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interviewLe Média (sur YouTube)· 6 mai 2025 35 min

DISSOLUTION D’URGENCE PALESTINE : AU CŒUR D’UNE CABALE POLITIQUE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247 et d'activer la cloche. De retour sur le plateau du média, merci d'être resté avec nous et bonsoir si vous nous rejoignez. Le gouvernement veut-il définitivement faire terre les voies proalestiniennes ?

Celles qui dénoncent la colonisation, l'apartaille de le génocide à Gaza ? C'est l'actu qui a enflammé la toile et les réseaux militants ces derniers jours. Bruno Rotaillot veut en plus de la jeune garde antifasciste dissoudre le collectif Urgence Palestine.

Bruno Rutaillot qui s'est exprimé mercredi dernier sur la dissolution de cette association en faisant un lien saugrenu avec l'islamisme. C'était sur le plateau de Sonia Mabrou. ne pas défigurer la cause des Palestiniens, la cause juste des Palestiniens.

Comment ne pas défigurer là encore la foi qui est une foi parfaitement compatible avec les principes de la République que professotes compatible avec la République. Je je dis que la foi d'un certain nombre bien entendu que euh nos compatriotes musulmans professent une foi, exercent une fois, qui sont parfaitement compatible avec euh les principes et les valeurs de la République, c'est justement en tapant les islamistes. L'islamisme c'est une idéologie qui qui essaie d'instrumentaliser une religion.

Donc il y a une défiguration de la foi. Alors Elsa, qu'est-ce que bah tu réponds à ces déclarations du ministre de l'intérieur ? Bah, peut-être la première chose à dire puisque mon confrère Vincent Brag, effectivement, on défend le collectif Urgence Palestine contre sa dissolution.

Euh deux choses déjà à inscrire cette dissolution dans la continuité d'une longue liste parce que il faut savoir que le gouvernement Macron depuis 2017, c'est celui qui a le plus dissous. Euh je pense qu'on a une bonne trentaine de dissolutions et qu'en fait c'est un outil liberticide euh extrêmement fort puisqu'il a commencé par attaquer le CCIF des organisations de défense en fait des droits des musulmans, des organisations juridiques hein qui pratiquaient l'action légale en fait. Euh donc il faut voir le niveau d'offensive que ça représente et puis ensuite ils ont tenté sur tout un tas de voies contestataires, les soulèvements de la terre euh d'autres et puis on a quand même eu il y a quelques semaines l'annonce de la validation par le Conseil d'État de la la dissolution du collectif Palestine Vincra de façon particulièrement brutale puisque en fait c'est vraiment fondé sur la logique de la loi séparatisme qui est un durcissement de la loi 36 en fait sur la dissolution des diqutes fascistes Et en fait, ils ont réussi à dissoudre le collectif Palestine Vincra en expliquant qu'ils avaient absolument aucun problème avec le contenu des statuts du collectif Palestine Vincra.

Je veux dire que c'est en réalité conforme à la liberté d'expression, qu'on a le droit d'être antisioniste radical, critiquer la politique de l'État d'Israël, défendre la solution à un seul état où vivrait voilà toutes les populations en harmonie dans un état laïque et cetera que ça il y avait pas de problème mais par contre les commentaires qui étaient sous leur publication ça c'était un problème et pour ce seul motif on pouvait dissoudre une organisation donc en fait ils ont peut avec ça on peut dissoudre absolument tout avec ça on peut dissoudre absolument tout donc là ils en remettent une couche et effectivement ils attaquent urgence palestine qui est un collectif qui est animé par des Palestiniens en exil et je pense que c'est suffisamment important pour le mentionner qui s'est constitué après le 7 octobre pour réagir à la Ripost et au massacre israélien et ça fait partie des organisations qui ont qualifié extrêmement tôt en fait ce qui se passait de génocide qui et qui ont organisé toute une activité y compris nationale avec différents collectifs avec une implantation voilà nationale dans différents villation dans plusieurs villes un peu la particularité de ce vingtaine de villes et puis qui c'est Voilà, qui a organisé tout un tas d'activités, des manifestations, mais pas seulement, des des événements culturels, des formations et cetera. Et je pense qu'il faut prendre la mesure de ce que ça représente parce que parce que c'est aussi dans la constituée de la répression absolument inouie auquelle fait face les voies de la solidarité avec la Palestine. Ça date pas d'hier effectivement.

Moi, la première manifestation interdite que j'ai faite, c'était en 2014 déjà pour Gaza. En 2023, toutes les manifestations interdites, les gens qui ont participé au prix des centaines et des centaines de contraventions. Ensuite, il y a eu des poursuites absolument systématiques pour apologie du tourisme, ce qui est quand même une infraction extrêmement grave. et il y a des condamnations qui vont jusqu'à cibler des syndicalistes euh comme c'est le cas de Jean-Paul de l'esco.

Et plus en général effectivement, il y a tout un tas de personnalités politiques que soit Rima Hassan que soit Anaskaib qui sont persécutés en réalité avec cette infractionlà. Mathilde Pano, je crois que ça a été classé pour le coup mais mais en tout cas un un un panorama très large et je pense que la dissolution d'urgence palestine, ça s'inscrit dans la continuité de ces attaques là que c'est extrêmement grave. C'est une atteinte à la liberté d'expression.

C'est une atteinte à la liberté d'association et puis qui cible les voies anti-impérialistes, anticoloniales qui ont de l'influence en fait dans tout un secteur de la jeunesse qui leur propose des cadres d'organisation pour exprimer en fait leur contestation de la politique israélienne. Et je pense que c'est d'autant plus important qu'on voit l'intensité des massacres auquels on assiste. Et c'est la raison pour laquelle effectivement on va contester très fermement cette dissolution.

Les arguments développés par Retaillo ont absolument aucun sens. Je pense qu'en réalité la contradiction supplémentaire c'est qu'elle intervient quand même au lendemain d'un meurtre d'un attentat islamophobe extrêmement violent qui montre que en réalité l'islamophobie à laquelle on assiste de manière extrêmement étouffante que ce soit sur les plateaux télé que ce soit par les politiques de persécution permanente mené par les les gouvernements successifs et cetera produit ce type de phénomène extrêmement grave. Je pense que c'est pour ça que est finalement d'une certaine manière presque à la défensive en fait quand il annonce ça.

C'est d'ailleurs ça la contradition du dimanche. Voilà. Non mais c'est pour ça qu'il dit qu'il a pas de problème avec les musulmans.

Ils sont obligés de préciser ça. Mais je veux dire je pense que c'est pour ça que la dissolution de l'urgence palestine s'inscrit un peu au croisement de de toute cette séquence là. à la fois une dynamique liberticide générale via l'outil des dissolutions, à la fois la persécution des voies de la solidarité avec la Palestine, comme je le disais dans la continuité de procès pour apologie du terrorisme qui est vraiment une arme de destruction massive contre la liberté d'expression parce qu'en fait pour un tweet, ils ils envoient des gens devant des tribunaux pour des infractions passives de jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et qui ont des conséquences pénales très très graves.

Et et effectivement dans ce contexte islamophobe plus général, c'est la raison pour laquelle avec mon confrère Vincent Bringart mais aussi évidemment avec tous les militants qui soutiennent Urgence palestine, il faut mener de fronts un travail juridique extrêmement sérieux et exigeent, mais aussi une vaste campagne de solidarité politique et démocratique. Et et de ce point de vue, je partage ce que disait notre collègue tout à l'heure, que ce qui compte dans la période, c'est aussi comment il y a une mobilisation très très large, que la la le la la politisation anti-impérialiste et anticoloniale, c'est aussi un ADN du mouvement ouvrier de la jeunesse qui s'est exprimé dans les fac au cours de la dernière séquence. On a vu encore récemment les dockers même de fausses surmères qui arrêtent un une embarcation pour vérifier ce qu'elle contenait et cetera.

Il y a un pouvoir de résistance qui vient des organisations politiques, syndicales et associatives qui doivent toutes se tenir au côté d'urgence palestine et de l'ensemble des réprimés. Alors justement pour revenir sur la procédure enfin les aspects un peu juridiques, comment Urgence palestine peut espérer se défendre contre ces menaces de dissolution et quel recours ils ont à leur disposition parce que c'est pas vraiment du droit, c'est quelque chose entre la lisière du droit et administratif et de en fait du fait du prince. Qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?

Bah le problème, c'est que le droit administratif, c'est un peu le fait du prince, quoi. Donc euh là, on est au stade où la procédure juridictionnelle au sens strict a pas encore commencé puisqu'en fait euh on en est au stade de la notification administrative. Donc c'est euh le gouvernement qui dit "J'envisage de vous dissoudre pour telle telle telle raison".

Euh bon, on sait qu'à priori la décision, elle est prise, hein, c'est-à-dire que ils ont probablement déjà rédigé le décret de dissolution. En attendant, on a quand même 10 jours pour rédiger des observations et pour les communiquer. Euh les fondements en fait, c'est toujours les mêmes.

Ceux qu'ils utilisent depuis euh euh voilà dans toutes les procédures de dissolution récente, c'est les fondements de la loi séparatisme. Parce que je le disais au début, c'était une loi qui était prévue pour en gros les ce qui à l'origine les ligues fascistes dans les années 30 et notamment la provocation aux manifestations armées. La loi séparatisme a beaucoup élargi les fondements sur lesquels on peut dissoudre des organisations en n incluant par exemple la provocation à des agissement en raison de ou des provocations à la discrimination en raison de l'origine, la race et cetera.

Donc en réalité, on est dans tout le débat sur euh la question de l'instrumentalisation de l'antisémitisme à des fins de répression de la cause palestinienne parce que c'est aussi ça qui joue. Urgence palestine, c'est une organisation qui s'est toujours prononcée contre toutes les formes de racisme qui est fermement opposée à l'antisémitisme et cetera euh qui en fait là tu nous dis pas s'ils ont une possibilité de s'en sortir. Ah bah nous bien sûr qu'on pense qu'il y a une possibilité de s'en sortir.

Ça il y a pas de pour la manière dont je le disais déjà voilà déjà on est en train de présenter nos observations. On attaquera évidemment le décret de dissolution qui sera prononcé. On ira devant le tribunal administratif en référé.

On ira jusqu'au bout de toutes les voies juridictionnelles et en parallèle de ça, il y a bien sûr une mobilisation démocratique qui est en train de s'organiser, qui est extrêmement vigoureuse. Il y a une pétition qui a été signée en quelques jours par plus de 30000 personnes et c'est un combat aussi de langue parce que c'est non seulement urgence palestine mais c'est l'ensemble des organisations qui sont visées ou qui le seront. Hm.

Oui. Oui. Euh donc bah en fait on Raphaël maison euh alors c'est du droit national, c'est pas du droit international mais vous êtes juriste.

Quel est le regard que vous portez sur bah ben bah sur cette ces nouveaux développements ? Ben moi, je trouve c'est quand même vraiment attristant de voir que des associations qui s'inscrivent justement dans une lutte légale dans le cadre de l'état de droit et je pense d'ailleurs euh à ce cette association dont vous aviez parlé, le CCIF qui qui dénonçait les discriminations contre les musulmans. Mais quand on regarde l'arrêt du Conseil d'État qui a validé la dissolution de de cette association, il est il est proprement choquant, je dirais, puisque les arguments sont sont toutes inversés en réalité.

Donc je trouve ça vraiment regrettable qu'on ne soutienne pas des associations qui précisément choisissent des voix parfaitement légales, soit pour lutter contre les discriminations, soit pour soutenir des causes tout à fait défendables, voire essentiellement qui doivent être défendu en est en présence d'un génocide. urgence palestine, le mot même euh le démontre enfin ce s'inscrit parfaitement dans ce cadre-là. Donc premièrement, je trouve ça regrettable, vraiment triste pour un état qui se présente comme une démocratie mais c'est un phénomène général en en Occident, hein.

Je dirais qu'on retrouve exactement le même type de de mesure dans toute une série de pays. Et on retrouve le même type d'élément de langage en fait en réalité hein dans les pays occidentaux. C'est ça qui est vraiment très frappant et qu'on a remarqué dès le départ.

En réalité, vous avez l'argument de la lutte contre le terrorisme, hein, qui a été largement diffusé par la ministre de l'éducation de l'enseignement supérieur dès le dès le 9 octobre, je crois. Puis par la circulaire du Pont Moretti, donc il y a la thématique de la lutte contre le terrorisme qui qui est d'une très grande confusion véritablement. Et puis il a la thématique de la lutte contre l'antisémitisme qui rejoint ses propos de type islamophobe puisque maintenant le nouvel antisémitisme bien sûr vient des populations décries comme musulmanes.

Donc là vous avez des amalgames, des confusions qui sont entretenues. Je trouve que c'est extrêmement grave et extrêmement délétaire. Alors, j'ajoute un point, c'est que à l'heure actuelle, par-delà ces annonces de dissolution, vous avez des projets législatifs pour durcir la lutte contre l'antisémitisme.

Tout le monde est favorable à lutter contre l'antisémitisme et tous les racismes d'ailleurs. Et là, vous avez des projets qui sont spécifi spécifiquement dédiés à la lutte contre l'antisémitisme et qui vont encore aggraver les choses dans l'université. Parce qu'en fait, c'est pas important de lutter contre l'antisémétisme que de lutter contre bah la liberté d'expression. ce ce qu'on craint véritablement et il y a plusieurs pétitions déjà qui sont en ligne.

Ce qu'on craint véritablement, c'est qu'on on adopte une définition de l'antisémitisme qui est qui qui met un équivalent entre critique du sionisme voire critique du gouvernement israélien et antisémitisme. C'est c'est de toute façon un thème généralisé, je dirais qui s'est développé dans la propagande depuis le 9 octobre et le 7 octobre et probablement avant. Mais là, ça serait en un sens inscrit dans la loi.

Donc là, on aurait vraiment plus de possibilité de même parler, comme je le fais ici, de la jurisprudence internationale qui dit clairement qu'Israël doit se retirer des territoires occupés, qu'Israël pratique la partide, qu'Israël fait courir des risques graves et maintenant plus vu tous les rapports onusiens qu'on a de génocide et et donc je veux dire dans un état démocratique alors on peut critiquer son propre état mais on ne pourrait pas critiquer l'état d'Israël. Je c'est quand même absolument affligeant. Et je rajoute un point sur l'islamophobie et et ces critiques.

La urgence palestine, ce serait des islamistes. Alors bon, il y a il y a des Palestiniens. Enfin, c'est c'est c'est complètement effarant.

Mais j'ai remarqué ça euh si vous voulez cette cette tendance parce que j'ai étudié précisément le rapport de l'ONU du 13 mars 2025 sur les viols, violences sexuelles, violence reproductives commises par Israël à Gaza. Vous avez là des aspects de la violence contre les personnes enlevées à Gaza et détenues depuis lors qui sont mais effarants des tortures d'un niveau de violence absolument ahurissant. Qui en a parlé ? qui a parlé de ce rapport qui fait 50 pages et qui comporte une enquête extrêmement approfondie avec des élément de sévice sexuel pendant plusieurs mois contre des personnes enlevées à Gaza.

Des éléments extrêmement graves. Personne n'en a parlé me semble-t-il. On en a pas beaucoup parlé dans les médias français, même au niveau de l'ONU, si vous voulez, les responsables politiques de l'ONU qui est-ce qu'ils ont est-ce que le secrétaire général a dénoncé les graves tortures qu'on pouvait voir lorsque les les détenus palestiniens ont été libérés dans le cadre des échanges licu, il y a pas eu de parole de condamnation alors qu'on a des éléments majeurs qui s'accumulent sur des camps de torture. un processus extrêmement grave d'atteinte aux personnes à leur dignité jusqu'à souvent jusqu'à la mort par le moyen de ses vises sexuelles.

Je veux dire alors on a beaucoup parlé des viols de masse qui auraient été commis par les combattants du Hamas. On a aucune preuve de ces viols de masse, mais ça on en a entendu parler mais tant dans les médias, notamment français. Et ce rapport qui documente précisément les viols contre les populations colonisées, contre les populations musulmanes de Gaza ou chrétienne d'ailleurs, hein, peu importe, et bien, on n'en parle pas.

C'est c'est vraiment typique d'un racisme qui est vraiment inadmissible dans une société démocratique. Alors euh je et les médias ont on ont auront à répondre de ce de cette censure. Alors je je vais donner la parole à à Pierre.

Il y a Elsa qui euh il devait partir avant la fin. Donc je te libère Elsa. Et donc alors une dissolution d'urgence palestine s'inscrirait dans une volonté depuis longtemps affichée par le gouvernement de faire terre toute voie proalestinienne.

Notre chroniqueur Paulée mercredi dernier nous livrait son analyse à ce sujet. On l'écoute. Urgence Palestine est une organisation qui met en difficulté le gouvernement.

Le gouvernement qui je vous rappelle avait fait part de son soutien inconditionnel à la politique de monsieur Natanahou. c'est-à-dire un massacre, un génocide commis contre les Palestiniens, ils les mettent en difficulté parce que non seulement ils sont effectivement capables de mettre en place un mouvement, pas seul, mais enfin, ils sont à la comment dire à l'origine hein du mouvement de solidarité qui s'expri dans les manifestations massives dans le pays. Et en plus de cela, il ne l'ésigne pas sur le vocabulaire.

C'estàd qu'il met en avant le droit inlable des du peuple palestinien à résister à la situation qui lui est faite. Et rien que dire ce mot, le dire comme les Palestiniens le disent, le dire comme le disent les militants de d'urgence palestine, c'est absolument inadmissible pour le gouvernement. Et de nouveau hein, il faut comprendre que dans cette procédure de dissolution, il y a eu dernièrement des nouvelles lois qui ont permis euh d'aller plus loin dans cette possibilité de dissolution, notamment la loi séparatise qui dit que maintenant on peut dissoudre une organisation en lui reprochant le un fait ou un agissement d'un de ses membres. he et c'est à partir de ça qu'on va commencer à scruter et à essayer de trouver n'importe quelle excuse mais de nouveau de façon unilatérale de façon hémiplégique parce que tu parlais d'antisémitisme l'uni à Strasbourg c'est le syndicat étudiant créé quand dire en réaction à mes 68 bon il y a des membres euh de cette organisation qui ont été pris en photo en train de faire des cellules naazis de jouer avec des jeux de cartes antisémite avec des caricatures dire antisémites qui portent le message vraiment des années 30 qu'est-ce qui s'est passé rien.

Alors Pierre Douillard Lefèvre, chercheur, militant, auteur de dissoudre, ouvrage dans lequel vous penchez sur l'histoire politique des dissolutions. Vous avez travaillé sur les politiques de dissolution depuis les années 30. Est-ce que vous partagez l'analyse de Paulc ?

Oui. Alors pour commencer, je vais peut-être rappeler quelques repères sur cette question des dissolutions d'un point de vue historique parce que c'est important de rappeler l'origine des dissolutions. Ça a été évoqué très rapidement.

Euh les dissolutions, elles s'inscrivent dans contexte des années 30. C'est une procédure d'exception. On a beaucoup entendu le mot démocratie.

La procédure de dissolution, elle est fondamentalement antidémocratique. C'est fondamentalement une procédure autoritaire qui vise à démanteler un un groupe. Cette procédure, elle intervient dans un contexte très précis qui est celui des années 30.

Donc avec les la les montées du défascisme que ce soit en Espagne, en Italie, évidemment en Allemagne et dans les années 30, nous avons en France également des ligues. Les ligues, c'est des groupes d'extrême droite armé qui paradent parfois en uniforme dans les rues qui sont composées d'anciens combattants et qui appellent à renverser la République. C'est un contexte de très très grande violence.

On entend souvent parler d'ensauvagement aujourd'hui. Euh la violence de rue des années 30 est infiniment plus élevée que tout ce qu'on peut voir aujourd'hui. Il y a des bagarres euh entre par exemple syndicaliste et ligue d'extrême droite, il y a des morts.

Et euh avant l'élection du Front populaire en 1936, il y a une ligue antisémite liée à l'action française qui essaie d'assassiner Léon Bloom. Léon Bloom qui sera élu chef du gouvernement quelques quelques mois plus tard. Vous voyez, on est à ce niveau-là de violence euh avec évidemment des cris antisémites.

Donc il est extrait d'une voiture où il se trouvait dans Paris. Euh les la ligue d'extrême droite essaie de le tuer physiquement et heureusement, il y a des ouvriers de gauche qui aperçoivent l'altercation et qui mettent en fuite ces ces groupes fascistes. Vous voyez, en en 1934, un petit peu plus tôt, il y a une journée, le 6 février, durant laquelle des milliers de ligueurs de des milliers de fascistes essayent d'attaquer le parlement.

Et ça ça provoque évidemment un un électrochoc dans la gauche française et à l'époque il y a tout un discours autour de la République menacée qu'il faudrait protéger du fascisme. Ça c'est très important de comprendre ça pour comprendre d'où ça vient. Et à l'époque, un homme, un politicien centriste, radical, c'est-à-dire de centre gauche, mais en réalité plutôt centriste, qui s'appelle Pierre Laval, propose une mesure pour dissoudre les ligues antirépublicaines.

Pierre Laval, comme vous le savez, il finira péténiste quelques années plus tard, il finira justement fasciste, c'est une ironie de l'histoire. Et donc en 1936, le Front populaire arrive au pouvoir et il va voter la loi de dissolution. Et je j'insiste sur les mots qui sont très précis à l'époque.

La loi permet de dissoudre les groupes de combat et les milices armées, hein. Les groupes de combat et les milices armées qui menacent la République. C'est c'est une définition très précise en principe.

Euh donc durant les mois qui suivent, les ligues d'extrême droite sont dissoutes, ce qui n'a à peu près aucun effet parce qu'en fait c'estes ces ces groupes fascistes, ils vont se recomposer, ils vont se réorganiser. Certains vont passer dans la clandestinité avec le soutien du patronat français et donc des groupes fascistes vont commettre même des attentats à la fin des années 30. Par exemple la cagoule qui va assassiner des des syndicalistes et des militants de gauche.

Et donc cette procédure d'exception, elle aurait dû rester cantonnée à à la je mets des guillemets à la lutte antifasciste. En réalité dès 1937 la procédure de dissolution elle va frapper qui ? elle va frapper des mouvements anticolonialistes he dès 1937 le le Front populaire va dissoudre l'étoile nord-africaine quer groupe indépendantiste algérien mais également des syndicats indépendantistes en Tunisie au Maroc et donc on voit que en fait dès l'origine cette procédure d'exception elle s'élargit assez rapidement en 1937 c'est on est à la veille de la Seconde Guerre mondiale il y a un rissement politique évidemment et donc le parti communiste et la CGT sont dissoutes pour au nom de leur collaboration avec avec la Russie soviétique qui elle-même a passé un accord avec l'Allemagne.

Et donc ce qui se passe c'est que là le PC qui est un parti immense et la CGT qui est un syndicat qui regroupe des centaines de milliers de travailleurs sont dissous et leurs journaux interdits. Donc vous voyez en fait cette procédure elle s'étend et elle n'est pas elle n'est pas abolie à la libération. On aurait pu se dire que le finalement après guerre euh le fascisme est globalement discrédité.

Euh et en réalité, on voit que cette procédure de dissolution, non seulement elle sera jamais supprimée, mais elle va constamment être enrichie par les gouvernements successifs. Donc en fait euh au fil du temps, il va y avoir des ajouts dans cette loi. Alors il y a des ajouts qui sont qui paraissent être de bon sens.

Par exemple, la possibilité de dissoudre les groupes péténistes dans l'immédiat après-guerre. euh il y aura une extension avec la possibilité de dissoudre euh les groupes faisant l'apologie du terrorisme et cetera et cetera. Mais vous voyez, finalement euh le le périmètre de la possibilité de dissoudre euh une organisation, il va euh augmenter.

Et donc l'apogé euh de cette extension, c'est en 2021. Ça a été dit. Géraldin vote la loi séparatisme.

Et là, je reviens sur les termes qui sont utilisés dans cette loi. Peuvent être dissous tout groupement qui ont incité à des atteintes aux personnes mais aussi au bien, hein. Aux personnes mais aussi au bien.

J'insiste là-dessus. Et d'ailleurs, Gérald Armanin dit explicitement à ce moment-là que ça va permettre de dissoudre les collectifs de type black block, hein, c'est les mots qu'il utilisent. C'est-à-dire que quiconque va provoquer ou va suggérer ou va sous-entendre qui veut par exemple la révolte, c'est une atteinte à à s'en prendre à des biens matériels.

Voyez ? Et donc en 2021, on est extrêmement loin de l'idée de groupe de combat ou de milice armée. Et en fait, il y a même un renversement absolu.

Il y a un renversement absolu. Pourquoi ? Parce que ces ces procédures de dissolution qui étaient censé lutter, je mets encore des guillemets, contre le fascisme vont être utilisé contre l'ant-fascisme et contre les groupes antiracistes et contre les groupes anticolonialistes.

Vous voyez, il y a eu un renversement complet. Les dissolutions post loi séparatisme, vont d'abord viser les groupes musulmans et antiracistes. Il faut bien insister là-dessus parce que c'est une catastrophe.

Ce qui s'est passé, c'est que plusieurs collectifs vont être frappés. Par exemple, le CRI, le CRI, coordination contre le racisme et l'islamophobie qui va être dissoute. Le CCIF, donc le comité contre l'islamophobie en France va être dissous et plusieurs autres groupes locaux et il y aura pas de réaction de la gauche, du mouvement social et cetera.

Finalement, les autorités vont constater qu'elles peuvent euh dissoudre des collectifs comme ça sur des motifs complètement fallacieux qui sont en fait des atteintes à la liberté d'expression. Hein, clairement dans le cas du CRI, du comité contre le racisme et l'islamophobie, le motif c'est ce collectif parle d'une islamophobie d'État, ce qui alimente la radicalisation, hein. C'est c'est grosso modo ce que dit le décret.

Donc finalement, à partir de ça, oui, tout le monde peut être disou. Enfin, nous même le média, on peut être dissous puisqu'on parle d'islamophobie. Juste très Ouais, très rapidement, il y a un élargissement ensuite on va le voir à des groupes militants.

Par exemple, le bloc Laurin qui est un collectif gilets jaune qui a tout simplement appelé à des manifestations. Il y a une tentative de dissoudre nant révolté qui est un média nantais qui va être visé en 2022 et c'est pareil pour provocation à des dégradations. Il y a une tentative sur les soulèvements de la terre et là ces derniers mois donc en plus de du collectif Palestine vaincra et maintenant d'urgence palestine et de la jeune garde ces derniers mois on a des appels récurrents, réguliers qui viennent notamment des républicains pour dissoudre la France insoumise.

Donc vous voyez là on en est rendu au point où même un grand parti de gauche, le plus grand parti de gauche qui est la France insoumise est menacé de dissolution pour ce soutien à la Palestine. Donc vous voyez c'est extrêmement grave. Ouais.

Alors euh on peut donc dire qu'il y a un durcissement ces dernières années, une radicalisation de l'État. Pierre, ce qu'on peut dire en fait c'est que on a la 5e République, il faut le répéter, c'est déjà un régime d'exception en soi. La 5e République, elle naî en pendant la guerre d'Algérie pour répondre à une crise et elle donne les pleins pouvoirs au président de Gaulle avec notamment le 493, notamment la possibilité de décréter l'état d'urgence et évidemment il a la main sur les procédures de dissolution.

Et là, on est à la fin d'un cycle où on a un gouvernement Macron qui est totalement illégitime, qui qui d'ailleurs qui n'est même pas élu euh et qui a poussé les curseurs de l'autoritarisme à peu près au maximum, hein. Vous voyez, on n' jamais autant autant utilisé le 493. Bien sûr, il y a beaucoup plus de 493 et de dissolutions sous Macron que sous de balles.

Ça c'est incommensurable. Donc vous voyez, il y a beaucoup il y a jamais eu autant de 49, jamais eu autant de dissolution euh et cetera et cetera. jamais eu autant de manif interdites aussi.

C'est c'est intéressant. Il y a des statistiques qui montrent que le nombre de manifes interdites à Paris a explosé depuis quelques années. Et donc là, on arrive au bout d'un cycle où le régime lui-même est en train de se militariser.

Et mon inquiétude, mais c'est un autre sujet, c'est que là, il arrive au bout des outils euh qui sont offerts par la 5e République autoritaire. Et donc là, le discours est carrément va en guerre. On parle de réarmement, on parle de guerre, on parle de réarmement moral et cetera.

Et donc l'étape suivante, c'est éventuellement un conflit militaire. Donc il va falloir à la fois évidemment lutter contre ces dissolutions de toute notre force et pour soutenir tous les contrepouvoirs évidemment Urgence Palestine mais contre la militarisation générale. Justement euh euh comment faire ?

Est-ce que vos recherches vous ont permis de mettre en lumière les différents moyens d'action pour résister à cette logique d'accélération des dissolutions et de et de la préignance autoritaire ? Alors ça c'est une très bonne question. Comment on fait ?

Parce que comme ça a été dit par mes collègues, c'est une procédure qui est extrajudiciaire qui est qui est du droit administratif mais en réalité une dissolution elle est prononcée en conseil des ministres. Après vous pouvez faire un recours mais ça peut prendre des mois voir des années. Et en attendant si vous continuez à vous réunir avec votre collectif ça ça veut dire que vous avez reconstitué une ligue 10oute.

C'est un délit et vous risquez des gardes à vue de la prison et cetera. Alors, ce qu'il faut bien comprendre, il y a plusieurs étapes pour dans les pistes de résistance. Il y en a, attention, c'est tout n'est pas perdu.

La la la première étape, c'est que la dissolution, c'est elle est assez voisine des procédures antiterroristes. C'est-à-dire que il s'agit d'une procédure qui se base non pas sur des faits, mais sur un récit, vous voyez ? Parce que s'il s'agissait de fait, en réalité, la plupart des groupes d'extrême droite seraient dissous, ce qui est pas le cas.

Et et moi je suis contre toutes les dissolutions. Il s'agit pas d'appeler à dissoudre les coupes d'extrême droite mais vous voyez il y a toujours un discours qui sert à justifier la dissolution. Dans le cas d'urgence palestine, c'est que ce sont des islamistes.

Mais en réalité ce discours islamophobe et raciste qui vise les organisations antiracistes musulmanes et cetera, c'est un discours médiatique qui est hégémonique et qu'on entend depuis des années et des années. Et donc il faut casser on est là justement pour contrer cette hégémonie. Tout à fait.

Merci beaucoup. Euh vous voyez, mais quand on regarde quand il a fallu dissoudre des groupes antifascistes, il y a eu donc le GAL à Lyon mais également la jeune garde maintenant. Il y a tout un discours depuis plusieurs années qui vise à dire le vrai danger c'est l'antifascisme, ces gens sont dangereux et cetera.

C'est un discours qu'on entendait pas il y a 20 ans. Dans le cas des soulèvements de la terre, il y a eu tout un travail médiatique pour dire que c'était de l'écoterrorisme, hein. C'est un mot qui est pas du tout anodin.

Donc vous voyez, il y a toujours un travail médiatique qui précède la répression. Donc il faut contrer ce travail médiatique. H et donc à mon sens, une des premières pistes, c'est briser le briser le narratif, briser le récit.

Je vais vous donner deux exemples de de combats victorieux qui ont permis de d'empêcher des dissolutions. Nant révolté en 2022 qui est un média local, un petit média local, euh Gérald Armanin a engagé la dissolution en disant que c'était un groupe d'ultra gauche extrêmement dangereux et cetera. Et ce qui s'est passé, c'est que ce petit média, comme il avait un ancrage local, il a été soutenu par des syndicats de journalistes, par des lecteurs électrices.

Il y a eu toute une campagne médiatique à la fois à Nante, mais en fait assez large. Une pétition qui a été signée par des dizaines de milliers de personnes. Et en fait le narratif sur le coupuscule d'extrême gauche extrêmement dangereux, il a été brisé euh y compris d'ailleurs médiia part et tout un tas de médias ont dit mais hors de question de dissoudre un média parce que si aujourd'hui ça vise ce petit média local là demain tout le monde peut être touché et le ministère de l'intérieur n'est jamais allé au bout all bout de cette émission et je voudrais donner la parole à Raphaël à la fin donc est-ce que vous avez en une ou de minutes d'autres pistes comme ça de de résistance Voilà.

Donc les soulèvements de la terre aussi ont réussi à briser le narratif de l'écoterrorisme en montrant que c'était des collectifs pluriels qui qui luttaient sur des luttes pour le bien commun. Donc ça ça aussi ça a été une victoire, une reprise en main de du récit. Il y a tout un tas d'autres possibilités.

Par exemple le CCIF qui a été dissou maintenant il a installé son siège en Belgique et il a changé son nom pour CCIE. et la la législation belge par exemple n'est pas aussi répressive que la législation française. Et donc il est possible pour une association par exemple qui fait de l'aide juridique ou qui fait un travail de communication finalement de déplacer son siège social dans un pays voisin un petit peu moins autoritaire.

Ça c'est possible. Euh il y a la possibilité de se mettre en en lien entre différents collectifs pour mutualiser des moyens de communication, des moyens d'organisation. Se rendre aussi insaisissable.

C'est-à-dire que euh les soulèvements de la terre réunissent en eux-même des coordinations d'organisation. Et la dernière possibilité, la plus importante évidemment, c'est de faire front collectivement par des mobilisations et c'est-à-dire euh ne laisser aucune dissolution se dérouler euh dans le calme, c'est-à-dire contre-attaquer systématiquement en soutenant aujourd'hui évidemment Urgence Palestine, la jeune garde, mais il faut continuer à parler des dissolutions passées, il faut soutenir les procédures. également, il faudrait éventuellement une grande mobilisation sur ce sujet-là et donc ne laisser aucune association collective groupe seul face à cette procédure qui vise à atomiser.

Merci. Merci. Merci Pierre.

Alors le mot de la fin à Raphaël Maison. Je rappelle que vous êtes professeur de droit international et voilà. Combien de mots ?

Euh 2 minutes. D'accord. Euh écoutez, je trouvais très intéressant cet exposé et ce ce rappel de d'une d'un idée de dissolution de la France insoumise qui me renvoie aussi à cette idée de déchéance de nationalité pour Rima Hassan ce semble être des idées complètement farfelues mais qui finalement viennent normaliser quelque chose qui pourrait relever du possible un jour.

Donc je crois qu'il faut le prendre très au sérieux et c'est et c'est tout à fait dangereux. Alors, vous avez il a été question des critiques. Briser le récit, c'est très bien.

Je crois que les les autres associations de défense de droits de l'homme pourraient aller un petit peu plus loin parce que j'ai vu tout à l'heure le communiqué de la Ligue des droits de l'homme qui protège sur le principe de la dissolution mais qui ne dit rien de spécifique sur Urgence Palestine. C'est c'est à vérifier mais ça m'a semblé un peu un peu peut-être un peu insuffisant. Et puis sur les recours, moi je voudrais rappeler qu'il y a eu une affaire quand même qui a été très importante, c'est c'est l'affaire BDS devant la Cour européenne des droits de l'homme puisque le mouvement BDS faisait le les militants faisaient l'objet aussi de répression pénale et finalement et puis finalement devant la Cour européenne des droits de l'homme, ce mouvement a été considéré comme relevant de la liberté d'expression.

Alors, j'en profite pour signaler un un dernier élément important pour vos auditeurs. Je crois, c'est qu'on a un grand rapport de la rapporteuse spéciale des Nations- Unies, Iren Can, sur la liberté d'expression et vraiment il faut rendre hommage aux rapporteurs spéciaux des Nations- Unies qui sont des experts indépendants et qui ont fait un travail remarquable dans cette période génocidaire à Gaza comme Francesca albanaise et Irren Can a fait un grand rapport à l'été 2024 sur les atteintes à la liberté d'expression s'agissant de Gaza. Elle appelle ça une crise mondiale de la de la liberté d'expression, mais en réalité, elle travaille surtout sur l'ensemble des pays occidentaux et elle dénonce toute une série de d'atteintes à la liberté d'expression, de répression des manifestations, de suspension voire de mise à l'écart d'universitaire.

Tout tout ceci s'inscrivant dans un contexte donc global qui dépasse la France et sur lequel il faut vraiment alerter et notamment moi je reviens à ces questions de liberté d'expression liée à à je dirais quelque chose qu'on saurait contester la lutte contre l'antisémitisme mais qui est susceptible bientôt de d'empêcher d'exprimer une critique vis-à-vis d'un d'un état qui à l'heure actuelle commet plusieurs crimes internationaux très graves. Merci beaucoup Raphaël Maison. Pierre Doyard Lefèvre, vous étiez avec nous comme Elsa Marcel, avocat du collectif Urgence Palestine et merci à vous d'avoir regardé au cœur de l'actu sur votre Freebox sur Molotov, sur notre chaîne YouTube Le Média et aussi sur notre site lemediatv.fr.

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DISSOLUTION D’URGENCE PALESTINE : AU CŒUR D’UNE CABALE POLITIQUE — Bruno Retailleau · Pourquijevote