9 millions de personnes. Nous avons besoin d'urgence, d'abolir les privilèges fiscaux.

Tous les privilèges fiscaux. Nous avons besoin d'une révolution fiscale, un bon coup de balai sur 80 % des niches fiscales qui ne profite que 10 % les plus riches de ce pays. Nous avons besoin d'un autre partage de la richesse qui ne soit plus la confiscation actuelle au profit de quelques-uns.

Nous avons besoin d'en finir avec le dumping fiscal qu'organise la Commission européenne. Oui, monsieur le premier ministre, si les taxes augmentent partout en Europe, c'est parce que l'impôt sur les société et l'impôt sur le revenu est soumis à dumping social. C'est-à-dire qu'il y a une course permanente universelle dans toute l'Europe à la baisse.

Elle est voulue et organisée et elle ne laisse comme déboucher que la taxation qui elle est nécessairement injuste. Ici encore, la Commission européenne est coupable. L'Europe actuelle est coupable.

Le moment que nous vivons est éminemment politique. Il pose mais il faut de l'idéologie. Un ensemble d'idées constitue une idéologie.

Vous n'oserez pas dire que vous en êtes exent quand même. Ben si, au moins la religion qui vous habite. Le moment actuel est éminemment politique.

Il pose une fois de plus dans le pays les la question des conditions de la prise de décision dans la République et dans le cadre de la 5e République. Et d'ailleurs, nos concitoyens qui d'abord s'étaient réunis sur les ronds-points pour parler de surtaxe ont fini par se retrouver à parler de tout le reste, comme c'est bien normal et en particulier de la question démocratique. La monarchie présidentielle a fait son temps.

L'âge moderne nous demande de concilier la stabilité institutionnelle qui est absolument indispensable et sans laquelle aucune nation ne saurait vivre, mais avec la capacité permanente d'intervention populaire. C'est pourquoi monte, cela paraît apparemment contradictoire mais cela se règle. C'est pourquoi montre des gilets jaunes la revendication d'un droit, un référendum d'initiative populaire.

Nous croyons que ce droit doit inclure le référendum permettant d'abroger une loi, d'en proposer une et le droit de révoquer un élu quel qu'il soit, du président de la République au conseiller municipal. Je n'achèverai pas sans dire quelle fierté nous ressentons devant ce que le peuple de notre pays dit au monde. Voici de nouveau la France des rébellions qui parle à chacun.

Son message est entendu sous toutes les latitudes en Pologne, en Bulgarie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Israël, en Égypte, en Irak. Et dans combien d'autres endroits encore on voit des gilets jaunes être aborés dans les luttes populaires ? La jeunesse et les gilets jaunes de France continuent leurs actions.

Ce sont des actions, j'en conviens, destituante. Elles mettent en cause la hiérarchie des normes, la hiérarchie des pouvoirs et les autorités en place proposant en contenu une alternative. Nous prenons notre part de cette action là où nous sommes, là où nous croyons que se situe l'essentiel, c'est-à-dire dans la démarche parlementaire.

C'est pourquoi nous vous censurons, parce que c'est le plus court chemin vers le retour aux urnes que la démocratie exigerait dans n'importe quel autre pays, vers la dissolution, car elle rendrait au peuple son droit de choisir. Et le peuple en toute situation est à nos yeux la solution à tous les problèmes et le peuple en toute circonstan est le seul souverain dont nous reconnaissons l'autorité.

GILETS JAUNES : «NOTRE BOUSSOLE, C'EST LE PEUPLE» - Motion de censure — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote