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Interviewyoutube.com· 11 mai 2026 9 minContradictoireFond programmatiqueDéfenseEurope & international

🔮 EXCLUSIF - Interview d’Emmanuel Macron aprĂšs le sommet sur l'Ukraine Ă  WashingtonTF1 INFO

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GĂ©nĂ©rĂ©e par IA — peut contenir des erreurs. MĂ©thodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRĂ©ponse partielle

    Quel engagement précis les puissances peuvent-elles prendre face à la Russie ?

  • 1:08RelanceRĂ©ponse partielle

    La garantie de sĂ©curitĂ© suprĂȘme est-elle de faire la guerre Ă  la Russie en cas de nouvelle attaque ?

  • 2:55RelanceRĂ©ponse partielle

    ConcrÚtement, les soldats français seraient-ils forcés de se battre en cas de nouvelle attaque russe ?

  • 3:35OuverteRĂ©ponse directe

    Trump mérite-t-il le prix Nobel de la paix pour son rÎle dans ce processus ?

  • 5:08OuverteRĂ©ponse directe

    Quelle est la suite du processus, notamment une possible rencontre Zelensky-Poutine ?

  • 6:22OuverteÉludĂ©e

    Poutine est-il dans une forme d'hubris au-delĂ  du calcul rationnel, selon le patron de la DGSE ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28InvitĂ© politiqueFait
    « Je rappelle qu'il n'y a qu'un agresseur dans cette guerre, c'est la Russie. »
  • 4:41InvitĂ© politiqueChiffre
    « dont l'armée est composée d'aujourd'hui 1,3 million d'hommes au moins, »
  • 4:44InvitĂ© politiqueChiffre
    « qui dépense 40% de son budget dans la défense, la Russie, »
  • 5:49InvitĂ© politiqueFait
    « Donc les 15 jours qui viennent sont absolument critiques. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron79 %
  • PrĂ©sentateur20 %

≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).

ModÚle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Monsieur le Président, bonsoir.

0:01
Emmanuel Macron

Bonsoir.

0:02
Présentateur

Une accĂ©lĂ©ration de l'histoire a lieu cette semaine ici Ă  Washington. Vous ĂȘtes venu dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de l'Europe face Ă  Vladimir Poutine d'abord. Quel est l'engagement prĂ©cis que les puissances peuvent prendre pour dire tu es allĂ© jusque lĂ , mais cette fois tu n'iras pas plus loin ?

0:17
Emmanuel Macron

C'est tout l'enjeu. C'est tout l'enjeu au fond depuis le début d'année. C'est-à-dire que le Président Trump veut la paix. C'est une bonne chose et c'est ce qui nous unit à lui. On veut tous la paix, on la veut depuis le début. Je rappelle qu'il n'y a qu'un agresseur dans cette guerre, c'est la Russie. Nous, notre crainte dÚs février de cette année, c'était de dire il ne faut pas que cette paix soit précipitée, qu'elle n'ait pas des garanties profondes, sinon on repart à la case départ. C'est un peu ce qu'on a vécu à Minsk. C'est-à-dire que cette paix ne serait pas respectée le jour d'aprÚs par la Russie et elle réattaquerait.

Et donc, le cƓur de notre travail, nous, EuropĂ©ens, c'est ce qu'on appelle les garanties de sĂ©curitĂ©. C'est de dire, nous devons ĂȘtre sĂ»rs que, quel que soit l'accord obtenu, quel que soit ce que l'Ukraine concĂšdera ou pas, le reste de son territoire puisse continuer de vivre, ne pas subir de nouvelles agressions russes et que le reste de l'Europe vive en paix. Parce qu'en fait, c'est l'avant-poste de la sĂ©curitĂ© europĂ©enne.

1:08
Présentateur

Mais, M. le PrĂ©sident, est-ce que la garantie suprĂȘme de sĂ©curitĂ©, qui est de dire, vous les Russes, si vous attaquez de nouveau, aprĂšs un armistice, on s'est fait une paix, nous vous faisons la guerre,

1:17
Emmanuel Macron

est-ce que cette garantie de paix de lĂ , vous ĂȘtes prĂȘts Ă  la donner ? La premiĂšre garantie de sĂ©curitĂ© sur laquelle nous travaillons et qui est la plus importante, c'est une armĂ©e ukrainienne robuste. Et ça, ce ne sont pas des paroles en l'air. Pour l'instant, ça n'a pas marchĂ©. On a fait la dĂ©monstration, pendant les mille derniers jours, que s'il y avait une armĂ©e ukrainienne forte, bien Ă©quipĂ©e, l'armĂ©e russe n'arrivait pas Ă  pĂ©nĂ©trer. Et donc, qu'est-ce que c'est ? LĂ , on est dans quelle hypothĂšse ? On arrive Ă  trouver un accord. Les concessions territoriales, c'est Ă  l'Ukraine de les faire. Il y en aura. Ce n'est pas Ă  moi de le dire.

Moi, en tout cas, ce que je dis, c'est que faisons trĂšs attention quand on parle d'une reconnaissance de droit, parce que n'actons pas des reconnaissances de droit, c'est-Ă -dire, en quelque sorte, que des pays garants de l'ordre international puissent dire qu'on peut prendre des territoires par force, parce qu'on ouvre une boĂźte de Pandore. Mais l'Ukraine fera les concessions qu'elle estime justes et bonnes. Nous, EuropĂ©ens, on doit ĂȘtre en situation d'apporter ces garanties de sĂ©curitĂ©, pour l'Ukraine et pour nous.

Et donc, la premiĂšre garantie de sĂ©curitĂ©, c'est une armĂ©e ukrainienne forte, c'est-Ă -dire de plusieurs centaines de milliers d'hommes, bien Ă©quipĂ©s, avec des systĂšmes de dĂ©fense, de meilleurs standards, etc. La deuxiĂšme, c'est dans le sens de votre question, c'est d'avoir ce qu'on appelle des forces de rĂ©assurance, et de dire que les Britanniques, les Français, les Allemands, les Turcs, et d'autres, sont prĂȘts Ă  mener des opĂ©rations, pas sur la ligne de front, pas de maniĂšre provoquante, mais des opĂ©rations de rĂ©assurance dans les airs, en mer, sur terre, pour montrer un signalement stratĂ©gique et dire la paix en Ukraine durable, c'est aussi notre sujet.

2:55
Présentateur

S'il vous plaĂźt, signalement stratĂ©gique, c'est la langue, disons, rassurante, mais pour ĂȘtre trĂšs concret, est-ce que ça veut dire que si les Russes attaquent Ă  nouveau ensuite, c'est la guerre ? C'est-Ă -dire que les soldats français, anglais, etc. seront forcĂ©s de se battre ?

3:08
Emmanuel Macron

C'est l'objectif de ces garanties de sécurité. L'objectif de ces garanties de sécurité, c'est de les dissuader par une armée ukrainienne forte, c'est-à-dire cette armée pourra résister. Et si vous allez trop loin sur des places qu'on aura définies, et là, tout le travail a été planifié par nos chefs d'état-major, mais c'est ce que nous sommes en train de finaliser, si la Russie prenait, aprÚs un accord de paix, la responsabilité de revenir aux confins de l'Europe provoquée, à ce moment-là, il y aurait une réaction.

3:35
Présentateur

La France empĂȘche que Trump cĂšde trop Ă  Moscou. De ce point de vue-lĂ , on en est tĂ©moin, vous jouez ce rĂŽle, mais Trump a le rĂŽle moteur, contrebalancĂ© par vous. Tout ce qui se passe lĂ , ces journĂ©es incroyables qu'on vit depuis lundi, est-ce que vous lui reconnaissez cela ? Si, Ă  l'arrivĂ©e, il y a la grande tablĂ©e, avec la signature Trump, Zelensky, les EuropĂ©ens, Poutine, est-ce qu'il aura mĂ©ritĂ© ce prix Nobel de la paix dont il rĂȘve ?

4:01
Emmanuel Macron

Il aura en tout cas jouĂ© un rĂŽle, et c'est important, c'est pour ça que je suis lĂ  aussi. Il rĂȘve de ce prix Nobel, ça n'est pas du tout une fantaisie. Le prĂ©sident Trump veut la paix en Ukraine, c'est une trĂšs bonne chose pour nous. Et il veut, et il est prĂȘt Ă  y mettre son Ă©nergie et son engagement. Ça, c'est une bonne chose. Simplement, et c'est lĂ  oĂč vous voyez que la ligne de crĂȘte, pour nous tous, est extrĂȘmement complexe. C'est que si cette paix devait ĂȘtre une capitulation de l'Ukraine, elle serait dramatique.

Parce qu'elle serait dramatique pour les Ukrainiens et l'Ukraine, mais elle serait dramatique pour les Européens, parce que ça veut dire que se rapprocherait de nos frontiÚres une puissance dotée de l'arme nucléaire, dont l'armée est composée d'aujourd'hui 1,3 million d'hommes au moins, qui dépense 40% de son budget dans la défense, la Russie, c'est ça la Russie aujourd'hui, qui continuerait d'avancer. Donc c'est une menace pour notre sécurité. Et enfin, ce serait l'effondrement de l'ordre intérieur. C'est l'effondrement international que nous avons construit depuis 70 ans. Donc la paix, oui, mais parfois il y a eu des ambiguïtés.

Donc nous on dit que cette paix ne peut pas ĂȘtre une capitulation de l'Ukraine. Et cette paix ne peut pas signifier de brader les intĂ©rĂȘts ukrainiens et europĂ©ens.

5:08
Présentateur

Quelle est la suite précisément, puisqu'il y aura trÚs vraisemblablement cette rencontre entre les présidents Zelensky et Poutine, avec le président Trump, avec les Européens ? Se peut-il qu'elle ait lieu en Europe ?

5:21
Emmanuel Macron

Ce sera un pays neutre qui sera choisi, et nous-mĂȘmes nous le souhaitons. Et donc peut-ĂȘtre la Suisse, je plaide pour GenĂšve, ou un autre pays, demain c'est rĂ©union. On lance ce travail sur les garanties de sĂ©curitĂ© demain. Ce travail est un peu imprĂ©alable Ă  tous les rendez-vous. Dans les jours, ou peut-ĂȘtre petites semaines qui viennent, on va tout faire pour qu'il y ait cette rĂ©union Ă  deux. Ensuite, l'idĂ©e c'est que vraiment d'ici Ă  dĂ©but septembre, il puisse y avoir ce sommet trilatĂ©ral. Mais il y a tout le travail avant qui doit ĂȘtre fait sur les garanties de sĂ©curitĂ©. Donc les 15 jours qui viennent sont absolument critiques.

Nous, pour finaliser le travail avec les Américains, pour mettre de la substance sur les garanties de sécurité, trÚs important, mais surtout on va lever les ambiguïtés. Est-ce que le président Poutine veut vraiment la paix ? On le saura. S'il fait cette réunion à deux puis à trois, c'est qu'il le veut. Monsieur le Président, merci. Merci à vous pour votre temps. Et donc on continue. Vous l'avez compris, ça n'est qu'une étape d'un processus qui va, je pense, encore durer. Mais en faisant tout cela, nous soutenons évidemment l'Ukraine, ce qui est notre devoir. Mais nous protégeons la France.

6:22
Présentateur

Une question encore. Puisque vous ĂȘtes l'homme qui a le plus parlĂ© Ă  Vladimir Poutine, Ă  BrĂ©gançon, Ă  Paris, Ă  Versailles, etc. À Saint-PĂ©tersbourg. Ces heures au tĂ©lĂ©phone. Le patron de la DGSE Ă©tait notre invitĂ© il y a quelques semaines. Il disait, attention, il y a une forme de paranoĂŻa en quoi il croit vraiment. C'est ça qui est terrible. Est-ce qu'elle a un danger particulier ? Se peut-il que Poutine soit dans une sorte d'hubris qui soit au-delĂ  du simple calcul rationnel ?

6:49
Emmanuel Macron

Je ne me permettrais pas de faire des qualifications comme ça. La position qui est la mienne dans le moment que nous vivons. Parce que j'ai toujours du respect pour mes collĂšgues, mes interlocuteurs. Mais je sais une chose. C'est que depuis, au fond, 2007-2008, le prĂ©sident Poutine a rarement tenu ses engagements. Il a constamment Ă©tĂ© une puissance de dĂ©stabilisation. Et il a cherchĂ© Ă  revoir les frontiĂšres pour Ă©tendre son pouvoir. Et je pense que quand un systĂšme politique qui a la culture profonde quand mĂȘme de la Russie hĂ©ritĂ©e du rĂ©gime soviĂ©tique s'inscrit aussi durablement, en faisant autant de sacrifices dans cette logique, il est trĂšs dur de revenir en arriĂšre.

Et donc je pense que la Russie est devenue durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d'entre nous. Et que le niveau d'investissement, qu'elle a consenti ces derniÚres années, ne passe pas de 100 à 0 du jour au lendemain. Et donc un pays qui investit 40% de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d'un million trois cent mille hommes, il ne reviendra pas à un état de paix et un systÚme démocratique ouvert du jour au lendemain. Ne soyons pas naïfs. Et donc, y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger. Voilà. Donc c'est un prédateur. C'est un ogre à nos portes.

Et je ne dis pas que dĂšs demain, c'est la France qui sera attaquĂ©e. Mais enfin, c'est une menace pour les EuropĂ©ens. Il ne faut pas ĂȘtre naĂŻf. Et je le dis avec un immense respect pour le peuple russe, ce pays, sa grande histoire, sa tradition et ses dirigeants. Mais nous en sommes lĂ . Il ne faut pas ĂȘtre naĂŻf. Monsieur le PrĂ©sident, merci beaucoup.

8:45
Locuteur

Merci Ă  vous.