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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 20 décembre 2018 29 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsRetraites

GILETS JAUNES : LE PEUPLE DEMANDE L'ÉGALITÉ

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 2Fait
    « il y a plusieurs dizaines de milliers de personnes qui bloquent des ronds-points partout dans le pays et ceci depuis 5 semaines »
  • 1:00Locuteur 2Fait
    « Ce pays n'est pas une start-up et il est en proie à intervalle fréquent à des grandes commotions »
  • 2:00Locuteur 2Fait
    « la réponse sur le terrain est non »
  • 3:00Locuteur 2Chiffre
    « Vous avez payé hier soir le salaire de la peur, 150 € pour être certain, plus de 300 € de prime en plus d'annonce »
  • 4:00Locuteur 2Chiffre
    « Depuis 10 ans, chaque français a perdu 440 € de pouvoir d'achat »
  • 5:00Locuteur 2Chiffre
    « La part des salaires dans les valeurs ajoutées a baissé de 10 points »
  • 7:00Locuteur 2Fait
    « Pour 1 million de véhicules à l'électricité, il faut un réacteur nucléaire »
  • 8:00Locuteur 2Chiffre
    « la durée moyenne d'un titre de dette en France, c'est 7 ans »
  • 9:00Locuteur 2Chiffre
    « 2600 milliards d'euros ont été injectés dans l'économie européenne et ça n'a même pas produit 2 % d'inflation »
  • 10:00Locuteur 2Chiffre
    « la dette publique en France, c'est aux alentours de 2000 milliards »
  • 11:00Locuteur 2Chiffre
    « la dette privée en France, c'est 3000 milliards »
  • 12:00Locuteur 2Chiffre
    « Il y avait 45 millions de Français en 1958, nous sommes 65 millions »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je justifie mon renvoi en commission par les arguments déjà présentés il y a un instant que je nourrirai car nous savons que nous avons un projet de loi, je me permets juste de vous le rappeler, qui est censé répondre à une situation globale que quelques-uns d'entre nous ont qualifié d'insurrection citoyenne. Sans doute que beaucoup d'entre vous sont au courant du fait qu'il y a plusieurs dizaines de milliers de personnes qui bloquent des ronds-points partout dans le pays et ceci depuis 5 semaines. Et pour répondre à cette situation, le président de la République a voulu créer un effet, si j'en crois ce qu'en dit son conseiller, de sidération par une allocution qui devait étendre le feu comme on le fait pour un incendie de puit de pétrole.

Oui, je l'ai lu. Et on peut dire que après cette allocution, je ne sais pas où est passé le souffle, mais ce dont je suis certain, c'est que ça n'a strictement rien changé. Vous devriez y réfléchir parce que c'est le point de départ de cette affaire.

Il y a ce texte parce qu'il y a cette situation et ce texte est censé répondre à cette situation pour l'interrompre. Voilà maintenant plus de 10 jours que la réponse vous est venue du terrain qui est on l'apprécie comme on veut. Ce qui est proposé là ne correspond pas à ce que nous demandons.

Main parmi vous s'interrogent et ils ont raison. Comment se fait-il qu'après qu'on est déjà cédé sur la surtaxe et qu'on ait fait d'autres propositions, le mouvement continue et voilà tout le mystère. Ce pays n'est pas une start-up et il est en proie à intervalle fréquent à des grandes commotions, des grandes émotions que d'autres appellent des révolutions.

Et notre pays est dans un processus de révolution citoyenne où les revendications sociales transcroissent en revendication politique ce qui est le propre de l'histoire de France dans chacune des situations comparables à celle-ci. et où donc tout l'art de gouverner consiste à savoir de quelle façon s'emparer d'une telle situation pour la faire aller vers le point que l'on croit bon pour tous car on peut penser en effet que c'est notre préoccupation à chacun d'entre nous, au président de la République mais aussi aux parlementaires qui sont ici. Et donc, nous n'avons pas compris que puisqu'il fallait répondre à un problème global et que nous y répondions par des réponses aussi globales que possible, vous nous retoquiez la moitié de nos amendements sur la base du fait que vous avez considéré, sans qu'on le vérifie par un vote, entre nous parlementaires qui sommes seuls à mon avis habilités à pouvoir en apprécier la validité sans qu'on puisse par en vote considérer qu'en effet, il y avait une censure préalable constitutionnelle sur de tels sujets.

Maintenant, voyez les faits. Quoi que cela vous fasse, de toute façon, la réponse est déjà non. La réponse sur le terrain est non.

Et pourtant, vous pensez qu'avec quatre mesures et un grand débat, vous allez régler un problème de cette dimension, de cette importance sur lequel c'est déjà brisé l'autorité la plus importante, la parole la plus conséquente dans le système de la 5e République qui est la parole du président de la République. Vous ferez bien comme vous voulez et à la fin sans doute finirez-vous par adopter ces mesures après qu'on vous ait entendu faire comme si vous vous étiez réveillé ce matin en se disant que peut-on faire pour la situation sociale des gens de ce pays et nous avons trouvé quatre idées géniales. Non, elles vous ont été arrachées de vives forces par la lutte et la suite, vous devriez y réfléchir, posséder du même état d'esprit.

Pourquoi ? Parce que le débat lui-même avec lequel dans une vue du monde certainement très sympathique mais extrêmement éloigné de la réalité du peuple français, peuple tétu, opiniâre, combatif, discutant, vous avez pensé qu'un débat et puis c'est pas tout le débat vous avez décidé de le cadrer et monsieur Griveau nous a déjà dit que ce de quoi on aurait pas le droit de parler du bilan des 18 mois puis quand on conduit directement à cette explosion, ni la l'élection présidentielle comme si celle-ci avait été une obsénité dont il fallait immédiatement perdre le souvenir. Non, cette élection a été le moment d'une confrontation de plan, de programme et il est bon que le moment venu régulièrement les Français en parlent parce que c'est faire de la politique et faire de la politique ce n'est pas indigne.

C'est s'intéresser à la cité et évaluer la valeur des idées. Ventez si bien qu'à cette heure. Une fois que ce débat sera terminé, il vous restera à croiser les doigts pour espérer que les gens sont contente.

Je parle de celui-ci de débat, je ne parle pas de celui que vous allez organiser parce qu'il ne donnera strictement rien. Il paraît que nous sommes Mais tout à fait, monsieur. Il est écrit dedans qu'il ne faut pas que ça tourne au meeting politique.

Et bien si ça tournera au meeting politique chaque fois que nous y serons parce que nous ferons de la politique dedans. Contrairement à ce que la présidente a déjà dit qui voudrait qu'on débatte à condition qu'on ne fasse pas de politique. Et bien débattre de politique à condition de pas faire de politique, voilà ce que personne d'entre nous ne sait faire et aucun français et personne de raisonnable.

Quant à ce débat ici, à la fin, il vous restera à voir une chose. Vous avez payé hier soir le salaire de la peur, 150 € pour être certain, plus de 300 € de prime en plus d'annonce jusqu'à 150 €. Vous avez bousculé la grille des salaires dans la fonction publique policière.

Parce que pourquoi ? parce que l'ordre en République repose sur le consentement et le consentement à l'ordre repose sur la légitimité que l'on évalue du pouvoir. Or, celle-ci, c'est le résultat de la crise politique que nous vouvons, est tombé plus bas que terre, tant et si bien que le consentement à l'ordre ne repose plus que sur les forces matérielles qui permettent de le maintenir.

Et voilà pourquoi ceux qui en étaient chargés vous ont dit leur lassitude et tout ce qui leur été dû tent et si bien qu'il a fallu mettre de l'argent sur la table pour que les forces matérielles du maintien de l'ordre maintiennent l'ordre qui ne peut pas se maintenir par le consentement comme c'est le cas dans une démocratie. Alors oui mais ça ce sont des réalités. Vous pouvez toujours on peut me on peut essayer de m'interrompre.

Je vous demande de bien réfléchir, si vous le voulez bien mes chers collègues, avec l'humilité de quelqu'un qui réfléchit sur notre histoire nationale. Si vous croyez que l'ordre peut-être maintenu autrement que par le consentement, c'est que vous vous trompez de régime ou que vous ne savez pas qu'ici c'est une République et pas une entreprise. Alors mais si je sais de quoi je parle, ne vous inquiétez pas. s'il vous plaît.

Temps magnifique. Vous êtes tous très contents. Tout va bien.

Que les gens qui vous voient entendent la leçon que vous leur suggérez. Puisque les policiers ont obtenu 150 € et 300 € de prime parce que leur travail est dur, alors il est temps de donner une prime de 300 € aux enseignants parce que leur travail est dur, aux gens qui travaillent à l'hôpital parce que leur travail est dur. Salarié de tout le pays, ce gouvernement entend votre souffrance. il est prêt à vous donner 300 € et 150 € dans le bas de la grille indicière.

Ah, tout d'un coup, je ne vois plus le même enthousiasme ni les même cris. C'est parce que vous savez que vous ne le ferez pas. Donc, vous ne l'avez fait que parce que vous aviez peur.

Et c'est l'unique raison pour laquelle vous avez décidé de procéder à ces augmentations. Vous avez tout essayé. D'abord, ça a été de dire que les gens qui refusaient de rouler moi alors qu'il n'avaient pas le choix étaient des ennemis de l'écologie.

Après quoi ? changeant de registre. Vous avez voulu qu'ils soient tous des violents, passionnés d'aller tout détruire autour d'eux.

Et puis ensuite, vous avez imaginé que c'était juste des beaufes qui ne méprisent qui ne méritait que le mépris. On a entendu qu'est-ce qu'on a pas entendu sur ces gens qui roulaient dans leur véhicules diesel avec un gros clop à la main et cetera. Et à la fin, on a même été jusqu'à entendre dire que oui, bon, ils étaient là mais ils exagéent parce qu'il bloquaient les forces de l'ordre qui sans cela seraiit allé courir après les terroristes.

On a tout entendu. Rien n'a servi de rien. Le peuple est toujours là, il est toujours mobilisé et vous allez voir la suite des événements car vous allez avoir aussi Noël au rond-point.

Et oui. Et oui, parce qu'il y a déjà des gens qui ont pris leur disposition. Ils n'ont pas l'intention d'arrêter la lutte et les augmentations de salaires.

Laissez s'exprimer monsieur Mélange. Ça ne sert à rien sinon qu'à vous détendre car moi je n'entends pas ce que vous dites. Et ben oui, ça arrive.

Qu'est-ce que vous voulez ? Je dois dire moi non plus mais je perçois le brouis continuer. Et ben oui, merci président quand même.

Respectez le président. Alors donc puisque les salaires ont été augmentés dans la fonction publique policière, je viens de vous dire les autres fonctionnaires ou agents du service public que vous pourriez régaler des mêmes largesses et qui de toute façon vont venir vous les demander assez logiquement ne comprenant pas que vous donniez aux uns et pas aux autres. Ce qui pourrait sous-entendre que leur métier n'a pas autant d'importance à vos yeux que celui des policiers, ce qui je l'espère n'est pas le cas.

En attendant les autres dans les entreprises qui vous entendent chanter à longueur de débat, il faut que le travail pai exactement au moment où on n'augmente pas les salaires parce que on augmente aucun salaire. Le président de la République a utilisé des termes qu'a rappelé tout à l'heure notre collègue B 10 parlant d'augmentation du SMIC. Or 10 jours après, il n'y a pas d'augmentation du SMIC.

Les salaires n'augmentent pas. Et bien c'est une erreur. Salarié du secteur privé, regardez comment les salariés du secteur public de la fonction policière ont obtenu une prime de 300 € et 150 € aux premiers indices.

Car cela pourrait vous faire réfléchir sur le fait que depuis 10 ans, depuis 10 ans, chaque français Mais enfin, je suis d'accord pour que vous m'interrompiez. Prenez la parole. Mais cess de hurler en même temps.

Président, vous pouvez pas donner la parole à ce collègue ? Allez-y, pourquoi pas ? Je suis prêt à entendre la contradiction.

Chacun a la parole. Vous avez la parole. Vous m'obligez à forcer la voix inutilement.

Depuis 10 ans. Merci. Depuis 10 ans.

Depuis 10 ans, chaque français a perdu 440 € de pouvoir d'achat. Depuis la même période et notamment 2017. L'évolution des salaires a été la plus faible depuis 2008.

Il n'y a pas de coup de pouce sur le SMIC depuis 2012 et depuis 1981. La part des salaires dans les valeurs ajoutées a baissé de 10 points. La baisse de 10 points correspond au partage qui se fait dans la production de la richesse entre la petite part de la population qui accumule et la très grande part qui ne vit que de son travail et ne reçoit que son salaire.

Vous ne pouvez passer à côté d'une aussi inégale répartition en pensant qu'elle ne considère elle ne touche que ceux qui sont impliqués. Il faut voir ce que cela signifie pour la société elle-même. Et c'est tout cela qui vous surgit à la figure aujourd'hui et qui est en même temps le moyen de constater pour vous à quel point il est absurde de continuer à croire à la politique de l'offre qui consiste à faire baisser ce que vous appelez les coûts de production qui intègre le prix du travail mais qui intègre toutes les externalisations de coûts sur la nature et sur la société.

Chaque fois qu'on met quelqu'un au chômage, chaque fois qu'on abuse de telle ou telle ressource naturelle sans la compenser, la politique de l'offre, c'est la ruine garantie pour la société toute entière. Et comme elle vise à faire baisser pour finir les salaires, elle éteint la consommation et elle suppose et elle espère que chez le voisin ne s'étendra pas. C'est ça le modèle allemand, de sorte qu'on puisse lui vendre ce qu'on produit chez soi.

Tout cela est absurde. De la même manière que l'effet de ruissellement sur lequel repose toute la logique de votre politique économique ne s'est produit nulle part à aucun moment dans aucun pays et notamment pas dans celui-ci où des milliards ont été donnés aux uns pris aux autres avec l'espoir que ça finisse par revenir dans la production. ce n'est jamais revenu.

On ne trouve pas trace de l'impôt que vous avez dispensé de payer dans les grandes fortunes dans l'investissement dans ce pays. Et le retard s'accroit d'année en année et notamment sur le plan dont je voudrais rappeler qu'il était le prétexte de départ de toute cette histoire qui est les investissements écologiques. car si l'on fait la mesure de ce qui manque, il manque 70 milliards depuis 90 milliards depuis 2 ans et le trou se cre d'investissement.

Et c'est pourquoi le moment venu, il faudra un marche forcé qu'on penser toutes ces années où l'on a rien investi en investissant massivement. Et qui voulez-vous qu'il le fasse ? Sinon, les grands acteurs publics qui se donneraient les moyens de faire ces investissements, de les encourager de telle sorte que l'on puisse faire la transition écologique.

Car on a entendu pendant des jours et des jours qu'on allait faire tout ça pour que les gens roulent moins, voire pour qu'ils achètent des voitures électriques. Mais enfin, une transition écologique, c'est en tout. Vous voulez des voitures électriques, fort bien.

Il faudra produire de l'électricité. Il y a 40 millions de véhicules dans ce pays. Pour 1 million de véhicules à l'électricité, il faut un réacteur nucléaire.

Avez-vous l'intention d'ouvrir 40 réacteurs nucléaires ? Certes non. Par conséquent, vous ne pourrez pas faire autrement que d'installer là où il le faut en mer, dans les fleuves, les machines éoliennes flottantes à terre hydraulienne qui permettront de produire ces quantités d'énergie dont nous avons besoin pour sortir de l'énergie carbonée.

Toutes ces réalités n'ont aucune trace. dans le plan de mesure qui nous qui nous était qui nous est proposé aujourd'hui. Alors, ce n'est pas une augmentation du SMIC.

Ce n'est même pas la même prime d'activité pour tout le monde. La prime exceptionnelle, c'est un effet d'OBen parce qu'elle existe déjà et qu'elle va être payée très tranquillement par cela même qui le faisait déjà l'année dernière, mais qui cette fois-ci n'auront pas de cotisation à payer et cetera et cetera et cetera. Je pourrais les prendre une par une.

Si vous croyez que les gens ne vont pas s'en rendre compte, si vous croyez qu'ils ne vont pas comprendre de quoi il est question, vous vous trompez. La France est instruite, la France est alphabétisée, la France discute. La France polémique, la France est à la recherche chance de la vérité et les Français vont savoir que tout ceci est en trompleœuil.

Alors, que faudrait-il, comme je l'ai dit, faire ? Et bien bien sûr la politique du carnet de commande. Il est évident que nous avons besoin de ces milliards d'investissements publics qui permettent la transition écologique.

Pensez-y. C'est ça qui remplit les carnets de commande. C'est de l'acier, c'est des machines, ce sont des ingénieurs, des ouvriers hautement qualifiés qui se mettent au travail et alors vivent dignement de leur travail parce que la paye correspond à la dépense qu'ils font d'énergie.

Comment osez-vous dire que vous proposez que le travail paye au moment où tous les salaires reculent aucun avance et où vous compensez par de l'argent publicque la paye des gens ? Mais où allez-vous comme ça ? Est-ce que quelqu'un s'est interrogé sur la signification de ce que ça signifie que de mettre le CICE à 40 milliards ?

Qu'est-ce que le CICE ? J'oublie l'instant de l'année. On pourrait dire vous pourriez récupérer 20 milliards et rester sous les 3 % du déficit en ne le transposant pas comme vous êtes en train de le faire.

Vous perriez encore 20 milliards. Mais quels sont ces 20 milliards ? Je vous prie ?

Cela correspond à 6 ou 7 % des salaires des entreprises concernées. Autrement dit, petit à petit, vous êtes en train de nationaliser la chose la plus incroyable, la main d'œuvre qui est payée par l'État et par l'impôt et par tous les autres. Montrez-moi que ce raisonnement est erroné.

C'est ce que vous êtes en train de faire. C'est une folie. Alors, on pourrait s'y prendre autrement si on veut vraiment aller dans cette direction.

Mais pour l'instant, il me paraît plus sage de renoncer à ces 40 milliards de CICE. Tenez-vous en même si vous voulez à 20 milliards, mais du moins resterez-vous dans les clous que vous aviez décidé jusque-là de respecter. Qui disait que les 3 % c'était plus important que tout ?

Qu'on pouvait s'y laisser son sang, son énergie, son honneur du moment qu'on arrive à être 3 en dessous de 3 % de déficit. C'est vous et c'est vous-même en ce moment qui êtes en train de faire le contraire sans que ça vous gêne en seul instant. Et bien ne vous étonnez pas après que la leçon soit entendue et qu'on veuille en faire autant dans tous les autres domaines et qu'on vous fasse valoir que les services publics dont on veut, les services de soins, les services d'éducation dont on a besoin dans ce pays se moque des 3 % et de cette règle absolument absurde.

Donc je vous entends dire que si la dette va gonflant, la catastrophe est garantie quand on dépasse le 100 % du PIB d'une année. et chacun de répéter comme un refrain cette absurdité que les générations futures vont payer la dette. La durée moyenne d'un titre de dette en France, c'est 7 ans.

Dans 7 ans, il y aura pas de génération future. C'est la même. Quelqu'un finira par payer.

Entendez-moi. Entendez-moi. Personne du calme.

Croyez-moi, ce sont des chiffres que je maîtrise. Ce n'est pas 20 ans, c'est 7 ans. Oui, oui, oui.

Criez, criez. Allez-y, criez. Continuez chers collègue.

Ça va on ne crie pas. Et bien si vous croyez qu'en Europe la dette publique financée dans les conditions qui sont de renavance celle de tous les États à savoir sur le marché qui permet à quelques personnes de décider de d'infliger à des des peuples entiers des primes de risque dont tout le monde sait qu'elles ne correspondent à aucun risque car il ne s'est jamais vu qu'un état comme le nôtre ne paye pas ses dettes sauf s'il venait un jour le jour où l'on ne puisse plus le faire et ma thèse est que mieux vaudrait avoir mis directement pour acheter directement aux États les 2600 milliards de titres de dettes que la Banque européenne a racheté aux banques privées. Il aurait mieux fait de les mettre directement au service des États en leur achetant directement leur dettes plutôt que d'avoir procédé avec la commission des banques au point que cet argent personne n'en a vu la couleur. 2600 milliards d'euros ont été injectés dans l'économie européenne et ça n'a même pas produit 2 % d'inflation, ce qui était le but du banquier central, à peine plus de 1 % ce qui signifie que tout cet argent est parti dans la sphère financière et n'est jamais venu dans l'échange réel.

Ça, ce sont des démonstrations chiffrées auxquelles il est impossible de répondre exclusivement par des bossiférations. Il est temps de comprendre que si nous n'avons pas en Europe une conférence sur la dette publique, vous serez bientôt très mal parce que la dette publique, ce n'est rien à côté de la dette privée. Aujourd'hui, la dette publique en France, c'est aux alentours de 2000 milliards, n'est-ce pas ?

Mais la dette privée en France, c'est 3000 milliards. Alors, vous avez plus de chance de défaut dans une économie qui s'essouffle, qui n'arrive pas à suivre parce que les investissements ne sont pas faits, parce que les consommateurs ne sont pas là. La dette privée est beaucoup plus fragile que la dette publique parce que la dette publique, c'est celle de l'État et qu'elle trouve toujours un répondant tandis que la dette privée, ça fait partie de nos lois et bien, il peut arriver qu'il n'y ait plus de répondant.

La crise des prime a écrasé de cette manière-là. Tout ça c'est politique de gribouille n'importe comment. N'importe quoi avec un pouvoir qui improvise des décisions au fur et à mesure.

Nous venons de voter un budget. Il n'était même pas encore fini de voter qu'on n rajoutait 10 milliards de charges dedans. Où est la sincérité d'un budget dont on découvre qu'il est tout d'un coup surchargé de 10 milliards de plus ?

Voilà collègues, ces choses-là, on ne peut pas les éviter et le peuple l'a compris. L'aspect fondamental de cette affaire, de ce qui se passe en ce moment, c'est que les gens sont partis sur des revendications de survie au point de départ. On atteste d'ailleurs la présence nombreuse des gens les plus démunis et notamment celles des femmes et des autres oubliés de votre plan d'urgence.

Parce que dans ce plan d'urgence, il y a pas de fonctionnaires, il y a pas les chômeurs, il y a pas la moitié des chômeurs qui ne touchent pas la moindre indemnité. Il n'y a pas les précaires, il n'y a pas les jeunes qui sont pourtant en mouvement et qui pour un sur c d'entre eux vivent dans une famille de pauvres. Voilà quelle est la réalité.

Et les gens ont fini par se dire "Mais puisqu'on est parti sur les carburants, maintenant nous réfléchissons à ceci, à cela. On parle sur un rond-point. en rond-point, c'est une assemblée générale, c'est une assemblée citoyenne et on pose des questions politiques et nous voici rendu à ce moment extraordinaire qui est toujours extraordinaire dans l'histoire des peuples.

C'est le moment où les gens s'interrogent sur la légitimité de l'autorité et de la décision qui est prise. Le débat sur la légitimité de l'autorité ne vise pas spécialement tel ou tel personnage. Il existe depuis le début de l'histoire des sociétés humaines.

Au nom de quoi celui-ci ou celle-là décide-t-il ? Au début, c'est au nom de la force. Ensuite, c'est au nom de Dieu.

Après, c'est au nom de la loi. Et maintenant, nous voici rendus à cette étape où tout le monde est d'accord pour dire que c'est au nom de la loi, mais qu'il y a un problème sur la façon avec laquelle cette loi est élaborée, au service de qui elle est élaborée, qui est là pour la vouloir, la décider, la guider, la tenir par la main. Et le peuple souverain s'avance comme le dit la chanson.

Le peuple souverain s'avance. Mais monsieur, vous pouvez me traiter de Robespierre ? C'est un très grand honneur pour moi.

Alors vraiment, allez-y, vous gênez pas. Le peuple souverain s'avance ? Oui oui bien sûr.

Le peuple souverain s'avance et il a investi des revendications qui paraittil font sourire certains comme le référendum d'initiative citoyenne. Et bien ici même dans le débat institutionnel qui a eu lieu et qui s'est interrompu pour cause de Benala au mois de juillet, nous vous avions proposé le référendum d'initiative citoyenne pour abroger une loi. le référendum d'initiative citoyenne pour proposer une loi et nous vous avons proposé le référendum révocatoire qui est celui qui permet de garantir la stabilité des institutions sans lesquelles on ne peut gérer une société avec la possibilité d'intervention permanente du peuple.

Je suis heureux que ça vous fasse rire à gorge déployée parce que bientôt vous aurez à rendre compte de vos rires. Il est clair que cette ce surgissement démocratique, cette passion pour vérifier la règle du jeu et bien c'est ce que nous avons de plus précieux nous autres Français parce que nous sommes une République qui a cette passion de l'égalité, de la liberté, de la fraternité. C'est une très bonne chose, une très grande leçon que le peuple donne à tous ses dirigeants lorsqu'ils se passionnent pour savoir comment la décision est prise et comment il peut poser dessus.

La constitution de 1958 répondait à des défis immenses de l'époque et elle a tellement changé plus de 22 fois dont 25 fois dont 22 sans qu'on vote qu'on est en droit de dire aujourd'hui sans porter atteinte au man de qui que ce soit que ça vaudrait peut-être la peine qu'on en parle non pour en reparler à partir d'un groupe d'experts comme ce fut le cas à l'époque tellement la situation était tendue et elle-même insurrectionnelle. nos collègues sur ces bancs s'en souviennent mieux que d'autres peut-être parce qu'ils ont le goût de cette histoire qui leur appartient pour une bonne part. Mais à présent, nous sommes dans une autre situation et ce serait le moment de faire en sorte que pour la première fois le peuple lui-même s'implique dans la définition de la règle du jeu.

Quand le peuple devient constituant, c'est déjà une première chose, c'est qu'il est sorti de la phase destituante dans laquelle nous sommes actuellement. Mais quand il devient constituant, le peuple s'autoéfinit en tant qu'acteur politique de l'histoire de sa patrie parce qu'il se reconnaît des droits, il organise l'organisation des pouvoirs, il dit ce à quoi on ne peut plus jamais toucher parce que c'est dans la déclaration des droits. J'ai vu des gens s'alarmer du fait qu'on pourrait voir revenir en référendum des questions auxquelles à bon droit et que je partage avec eux considère comme des points irréversibles du progrès de nos lois et de notre droit.

Mais il suffirait de les inscrire dans la Constitution ou parmi les sujets qui revellent qui relèveraient de dispositions tout à fait particulières pour être débattu et l'affaire serait réglée de cette façon. La règle d'un démocrate et d'un républicain, c'est nous n'avons jamais peur du peuple. Le peuple est la solution au problème et d'ailleurs nous-mêmes nous en venons.

Voilà pourquoi vous devez tenir compte de tout cela. Mes collègues, l'histoire c'est très aimable de votre part, monsieur. Vous verrez bientôt qui rame le plus et sur quelle galère.

Oui. Oui. Laissez monsieur Mélenchon continuer sans interrompre.

J'essaie de vous expliquer ce que je crois et peut-être au moins un instant que vous me prêtz l'attention qui vous permettrait d'y penser de mon point de vue qui est celui de l'histoire de France à cet instant. Comme je pense que d'autres comme moi savent que c'est une grande page de l'histoire de France qui est en train de s'écrire. Parce que quand le peuple sort dans ce pays, ce n'est jamais pour rien.

C'est toujours parce qu'il a une bonne raison de le faire et qu'il porte en lui des visées beaucoup plus hples que ceux qui prétendent parler en son nom. Bien souvent, voilà cette France, j'ai dit pourquoi politiquement elle n'était déjà plus celle qu'on avait connu en 1958. Je le dis pour des raisons politiques, mais je demande qu'on réfléchisse à cette nouvelle France que nous avons sous les yeux et qui est qui nous est confié en quelque sorte puisque nous sommes les législateurs.

Collègues, il y avait 45 millions de Français en 1958, nous sommes 65 millions. On vivait à l'époque jusqu'à 69 ans, on vit jusqu'à 82. On vit dans un pays qui autrefois avait 50 à 55 % de sa population en milieu urbain. 80 % vit en milieu urbain.

Il y avait 10 % de Bacheliers. 78 % de la population est bâchelière aujourd'hui a été instruite grâce aux efforts que la patrie a fait pour élever le niveau de connaissance de tous ces enfants. Et de la même manière, le travail des femmes, c'était moins de 40 % de la population.

C'est plus de 85 % aujourd'hui. Bref, la France que nous avons sous les yeux est une nouvelle France et il est normal qu'elle s'ébrouille. Et comme il est beau et grand de voir que quand elle s'ébroue, quand elle se cherche, elle se tourne vers les principes qui ont fondé la République et non pas vers d'autres.

Non obstant le le regret qu'en non certain. C'est vers l'égalité que se sont tournés les Français en présentant des revendications d'égalité que vous avez le droit de juger excessive mais qui sont là. C'est vers la liberté et d'abord celle de manifester et d'exprimer son point de vue et c'est vers la fraternité, celle des braves gens qui s'entraident entre eux.

Il est grand et beau ce moment de l'histoire de la patrie et la réponse qui consistera à croire que cinq mesures vont y mettre en terme est une erreur. Collègue, ça vaut la peine de rediscuter de tout ça pour prendre la mesure de l'ampleur du défi que ne règle pas vos cinq mesures. De toute façon, vous avez déjà la réponse populaire et c'est déjà non.

Donc vous serez obligé de répondre aux revendications politiques qui se présentent comme à toutes les autres étapes de l'histoire où tout d'un coup est apparu une contradiction majeure entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés, entre la masse de ceux qui ne croient plus rien ni en personne, mais parce qu'ils sont la masse, ils ont des droits qui sont préalables à ceux de tous les autres. Je n'espère pas vous avoir convaincu comme j'ai pu m'en rendre compte à vos réactions dont je veux saluer la courtoisie et ouais c'est normal vous le méritez voilà et il vous manque Venezuela et Cuba dans votre collègue laissez le président Mélenchon terminer son propos sans interruption merci monsieur le président je vous en prie ça vaut ce que ça vaut vous pensez en être débarrassé Vous pensez réellement qu'en votant ces cinq mesures, vous allez régler le problème ? Madame, je vous ai entendu, madame la rapporteur, dire sur Anton que moi je n'utilise pas à votre égard, nous faire la leçon tout à l'heure, nous faire la leçon tout à l'heure sur ceux qui sont des irresponsables parce qu'ils ne pensent pas comme vous.

Moi, je ne vous dis pas ça. Je dis il y a une situation politique et dans cette situation chacun choisit son camp. Vous avez choisi le vôtre, vous l'avez payé pour ça. [Applaudissements]

GILETS JAUNES : LE PEUPLE DEMANDE L'ÉGALITÉ — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote