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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 mars 2019 226 minAutoproduitMixteSolidarités & familleSantéTravail & emploiImmigration & asile

Grand Débat au féminin à Pessac

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 15 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous préciser les délais d'instruction des demandes d'asile et les critères de refus ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas accorder l'asile à cette personne malgré le refus de l'Ofpra et de la CNDA ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures concrètes pour accélérer la transition écologique ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment concilier vie professionnelle et vie personnelle pour les femmes ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quelles politiques publiques pour lutter contre le burn-out des femmes ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette personne n'a pas obtenu sa régularisation malgré son travail et ses attaches en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00E. MacronFait
    « Ce que vous avez décrit, c'est une part du quotidien de la transformation du travail dans, à peu près, toutes nos structures. »
  • 4:00E. MacronFait
    « On demande aussi de les repenser, parce que tout le monde veut qu'on fasse des économies pour pouvoir diminuer les impôts ou remettre l'argent au bon endroit. »
  • 9:00E. MacronChiffre
    « En France, simplement 20 % des filles, uniquement des filles sont vaccinées. Je vous parle pas des garçons. C'est 0,001 %. »
  • 17:00E. MacronFait
    « Il faut que ce soit investi. Donc c'est pour ça qu'il faut évaluer ce qu'on fait. »
  • 19:00E. MacronFait
    « On oublie de dire que les plus modestes, quand ils achètent ce qu'il faut pour se nourrir, ils paient la TVA et donc c'est une taxe. »
  • 23:00E. MacronChiffre
    « Il y a 500 enfants chaque année qui décèdent du cancer. »
  • 24:00E. MacronChiffre
    « 5 millions d'euros ont été octroyés à la recherche sur les cancers de l'enfant. »
  • 11:40E. MacronChiffre
    « On a exécuté plus que ce qui était prévu dans le budget de l'année dernière, l'année passée. »
  • 15:00E. MacronPromesse
    « Nous allons rattraper ce retard, je m'y engage ici, très clairement. »
  • 20:50E. MacronFait
    « Le nucléaire produit moins de CO2 pour faire de l'électricité que n'en produisent le gaz ou le charbon. »
  • 3:00E. MacronChiffre
    « J'ai, l'année dernière, 120 000 personnes qui sont arrivées en demandant l'asile, et je ne sais pas combien y ont vraiment droit. »
  • 10:00IntervenanteFait
    « Un burn-out, c'est un effondrement psychique, psychologique, c'est une perte totale de ses capacités cognitives, ça engendre des dépressions, ça peut même provoquer des décès. »
  • 5:00M. SchiappaChiffre
    « En France, il y a que 16 % des maires qui sont des femmes. Je rappelle qu'on est 52 % de la population, donc 16 %. »
  • 8:00M. SchiappaChiffre
    « Il y a près de 60 000 femmes qui, en France, vivent excisées petites filles et femmes. »
  • 11:00M. MacronFait
    « Si demain, je vous disais : "Je vais, dans notre loi, mettre comme critère d'obtention de l'asile le mariage forcé, il serait impossible d'assurer le moindre contrôle." »
  • 20:00M. MacronChiffre
    « On a libéré des moyens budgétaires pour l'hôpital. J'en avais annoncé au moment de la stratégie santé. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : Merci beaucoup. Et bonjour à toutes et tous, parce qu'il y a quand même...

Je suis très content d'être là. Alors vous avez parlé apparemment de plusieurs sujets juste avant qui ont été évoqués, mais je voulais revenir, peut-être, sur les trois interventions que vous avez pu faire. Or, j'ai compris qu'il y avait une réponse ponctuelle qui pouvait, peut-être, être apportée par l'administration pénitentiaire et je vous en remercie.

Mais ce que vous avez dit, madame, je le comprends très bien. D'ailleurs, ça ne touche pas que la fonction publique. Ce que vous avez décrit, c'est une part du quotidien de la transformation du travail dans, à peu près, toutes nos structures.

Ca change, ça se dématérialise de plus en plus et donc c'est vrai qu'on ne fait pas les mêmes travaux aujourd'hui et les mêmes tâches qu'hier. Donc je dirais pas qu'on demande, dans l'administration, de bâcler les choses, mais on demande aussi de les repenser, parce que tout le monde veut qu'on fasse des économies pour pouvoir diminuer les impôts ou remettre l'argent au bon endroit. Et donc ça suppose de tirer, si je puis dire, pleinement profit de ce que le numérique permet d'apporter : des réorganisations.

Et c'est vrai qu'on doit pas garder de toute éternité la même organisation. Par contre, c'est la responsabilité de celles et ceux qui vous encadrent, en premier chef, de pas demander qu'on fasse exactement la même chose avec moins de monde, mais qu'on organise les choses différemment. Et ça, ça s'accompagne, c'est une transformation, mais c'est pas de dire : "On va pas remplacer telle personne qui par à la retraite".

Ce qui a pu être fait de manière plus massive qu'aujourd'hui, il y a quelques années et ce qui fait que certains services ont eu moins de fonctionnaires. C'est une question aussi d'organisation, de réinterroger des missions que, parfois, on fait dans l'Etat : est-ce que c'est bien utile ? Est-ce que j'ai besoin de cela ?

Est-ce que ça, le numérique, ne permet pas de mieux le faire ? La deuxième chose, c'est le sens. Et, là-dessus, vous avez parfaitement raison.

C'est un des problèmes collectifs qu'on a aujourd'hui, d'ailleurs, dans la crise que traverse notre pays. Je suis frappé dans les débats que j'ai, les échanges. Combien de personnes ont le sentiment que leur quotidien, bonjour, mademoiselle, a perdu du sens.

C'est-à-dire que le travail dans lequel on s'est engagé, on comprend plus à quoi on sert. Vous l'avez très bien dit en disant : "J'exécute des tâches mécaniques". Et c'est vrai que la numérisation, la dématérialisation créent parfois da la distance.

Les actions très complexes qu'on mène parfois, dans l'entreprise comme dans l'Etat, d'ailleurs, ça vaut pour toutes les structures, fait qu'à la fin de la journée, quand on se retourne sur celles-ci on se dit : "Mais qu'est-ce que j'ai fait, au fond ?" "Est-ce que c'est vraiment utile ? A quoi ça sert ?" Et ça, c'est une vraie interrogation que le monde du travail, dans l'ensemble, doit apporter aujourd'hui.

C'est aussi pour ça que je considère que la réponse, c'est pas une loi, c'est pas une transformation, c'est pas ceci ou cela, c'est vraiment de remettre du sens dans le travail et donc de le repenser au plus près. (Propos inaudibles) Il faut remettre du lien. Mais le lien, il faut, 1 : pas départir l'humain...

Et quand je dis "dématérialiser", il y a des choses que le numérique peut remplacer, il y a des choses qu'il peut pas remplacer. Le contact, être sur le terrain, parler aux gens, lever des malentendus...

C'est pour ça que j'étais pas avec vous au début, On était dans un centre qui dépend de la Caisse d'allocations familiales où il y a une équipe formidable qui accompagne, la plupart du temps, d'ailleurs, des femmes, qui élèvent seules leurs enfants et qui veulent retrouver un emploi. Ca ne marche que parce qu'il y a du lien. Donc bien sûr qu'il faut le remettre.

Mais ça veut dire aussi qu'au plus près, et dans le travail, que ce soit le service, si c'est une administration, que ce soit l'entreprise, si on est dans le secteur privé, c'est retrouver l'importance, le sens de ce lien. Et on l'a peut-être un peu perdu. La société, elle s'est mécanisée.

Et donc, ça, le débat permet de le dire, de le voir, mais après, derrière, c'est à revaloriser au plus près. Alors moi, je pense qu'il y a des éléments qui permettent d'améliorer ça. Quand on met celles et ceux qui travaillent au quotidien en situation de partager la responsabilité dans la gouvernance de l'entreprise, dans la décision, quand c'est la fonction publique, en étant plus participatif.

Ca, je pense que c'est une piste, en tout cas, moi, qui m'intéresse, qui a émergé du Grand Débat... (Propos inaudibles) Mais oui.

Après...

Oui. Non, ça dépend. Quand on fait bien ça, toutes les catégories peuvent parler.

Après, il faut aussi qu'il y ait des temps d'action, et ça peut pas être, si je puis dire, uniquement le débat permanent. Mais ce qui est vrai, c'est qu'on a perdu, dans beaucoup d'endroits de notre société, ce rapport au sens. Ca, c'est un point absolument indispensable.

C'est pas moi qui donne la parole, donc elle va, après, repasser. Je réponds aux trois questions et après, je continue. Donc, en tout cas, sur ces deux interpellations, voilà ce que je voulais vous dire.

Je pense que ça se règle pas uniquement en disant : "On refuse le changement, on met plus de moyens", c'est aussi en réinventant une culture du travail qui est différente, et des organisations. Et on a eu une période depuis les années 70 où on a beaucoup mis de technique, un peu taylorisé nos organisations, et on voit qu'on rentre dans une époque où la demande sociale, ce que veulent nos concitoyens, c'est d'avoir beaucoup plus, en effet, de participation, d'apporter sa part de sens et de solution. La deuxième question qui était posée...

Il y a eu ensuite cette réflexion-là. C'était par ici. C'était vous.

Alors, je vais regarder exactement le résultat de cet appel à projet que vous avez rappelé. Ca n'est absolument pas le dernier, et sur le sujet, plus largement, de la psychiatrie, ce ne seront pas, et de loin, les seules initiatives que nous prendront. D'abord, moi, j'ai bien retenu ce que vous avez dit.

Le sujet, spécifiquement des violences, on y travaille avec la ministre et plusieurs de ses collègues, donc il y aura l'objet d'autres travaux avec les associations comme avec les structures hospitalo-universitaires qui y participent. Il y aura donc d'autres appels à projets. Mais sur la psychiatrie, de manière plus large, j'ai demandé à la ministre de préparer une initiative d'ampleur.

Vous avez parlé des psychotraumatismes et du sujet des violences. On sait qu'on a beaucoup d'autres problématiques qui manquent, aujourd'hui, de suivi dans notre pays. On a sous-investi ce secteur depuis des décennies.

Et c'est une partie, aussi, du problème qu'on a dans certains endroits de la république. Et donc, on va réinvestir, c'est-à-dire relancer des appels à projets, et j'ai bien pris note des différences régionales que vous avez dénoncées, point pris, mais je veux aussi qu'on puisse redonner une perspective à la pédopsychiatrie et psychiatrie dans notre pays, parce qu'elles en ont perdu, et que dans beaucoup d'endroits, on a des difficultés, que ce soit celles des victimes de violence, mais que ce soit aussi d'autres difficultés face à certaines pathologies, face à certaines situations dans des contextes familiaux par exemple très dur où la pédopsychiatrie est un élément de réponse, on doit pouvoir réinvestir. Et le monde de la psychiatrie, de l'ensemble des soignants, est, aujourd'hui, en grand difficulté, pas uniquement dans les CHU comme vous avez eu raison de le rappeler.

Donc au-delà de l'appel d'offre...

Je ne peux pas vous donner ce soir une date du prochain appel d'offre, parce que ce ne serait pas sérieux de ma part. Je ne l'ai pas. Il y en aura d'autres, pas simplement sur le sujet des violences, et il y aura d'autres investissements sur le secteur de la pédopsychiatrie.

Mais... (Propos inaudibles) Mais bien sûr.

Alors...

L'hôpital, dans son ensemble... -On n'est plus l'asile que l'on a connu au début du siècle, mais finalement, effectivement, le monde du travail est difficile, le monde familial est difficile, élever des enfants, c'est pas simple...

Au final, personne n'est à l'abri d'arriver en psychiatrie, y compris après un événement heureux. On se dit que la psychiatrie, c'est les fous, c'est des gens qui délirent, mais pas du tout. Il faut venir voir un service d'urgence tel que celui de Charles Perrens à Bordeaux.

Au final, il y a, effectivement, une grande partie de la société qui peut y passer. Il faut pas nous oublier. Les jeunes collaborateurs sont motivés.

Je pense qu'il y a plein de choses à développer, y compris avec le privé. Faire des liens. Il y a pas que l'hôpital. -E.

Macron : Vous avez compris que c'est exactement ce que je vous dis. -Il faut nous déstigmatiser, monsieur. -E.

Macro : Je considère que ce n'est, un, pas stigmatisant. Je n'ai pas la vision de Pinel ou d'un temps ancien de ce qu'est la psychiatrie ou doit l'être en France. Vous avez raison de le dire.

On s'est beaucoup remobilisé sur plusieurs pathologies, mais c'est toute la société. Ce sont en même temps des situations de grande détresse qu'on peut mieux prévenir si aussi on réinvestit. C'est pour ça que je parlais de la pédopsychiatrie.

Moi, je suis frappé de voir beaucoup d'associations de maires qui me disent : "Aujourd'hui, on traite par la délinquance, "par le carcéral, des situations qui auraient pu, "si elles avaient été traitées beaucoup plus tôt, être prévenues, "si on les avait diagnostiquées, identifiées, "dans les services de pédopsychiatries, "si on avait accompagné et traité". Donc c'est pas simplement le reflet de la société, c'est aussi quelque chose qui permet d'éviter certains traumatismes dans la société. Donc je partage totalement ce que vous avez dit et j'ai, à plusieurs reprises, d'ailleurs, dit combien je considérais que c'était un pan qui avait été oublié, parce qu'il a aussi été progressivement séparé du reste de l'hôpital parce que c'est une discipline qui s'est séparée de la neuropsychiatrie avec qui elle était juste après guerre.

Et c'est vrai que ça a eu des conséquences par ricochet, si je puis dire, où ça a été l'un des parents pauvres de, justement, de la faculté et de la médecine. -Monsieur le président, bonsoir. Madame la ministre, bonsoir.

Et bonsoir à madame la député. Je voudrais juste rebondir là-dessus. Il y a la psychiatrie, mais aussi la psychologie.

Et je comprends pas que les soins en psychologie ne soient pas remboursés pour les enfants, parce qu'aujourd'hui, le problème, c'est que si on n'a pas les moyens financiers d'amener nos enfants chez un psychologue, ils n'y vont pas. -E. Macron : Ca dépend lesquels.

D'abord, pour revenir dans ce que disait...

Pardon ? Oui, c'est plafonné. Ben non, mais...

Je vais répondre, mais je vais répondre de deux manières. La première chose, c'est que ça passe par le décloisonnement que madame a appelé de ses voeux. C'est-à-dire que la réponse, elle sera pas qu'à l'hôpital.

Et dans le plan santé qui a été proposé, il y a aussi l'idée d'ouvrir et d'avoir un partenariat bien plus fort qu'aujourd'hui avec les professionnels qui sont en libéral, etc. Ensuite, le sujet...

Et ça rejoint, parce que je connais le sujet, et je vois que certaines, apparemment, l'ont vécu, en effet. Dans certaines conditions très encadrées, il peut y avoir des remboursements. Ces remboursements sont plafonnés et je sais qu'ils ne prennent pas en charge, en particulier quand on va en ville, les dépassements qu'il peut y avoir, les surtarifications...

Si. Non, mais déjà, il y a ça. Non !

Les psychologues, ce ne sont pas des psychiatres. Mais vous pouvez avoir...

Je vais jusqu'au bout de la réponse. Si, si. Je vais aller jusqu'au bout de la réponse.

Dans des protocoles de soins, on le sait très bien, quand ça passe avec des psychiatres, on peut associer des psychologues, mais les psychologues seuls, aujourd'hui, ne sont pas reconnus et ne font pas l'objet d'un remboursement de l'assurance maladie. Ca, c'est clair. Non, mais n'applaudissez pas parce que ça met, je le sais bien, dans des situations difficiles certains professionnels.

Et c'est toute une demande qui a été lancée depuis plusieurs années, et qui a commencé à être concertée par la ministre, de reconnaissance de la profession, de reconnaissance de ces prestations, et de savoir si la bonne réponse, c'est, en effet, l'assurance maladie. Je dis juste, les psychologues, comme réponse seule, aujourd'hui, ne sont pas reconnus, en effet, et ne font pas l'objet d'un remboursement, comme peut l'être la consultation en psychiatrie. Néanmoins, ils sont associés, en particulier dans le cadre hospitalier, dans certains protocoles, et ça ne permet pas de répondre à tout.

Alors, la réponse, elle passe par plusieurs leviers. 1 : réinvestir, comme je l'ai dit, dans la psychiatrie et dans la politique de diagnostic précoce. Ca, c'est la clé. 2 : on n'arrivera pas à répondre en totalité à la chose et donc dans ce que j'ai demandé à la ministre d'ouvrir, et j'en ai parlé quand j'ai annoncé le plan santé en septembre dernier, il y a justement ce décloisonnement et la possibilité de reconnaître la part que l'ensemble des professionnels peut jouer.

Aujourd'hui, il est vrai que ce n'est pas le cas. Moi, j'entends votre proposition qui est la demande, d'ailleurs, de beaucoup de professionnels de l'Education nationale, comme des familles qui ont à vivre ces situations où elles constatent que la consultation chez le psychologue permet de régler des problèmes, évite que ça s'empire. Donc dans le cadre d'une politique de prévention qui est la nôtre, ça aurait beaucoup de sens que ce soit remboursé, en tout cas, qu'il y ait un accompagnement.

Mais dans la consultations propre, même quand elle est recommandée, aujourd'hui, je peux pas vous dire le contraire, c'est vrai que pour la situation que vous décrivez, il y a pas de réponse. Donc l'objectif qu'on s'est fixé, c'est, pour l'automne, de finaliser ces travaux et cette concertation pour qu'il puisse y avoir une réponse et qu'on puisse reconstruire les bases d'une ambition sur la pédopsychiatrie, la psychiatrie, et donc en donnant une place aux professionnels que sont les psychologues parce qu'ils en ont une. Et c'est très cohérent avec ce qu'on fait par ailleurs en matière de santé, avec d'autres professionnels soignants qui ne sont pas forcément des médecins, qu'ils soient d'ailleurs libéraux ou hospitaliers, mais qui ont une place et qui ont pu être reconnus dans certains protocoles.

Voilà. Donc c'est la réponse complète que je voulais faire, mais je sais l'impatience qu'il y a sur ce point et les situations auxquelles ça peut conduire. Néanmoins, j'insiste aussi sur ce point : allez dans les dépistages et les diagnostics parce que le diagnostic psychiatrique et pédopsychiatrique est sous-utilisé.

On l'a systématisé pour les très jeunes enfants, en particulier pour l'autisme, mais il est encore insuffisamment utilisé par les familles, parfois les associations et les professionnels éducatifs. Je réponds juste à la dernière question, car il y en a plein d'autres donc je vais laisser le micro. Sur la question que vous avez posée et le travail que vous faites et qui est fait dans l'Education nationale et sur lequel on doit aller plus loin.

Je reviens pas sur le sujet que vous avez évoqué et qui est traité avec madame la député. Sur, en tout cas, l'idée qu'il faut sensibiliser les enfants sur le sujet des violences, sur le rapport à l'autre, pas simplement dès le collège, mais dès l'école primaire, c'est exactement ce qui a été travaillé après les initiatives qui ont été lancées en novembre 2017 entre la ministre et le ministre de l'Education nationale, il y a tout un travail qui a été fait aussi de formation, et une circulaire qui, en septembre ou octobre...?

Septembre, a été prise pas le ministre de l'Education nationale, pour qu'en primaire, ce soit systématisé. La question est ouverte pour la maternelle. Ca n'est pas le cas aujourd'hui.

Certains considèrent que c'est trop tôt, que ça peut ensuite conduire à des discussions qui sont plus difficiles. Moi, il m'appartient pas d'en juger. il faut aussi que là, il y ait des professionnels du monde de l'éducation qui s'y portent, mais je pense que c'est une vraie avancée d'avoir cette sensibilisation dès l'école primaire, de pouvoir avoir cette discussion et cette formation.

Alors, là, c'est prévu dans le cadre de l'école et à l'école. Donc d'abord, on va former, et ça fait partie des points auxquels tient la ministre, et ça sera intégré à la formation des maîtres de pouvoir former et accompagner. Ensuite, ça fait partie des sujets sur lesquels aussi on met en place ces plateformes d'accompagnement des enseignants quand ils ont des difficultés et qu'ils sont confrontés à des difficultés.

Parce qu'un enseignant peut aussi se retrouver confronté à une difficulté familiale qui est importée à l'école. Donc certains savent répondre, d'autres non. Et après, il y a la possibilité de faire, aussi, intervenir des associations qui sont spécialisées comme, en particulier, celles que vous évoquiez et qui sont aidées par le ministère.

Et donc ça, c'est dans le cadre qui est décidé par le maître, enfin, en l'espèce, généralement, c'est l'inspection d'académie et la direction de l'école qui décident des associations qui sont homologuées et peuvent intervenir dans le cadre scolaire. Allez-y. Cela dit, je suis en train de complètement casser le déroulé qui était prévu.

Je faisais juste...

Non, il y avait mademoiselle qui levait la main donc...

Bon. Après, je vous laisse donner la parole. -Bonjour. -E.

Macron : Non, non, non. Pardon. Oui. -Je suis désolée.

Je vais être dans le thème précédent, parce que j'ai pas pu poser ma question tout à l'heure. Donc je suis désolée de décaler un peu. Alors je vais peut-être laisser dans ces cas-là... -Je suis désolée de pas vous avoir laissé la parole, mais il y avait plein de mains qui se levaient.

Allez-y, maintenant que vous l'avez. -Donc je me présente. Je suis élève de 3e au collège Alouette.

C'est pour ça que je suis désolée si mes propos sont un peu décousus par manque de vocabulaire par rapport à toutes ces femmes. -Ca va aller. On va comprendre. -J'avais deux choses à dire.

La première chose à propos de l'éducation des garçons, en tout cas au collège, de ce que je vis moi. Les garçons ont quelque chose d'un peu sexiste sur les bords parce qu'ils sont habitués à traiter les filles avec des mots dont ils connaissent pas le sens, mais qu'on leur a jamais interdit de dire. Je vais pas les dire maintenant, mais... -Je crois qu'on a tous compris à quoi vous faites référence. -Alors qu'ils savent pas ce que ça veut dire et que c'est pas justifié.

La 2e chose, c'est par rapport à ce que la dame disait sur les femmes sans-abri. Les femmes sans-abri ont notamment...

Bon. Les femmes ont déjà un problème que les hommes n'ont pas, c'est qu'elles ont leurs règles. C'est un projet abordé, du coup.

Les femmes sans-abri n'ont pas de budget pour payer leurs protections hygiéniques et n'ont pas l'argent, mais c'est quelque chose que nous, les femmes, on ne contrôle pas donc on peut pas choisir de les avoir ou non. Donc on est obligé d'avoir des protections hygiéniques, et on peut pas toutes se les payer. Du coup, ça rentre un peu dans les finances, mais c'est pour rebondir sur ce que la dame disait...

Je pense que ça serait bien de donner un moyen à ces femmes qui n'ont pas les moyens de s'acheter des protections hygiéniques parce que ça dépense beaucoup d'argent. Ca revient chaque mois et c'est très cher. Donc voilà. (Applaudissements) ... -Bravo pour votre intervention. -E.

Macron : Sur ce sujet, vous avez parfaitement raison. C'est ce qui conduit, d'ailleurs, enfin, c'est ce qui nous conduit de plus en plus à développer des centres d'accueil, d'hébergement qui soient soit complètement séparés soit réservés aux femmes. Il y en a encore trop peu.

Et donc ça, c'est une initiative qu'on est en train de systématiser et sur laquelle il faut aller plus loin parce qu'il y a, en effet, les situations que vous décriviez. Et ce dont vous êtes en train de parler, ces centres, ces associations, ben, elles fournissent, en effet, tout ce dont ces femmes qui sont à la rue ont besoin. Que ce soit en période de règles ou pour leurs soins intimes ou pour pouvoir avoir une vie de femme.

Ce qu'on est en train de lancer, ce que les ministres ont lancé, c'est aussi une expérimentation dans la région Grand Est pour qu'on puisse aller au contact de ces personnes qui sont à la rue et leur apporter, justement, tout le nécessaire. Donc vous avez parfaitement raison de le dire et c'est vrai que le film récent, "Les invisibles", a beaucoup mis en lumière, je sais que vous en avez parlé juste avant que j'arrive, cette situation. Enfin, ces femmes, en particulier, qui sont à la rue ou vivent ces vies brisées et les réalités que vous venez de décrire, il faut aussi les dire et apporter une réponse.

On m'a donné un papier après ma réponse pour me rappeler une chose. J'ai dit qu'on avait lancé la réflexion, le travail, pour améliorer les choses entre psychiatrie et psychologie. Alors, ça vous concerne pas directement, mais c'est pour montrer le sérieux du travail qui est fait.

Ce que je vous décrivais commence à être expérimenté. C'est l'expérimentation Ecoute-moi qui a prévu la prise en charge de 12 séances de psychologie pour des jeunes en souffrance. Et c'est fait dans trois régions : Ile-de-France, Pays de la Loire et Grand Est.

Non, non, je sais bien. C'est pas un scoop que je vous donne pour la région Nouvelle-Aquitaine, mais ça montre que ces choses-là sont en train d'avancer et que ça va nourrir la réflexion plus large que j'évoquais tout à l'heure. Voilà. -Je vous avais dit en préambule que le rôle de co-animatrice était un rôle ingrat parce que je sais qu'il y a plein de personnes qui veulent poser des questions et pourtant, on va quand même passer au sujet d'après parce que sinon, on va se coucher trop tard.

Donc on va avancer. Ce que je vous propose, c'est que, jusqu'à présent, on a abordé les services publics pour savoir comment on pouvait les rendre plus proches, plus simples, plus transparents et on va ouvrir une page pour savoir comment on pourrait les financer. Ca me paraît important.

L'idée, aujourd'hui, c'est de se dire que, globalement, la dépense publique, notre dépense publique, elle contribue, à la fois, au fonctionnement de ces services publics, elle contribue, également, au financement des prestations, au financement des aides sociales, également à certains grands projets d'avenir, on peut parler de recherche, de culture, d'entretien de nos infrastructures et la dépense publique contribue aussi au remboursement des intérêts de notre dette. On sait que, ces derniers mois, la question du consensus à l'impôt à été posée, or la dépense publique est financée par l'impôt et par les cotisations sociales. Donc on a une question de consensus à l'impôt qui a été posée et on a aussi également, une question sur notre modèle social qui, lui aussi, a été interrogé puisqu'il est à la fois jugé insuffisant par certains, trop cher par d'autres, pas assez efficace encore par d'autres...

Et donc ce que je vous propose dans cette 2e phase, dans ce 2e thème, c'est de faire émerger des idées pour faire évoluer notre fiscalité, nos dépenses publiques et je dirais, par conséquent, notre modèle social. Si je pose des questions de manière un peu plus précise, ça serait : selon vous, comment est-ce qu'on pourrait rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Est-ce que vous avez des idées sur des impôts qu'on pourrait baisser en priorité, sur des économies qui vous semblent prioritaires ou, à l'inverse, est-ce que vous voyez des nouveaux services publics qui pourraient être importants pour vous et est-ce que vous avez une idée de comment les financer ?

Donc on repart. Qui a envie de parler sur ce sujet-là ? Vous me promettez que vous parlez du thème deux ?

OK. Alors, on y va. Je vous donne la parole. -Bonsoir.

Si on m'avait dit que j'allais être face à M. Macron ce soir, j'y aurais pas cru. Mais quand je l'ai vu à BFM tout à l'heure, j'ai dit : "Je prends ma voiture et j'y vais "parce que moi, je vais lui parler ce soir." Donc, monsieur le Président, parce qu'on m'a bien élevée, donc je dis "M. le Président"...

J'ai une phrase qui me guide dans ma vie et qui est "Hablando se entiende la gente". Ce qui veut dire en français "C'est en parlant que les gens se comprennent". Donc, effectivement, vous avez lancé un Grand Débat pour qu'on vous apporte des thèmes, non, les thèmes, vous les avez donnés, des solutions.

Alors on n'a pas tous fait des grandes écoles...

Des solutions, on en a parce qu'on vit... on vit au quotidien des situations graves.

Moi, je suis privilégiée, mais je vois autour de moi des gens qui souffrent. Et notamment...

Moi, l'ISF, je suis d'accord avec vous. 4 milliards de plus ou de moins ça fait pas grand-chose. S'ils les investissent, tant mieux, s'ils les investissent pas, il faudra leur taper dessus.

Taxer les pauvres à 1 euro alors qu'ils en ont déjà pas, je sais pas si c'est le moment de le faire. Je pense qu'il va falloir attendre un peu. Et moi, M.

Macron, j'ai un petit service à vous demander. Et je pense que là, votre Grand Débat, si vous avez envie de faire un petit effort pour les Français, ils peuvent faire un grand pas. Juste, vous parlez de lien, de contact...

Moi, M. Macron...

Je suis pacifique, ne vous inquiétez pas. Moi, M. Macron, j'ai un petit cadeau pour vous parce que depuis le 17 novembre, je suis gilet jaune. (Acclamations) Je suis gilet jaune, M.

Macron. Et j'ai envie que vous le soyez avec nous. -Bravo à vous. -Je ne vais pas me déshabiller.

Ne vous inquiétez pas. Là, je suis un peu émue, quand même, je vous l'avoue. -E.

Macron : Je vais vous le rendre. -Au moins, M. Macron...

Et j'espère que BFM... -E.

Macron : Je vais vous le prendre. Je vais vous le prendre, mais je le mettrai pas. -M.

Macron, nous sommes toutes des femmes ici et je pense que vous devez faire plaisir aux dames. S'il vous plaît. Vous ne pouvez pas refuser à une dame.

Non. Regardez, M. Macron.

Regardez ce que l'on va faire. Ecoutez-moi. Ayez confiance.

Ayez confiance en moi. Je ne vais pas...

Tenez, Mme Schiappa. Je ne vous porte pas dans mon coeur non plus parce que vous avez des phrases, des fois, qui me déplaisent. Mais bon, je suis là quand même. -E.

Macron : Je suis le président de toutes les Françaises et de tous les Français. Mais j'ai le droit de ne pas mettre un collier gilet jaune et de ne pas mettre un gilet jaune. -Moi, je dis que si vous voulez réconcilier les Français, acceptez, ne serait-ce que ce soir, avec les Bordelais et les Bordelaises, d'être avec nous dans le coeur, d'être dans notre coeur.

Honnêtement, je pensais pas que je pourrais vous parler. Oh là, en plus, il me touche. Je vais me faire haïr par mes gilets jaunes. -E.

Macron : Non, mais je vais vous dire. Ce débat, pour moi, il est très important. Et c'est important que vous puissiez dire les choses.

Je veux bien le prendre si vous me faites un cadeau. -Il faut que vous le portiez quand même. -E.

Macron : Je ne vais ni porter le gilet jaune ni porter... parce que... -Vous allez pas le jeter ? -E.

Macron : Pardon ? -Vous allez pas le jeter ? -E.

Macron : Non. Si vous me l'offrez, je le prends parce que je vous le dis je suis le Président de toutes les Françaises et de tous les Français. Mais je ne vais pas dire "J'appartiens à un groupe". -C'est pas une question d'appartenance.

C'est une question de faire un geste pour dire "Je vais vous entendre, "et je vais vous écouter surtout". -E. Macron : Je l'ai fait ce geste. -On vous voit. -E.

Macron : Il y a une réponse qui a été apportée de 10 décembre. -Non, pas les 10 milliards d'euros, s'il vous plaît. -E.

Macron : Non, mais pardon, enfin. -Non, pas ça. -E.

Macron : Mais si, c'est une vraie réponse. Non, mais... -Je pense pas. -E.

Macron : Mais moi, je crois que si. Et je pense qu'il faut que vous demandiez aux gens qui ont touché, le 4 février dernier, la prime d'activité si c'est pas une réponse qui peut changer leur vie. Voilà. -Et on en connaît beaucoup qui l'ont pas touchée. -E.

Macron : Peut-être qu'ils n'y ont pas droit. Demandez aux gens qui vont toucher, à partir de mai, la réparation sur la CSG qui a été décidée et demandez...

Voilà, donc ce sont de vraies choses. Vous pouvez pas me dire 2 E enlevés là, c'est terrible et je vais dans la rue, l'augmentation, c'est terrible et de dire 10 milliards, c'est rien. -Le problème, M.

Macron, vous voyez, quand je vous faisais signe, je me suis dit "Il est peut-être abordable et vraiment sincère", mais là, quand vous parlez comme ça, je me dis qu'on arrivera à rien. Vous avez pas envie de nous entendre. Allez chez les gens.

Allez chez les gens et mangez. Elles sont là, elles ont été invitées. -On s'était mis comme règle l'écoute et le respect.

Et on avait parlé aussi d'intervention rapide. -E. Macron : Ce que je veux vous faire comprendre...

Moi, j'ai lancé ensuite, en début d'année, un exercice inédit, celui de ce Grand Débat qui est en train de se faire partout en France. Bon. Et où il y a des choses qui s'échangent, des désaccords, des accords, des choses qui sont partagées.

Très bien. Et des décisions seront prises et j'ai pris des engagements. -Mais vous avez pas les remontées exactes.

J'étais à un Grand Débat samedi matin, dans la ville de Marcheprime. OK ? -E.

Macron : Alors, allez-y. -On a tous parlé. On a parlé.

Et à la fin du Grand Débat, donc la personne LREM qui organisait la chose nous a dit : "Ben, voilà, merci d'être venus, "nous vous avons entendus, "maintenant, il serait temps d'arrêter de manifester". C'est pas comme ça qu'il faut parler aux Français. Vous les aurez pas comme ça.

Vous les aurez pas comme ça. -Vous exprimez un point de vue qui n'est pas partagé. -E.

Macron : Les remontées, ça n'est pas ça. Ce ne sont pas des solutions, ça va pas régler la vie des gens. -C'est une fois dans sa vie qu'on peut parler au Président. -Vous n'êtes pas seule.

Regardez toutes les femmes. -Je l'ai séduit, il m'a vue. Il s'est dit... -Elles sont beaucoup à attendre.

Je vais vous prendre votre micro. -E. Macron : Les remontées dont on a besoin, ce sont des propositions, des idées.

Je vais revenir sur ce que vous venez de dire qui en sont. C'est ça. Et là, pour le coup, si vous n'avez pas confiance dans les personnes qui organisent les débats, je le dis vraiment pour toutes et tous, vous êtes, vous pouvez, vous-mêmes, organiser des débats.

Non, mais vous vous inscrivez sur le site ou vous vous inscrivez sur l'organisation d'un débat physique, vous le faites remonter. Il y a même des huissier qui sont prévus sur le terrain. Il y a une procédure sur le site, c'est tracé, la ministre est en charge. -Je travaille dans les instituts de sondage.

Donc les algorithmes que vous avez mis en place pour traiter le Grand Débat... -E.

Macron : Je vous parle même pas d'algorithmes. -Ca va rien remonter. Ca va remonter que des mots.

Allez, sur ce, la dame, elle veut récupérer, elle a les boules. -E. Macron : Non, mais je vais vous dire... -C'est le gilet jaune du 33. -E.

Macron : En tout cas, je suis très content que vous soyez là. Ce qui montre que tout le monde doit être dans les débats et parler, proposer. Et moi, je crois au dialogue, comme vous l'avez dit. -C'est la seule chose qui nous fera sortir de là. -E.

Macron : Je considère et j'ai toujours respecté tous les Français, je n'ai jamais été, je n'ai jamais stigmatisé celles et ceux qui ont décidé de mettre un gilet jaune. Mais de la même manière, je n'ai jamais voulu tomber dans la démagogie qui consiste à dire : "Je vais mettre un gilet jaune ou je vais porter ce badge". -Je ne le porte pas non plus.

Je le porte pas, je les ai achetés. Et je me suis dit : "Je lui en offre un". -E.

Macron : Mais c'est une part... -Bonne continuation. -E.

Macron : Merci à vous. Je vais quand même vous répondre parce que, sur l'ISF... -Désolée, Mme Schiappa, je peux pas. -Moi, je vais récupérer votre micro.

Merci. -E. Macron : C'était quoi...

C'était quoi, vos propositions ? Sur l'ISF, je suis assez...

Je suis d'accord avec votre truc qui consiste à dire si...

Si le résultat...

Non, mais je réponds. -On est sur l'ISF, madame. -E.

Macron : Elle a dit quelque chose qui est assez juste qui était de dire...

Viens. Tu peux venir aussi. Tu veux le gilet jaune, toi ? -Ah non. -E.

Macron : Non, non, non. -Si j'apprends un jour que vous l'avez donné... -E.

Macron : Non, non, je vais le garder. Donc l'ISF, vous avez fait un bon résumé. Il faut que ce soit investi.

Donc c'est pour ça qu'il faut évaluer ce qu'on fait. Il faut l'évaluer. Mais c'est pas vrai. -S'il vous... -E.

Macron : Ben, il s'améliore, en ce moment. Il est en train de s'améliorer, mais il faut l'évaluer. Allez, on continue, on va tourner.

Et par contre, je veux vous rassurer, ce que vous avez résumé par "taxer 1 euro les plus modestes", ça n'est pas... on verra ce qui remonte du débat, mais c'est pas l'idée que je m'en fais parce qu'on oublie de dire que les plus modestes, quand ils achètent ce qu'il faut pour se nourrir, ils paient la TVA et donc c'est une taxe, que quand ils touchent des revenus, même quand ce sont des revenus de remplacement, comme on les appelle, ils paient la CSG, la CRDS.

Donc voilà. Après, on voit bien que la crise que nous vivons, c'est celle que vivent nos concitoyens qui travaillent, parfois dur, et dont ils ont le sentiment que ce travail n'est pas assez reconnu, pas assez valorisé, pas assez rémunéré. Voilà.

Donc ça fait partie des réponses. Merci. -Alors.

Merci pour cette intervention. Ce que je vous propose, c'est qu'on fasse circuler un petit peu la parole et qu'on essaie de garder nos deux minutes comme on s'y était tous engagés. Je vais donner.

Ah...

Vous partez ? Mais vous avez déjà parlé, madame. Juste une seconde. -E.

Macron : Ah, ben, parce qu'il y en a qui vont...

Il y en a qui vont protester, là. -Juste pour une piste. Ca serait bien de faire baisser les taxes.

Voilà. Ca, c'est ce qui touche tout le monde. Et, en même temps, ça serait bien de remettre des associations en fonction.

C'est ce qui permet de créer du lien entre les citoyens et qui permet d'aider l'administration dans des tâches. Il y a des gens qui, dans les associations, peuvent aider, accompagner pour faire des papiers, des tâches administratives et ça décharge l'administration. Ce qui fait que, quelque part, comme c'est du bénévolat, c'est du gagnant-gagnant, quoi. -Merci pour cette intervention.

Madame. -Bonjour. Je vais être très rapide.

Pour répondre à la problématique économie du service publique. Alors, 1 : on pourrait faire, peut-être, de l'itinérant pour le rural ou on pourrait employer des jeunes du rural. Ca répondrait aux problématiques des gilets jaunes que j'entends bien.

Elles sont très importantes. 2 : Ce qui concerne les personnes qui sont sans domicile fixe, ben, il y a beaucoup de logements inoccupés. Et je voudrais aussi qu'on parle des squats parce que les squats, c'est pas que les squats à punks.

Il y a beaucoup d'associations, beaucoup de gens bénévoles, qui s'investissent dans nos régions. Pessac, Talence, Gradignan...

Il y a vraiment des gens qui font un boulot formidable pour les émigrés et je crois que là, il y a un énorme boulot, M. Macron, M. le Président, pardon, à faire...

Voilà, j'aime autant dire "M. Macron". Et c'est pas un manque de respect.

Donc je crois que, vraiment, les squats, il serait temps qu'on arrête, quand on parle de squats, que tout le monde pousse des hauts cris et dire : "Mon Dieu, qu'est-ce que c'est que ces gens ?" Oui, ces gens-là, des fois, ils sont un peu crades, ils laissent traîner des choses parce qu'ils sont dans une telle souffrance qu'effectivement, c'est pas dans leurs préoccupations. Et que cette souffrance humaine, elle est inacceptable et que, vraiment, on soit en solidarité.

Dernier point pour répondre à mademoiselle. Par rapport, effectivement, aux règles...

Bon. Moi, maintenant, je suis ménopausée, je ne suis plus concernée. Mais j'ai appris, grâce à mon fils Gaëtan, qu'il existe un dispositif qui s'appelle la coupe menstruelle ou la mooncup.

Et plutôt que mettre des serviettes périodiques polluées, dégueulasses, des tampons qui assèchent, effectivement, les vagins, et qui sont plein de pesticides, il serait temps, vraiment...

Beurk, c'est dégueulasse de parler de ça. Hein ? Mais c'est important, mesdames, d'en parler. -On est toutes concernées. -Par rapport à ça, pensez...

Alors, la coupe menstruelle, ça coûte 30 euros, ce n'est pas polluant, ça ne pose aucun problème et il y aurait de sacrées économies à faire. Merci. -Merci pour ces pistes d'économie.

Très bien. Est-ce qu'on a plein d'autres personnes qui ont envie de parler de dépenses publiques ? -Merci.

Bonjour. Je suis Sophie Marvaud. Je suis à la fois auteure, scénariste et prof dans une école de cinéma.

Et donc je voulais vous parler de culture. C'est un sujet, j'espère, enfin, je suis certaine qui vous tient à coeur. Et je vous avoue que, jusqu'à présent, j'ai trouvé que la culture était un petit peu oubliée dans votre politique.

Alors que moi, je me suis engagée pour la première fois en politique grâce à vous parce que, en particulier, je pensais que dans tous les drames que vit notre pays, la culture est un combat essentiel à mener. Et puisqu'on est dans le sujet de la justice des dépenses publiques, je voudrais juste attirer votre attention sur le fait qu'en matière de culture, il y a des subventions qui sont données par l'Etat dans le cadre, par exemple, du Centre national du livre ou du Centre national du cinéma et que, je pense, que ça serait très judicieux qu'il y a une vraie parité dans l'attribution de ces subventions pour faciliter aussi les créations faites par des femmes. Je veux juste citer La FEMIS, qui est une école de cinéma où il y a une majorité de jeunes femmes qui sortent, qui sont réalisatrices.

Et ensuite, au fil des années, elles n'ont pas les mêmes opportunités, elles n'ont pas les mêmes expériences, et on se retrouve après, à Cannes, avec beaucoup de difficulté pour avoir des films de femmes. Même si, je tiens à le dire, la France a quand même une action extraordinaire qui attire des femmes d'autres pays. Et je crois qu'il faut aussi dire ce qu'il y a de positif dans notre pays.

Même si je pense que c'est pas une raison, on peut faire encore beaucoup mieux. Merci. -Merci, madame, pour votre intervention.

Madame en rouge, au fond. -Merci. Bon.

Alors moi, j'ai fait un petit papier. Donc bonjour à tout le monde, bonjour, M. le Président, bonjour, Mme Schiappa, bonjour, Mme Couillard.

Je vais parler plus fort parce qu'on ne m'entend pas. Donc moi, je suis Brigitte Massicault. Je suis présidente d'une association qui s'appelle Imagyn : Initiatives des Malades Atteintes de cancer Gynécologiques.

C'est une association nationale qui vient d'être récemment agréée par le ministère de la Santé et des Solidarités. Et je pense qu'en termes de santé publique, il y a, dans notre cas, des économies à faire. -E.

Macron : Pardon. Vous parlez d'un sujet grave. Je voudrais juste, par respect mutuel, je demande à la fois aux médias qui sont là et à madame.

Madame, excusez-moi. Je crois que tout le monde a été d'une grande courtoisie avec vous, moi, le premier. Vous avez décidé de venir dans un débat, vous m'avez interpellé...

Non. Je vous ai répondu. Non, mais il faut être collectivement respectueux les uns des autres.

Et donc. Non, mais venez. Mais revenez au débat.

Mais revenez au débat. Et je demande aux journalistes qui sont là...

On n'est pas dans un show télévisé où il y a des bêtes étranges qui sont plus intéressantes. Madame parle de sujets graves. On les aborde.

Donc moi, je vous invite à reprendre votre place comme on le fait tous. Mais je trouve que c'est collectivement pas correct. -Je pense qu'elle vous écoute pas. -E.

Macron : Mais, très sincèrement, moi, je trouve que vous n'êtes pas corrects et les médias les premiers. C'est pas une interview de madame, c'est un débat. Mais très bien, mais revenez là.

Et vous l'interviewerez après. Madame, elle parle de problèmes graves. On n'est pas là pour faire le show en parallèle.

Je vous en prie. A vous. Pardon. -Merci, M. le Président.

Donc en termes de santé publique, je pense qu'il y a des économies importantes à faire. Et je m'explique. Les cancers dus à l'infection par papillomavirus touchent chaque année en France plus de 6 300 personnes par an.

C'est les sources OMS 2017. Alors il y a les cancers du col, mesdames, nous sommes tout à fait concernées et on est toutes concernées, Il y a eu, l'année dernière, 2 917 cas. Il y a également les cancer de l'anus : 1 457 cas.

Les cancers ORL, les hommes sont aussi concernés, 1 681 cas et ensuite, les cancers de la vulve, du vagin et du pénis. 277 cas. Pour une mortalité par an, en tout, de 2 900 personnes dont 1 100 personnes uniquement par le cancer du col de l'utérus dû à l'HPV, human papillomavirus.

Alors, il y a un moyen d'éviter et d'éradiquer complètement cette maladie par une campagne de vaccination qui toucherait les filles et les garçons, car nous voyons que ces cancers ne touchent pas que les filles. Et en plus, les garçons sont porteurs sains quand il s'agit du cancer du col. En France, simplement 20 % des filles, uniquement des filles sont vaccinées.

Je vous parle pas des garçons. C'est 0,001 %. Et encore, certains homosexuels demandent à être vaccinés.

Il faudrait carrément qu'ils disent "Je suis homosexuel" dans la pharmacie pour qu'on accepte de leur rembourser le vaccin. L'exemple de l'Australie est le plus parlant. Dès 2017, des campagnes de vaccination publique des jeunes filles et des jeunes garçons ont été instaurées dès l'âge de 12 ans avec une couverture vaccinale qui atteint, maintenant, 80 % des Australiennes et 75 % des petits Australiens.

La circulation du virus et donc tout nouveau risque d'infection et de cancer dû à l'HPV devrait cesser selon les modérations... les modélisations épidémiologiques.

J'ai pas pris mes lunettes. Excusez-moi. Il y a, à ce jour, plus de 20 pays recommandant la vaccination filles ou garçons.

Parmi ces pays, en Europe : l'Allemagne, la Grande-Bretagne, le Danemark, la Finlande, l'Irlande, l'Autriche, la Suisse, l'Italie, la Croatie, la République Tchèque, la Norvège et la Belgique. Sur les autres continents, je ne vous citerai que les Etats-Unis, le Canada, l'Argentine, le Brésil, la Nouvelle-Zélande, Israël et il y en a beaucoup d'autres. Donc nous commençons à être bien seuls en Europe, d'autant que nous n'avons aucune date de publication de recommandation de cette sorte en France.

Nous savons que l'HAS a été saisie récemment. A quand sa réponse ? Peut-être dans deux ans.

Il avait déjà été saisi il y a deux ans. Ca a été mis sous un courrier, enfin, sous une pile et on en entend plus parler. Donc il faudrait peut-être contrebalancer ces chiffres avec le coût des vaccins...

Et des anti-vaccins parce que je sais qu'il y en a forcément ici ce soir. Je suis attaquée très, très régulièrement. ...le coût des vaccins avec celui des maladies.

Combien coûte à la santé publique, et donc aux contribuables, une année seulement de traitement du cancer du col de l'utérus, des cancers ORL liés à l'HPV ? Combien coûtent les soins, les suivis, les retentissements physiques et moraux de ces pathologies ? Quand la France prendra-t-elle la décision contre les anti-vaccins ?

Parce qu'on sait que les anti-vaccins en France, ils ont une puissance de votre très importante. -Je vous ai dit que mon rôle était ingrat, madame. Je vais vous demander d'aller à la fin.

Merci. -Quand la France prendra-t-elle la décision de mettre ces chiffres en avant ? Et puis, je voudrais vous dire que ce soir, je suis venue, je vous remercie, M. le Président, également, d'être venu nous écouter, nous, les femmes.

Je suis venue. Je suis aussi malade, malade depuis 6 ans et demi, je coûte très cher à la société et ça aurait été bien, si, effectivement, on pouvait coûter moins cher à la société en vaccinant. Voilà.

Simplement. (Applaudissements) ...

Merci, madame, pour votre témoignage. On va bientôt passer au troisième thème qui est le thème de la transition écologique. Et donc, ce que je vous propose, c'est qu'on va prendre une dernière question.

Est-ce qu'il y a une question qui peut rajouter quelque chose au débat, s'il vous plaît ? -Merci beaucoup. Bonsoir, M. le Président, madame la ministre, bonsoir à tous et à toutes.

Je voudrais parler d'un sujet qui, normalement, devrait fédérer tout le monde ce soir y compris nos chers médias qui ne nous laisse pas souvent la parole, je voudrais parler des enfants. Des enfants. Ca rejoint le thème qui vient d'être évoqué, ce sont les enfants qui décèdent chaque année sous les coups du cancer.

Vous ne savez peut-être pas, mais dans notre pays dit civilisé, il y a 500 enfants chaque année qui décèdent du cancer. Ce qui représente pas moins que 20 classes d'école. Chaque année, imaginez, Mohamed Merah, il tue, il tue et il retue.

Et pourquoi ? On ne sait pas trop. On a quelques pistes.

La recherche patine parce que les moyens manquent. Alors certes, M. le Président, l'Etat a concédé un pas de géant vu qu'on partait de très bas.

On partait de miettes puisque 5 millions d'euros ont été octroyés à la recherche sur les cancers de l'enfant grâce au soutien de députés, notamment En Marche, mais de tous bords, notamment M. Benoît Simian, député de Gironde. J'avais rencontré, aussi, madame quelques mois plus tôt.

Donc 5 millions, c'est bien, mais c'est encore très peu. Et nos entretiens récents avec l'INCA le prouvent, on peut pas lancer énormément de projet sur la recherche avec 5 petits millions, il en faudrait 15 à 20, comme l'ancienne député de Gironde, Mme Martine Faure, l'avait recommandé par ses travaux parlementaires. Donc ça, c'est la première requête par rapport aux dépenses.

Je pense qu'il est vraiment nécessaire et vital qu'un pays comme la France s'intéresse à l'avenir de ses enfants puisqu'il y a 14 millions d'enfants en France et aucun, je dis bien aucun, personne ici n'est à l'abri, un jour, de voir sa famille détruite comme la mienne. Moi, j'ai perdu ma fille, il y a 8 ans. Si elle avait été diagnostiquée aujourd'hui, elle aurait eu aussi peu de chance de s'en sortir.

Je ne vous dis pas les dégâts que c'est psychologiquement pour les familles, pour les amis, pour les parents, les petits enfants, les camarades...

Et on n'a pas moyen de se dire : "Qu'est-ce que j'ai fait "qui aurait pu éviter cela ?" On ne sait pas. Ca, c'est le 1er point, c'est la recherche.

Il y a d'autres choses par rapport aux familles d'enfants malades de maladies rares ou de cancer, c'est au niveau du capital décès. Je vais parler d'un sujet, voilà...

Il y a 500 enfants chaque année qui repartent dans un petit cercueil. Et il y a un capital décès public qui existe quand on perd un conjoint de l'ordre de 3 415 euros. Et, malheureusement, aujourd'hui, quand on perd son enfant, c'est la double peine.

On n'a rien. En tant que présidente d'association...

Je suis désolée, je me suis pas présentée. Je suis Corinne Vedrenne, de l'association Eva pour la vie. Il ne se passe pas une semaine sans que je fasse un chèque pour aider une famille ou une assistante sociale qui nous interpelle parce que beaucoup de familles ont honte.

Faire un chèque pour qu'un petit enfant ait, au moins, une sépulture décente. Donc ça serait bien que ce capital public de 3 415 E soit étendu aussi à un enfant, à la perte d'un enfant. Autre chose : les cagnottes Leetchi, etc., se multiplient de la part de parents qui veulent tenter des traitements à l'étranger, traitements qui ne sont pas du charlatanisme, mais qui peuvent donner une voie curative à l'enfant.

Il y en a notamment au Mexique. Ce n'est pas du tout pris en charge en France alors qu'en Allemagne et en Italie, ça l'est. Et de ce fait, il y a des familles qui s'endettent ou qui lancent des cagnottes.

Nous, pareil. Les associations, on aide comme on peut, mais ça ne suffit pas du tout. Donc il faudrait pouvoir aider ces parents.

Je vous assure, quand votre enfant vous dit sèchement, je l'ai vécu, "Il n'y a rien à faire. C'est pas opérable. "Ce n'est pas curatif. "Il vous reste 6 à 12 mois, créez-vous des souvenirs", ce n'est pas acceptable.

Donc si on a un petit espoir, même 1 % à l'étranger, on essaie de le saisir. Donc il faudrait aussi voir à ce niveau-là et également au niveau de la prise en charge des enfants, que ce soit humain ou au niveau des traitements dans les hôpitaux. Il n'est pas le même partout.

J'ai vu des choses ici, dans le service oncologie-pédiatrique de Bordeaux-Pellegrin que je ne souhaite à personne. Il est vrai que ça s'est un peu arrangé au niveau humain, mais il faudrait pouvoir mettre des audits, des choses en place pour que ça se passe bien pour tous les enfants. Et pour des choses aussi bénignes aussi.

Ca peut sembler bénin, mais l'alimentation aussi...

Si vous voyez ce qu'on sert aux enfants dans certains hôpitaux...

On dit toujours : "L'alimentation, c'est la santé". Quand on est malade, récupérer par un plat consistant, c'est très important, mais, malheureusement, ce n'est pas le cas dans beaucoup d'hôpitaux. Je pense que ça aussi, c'est facile à mettre en place.

Des menus qui soient adaptés à la pathologie des enfants, à leurs allergies, etc., pour qu'ils puissent se rebooster à ce niveau-là. Voilà, il y a quatre pistes sur lesquelles j'aimerais qu'on puisse discuter, voir prochainement.

J'ai tout un dossier pour vous ici. J'ai également, non pas un pendentif, mais un petit nounours à vous offrir ainsi qu'à Mme Schiappa, qui connaît notre association via Maman travaille. Mme Macron a déjà un nounours.

Ca lui en fera deux, il se sentira moins seul. Voilà. Merci beaucoup de votre attention. (Applaudissements) Mais je compte sur vous.

Je voudrais vous voir prochainement. Vraiment. Il y a des pistes de budget, il y a plein de possibilités.

Même M. Trump a dit récemment qu'il allait débloquer 500 millions de dollars sur 10 ans. Si un personnage comme lui, je resterai digne dans mes propos, estime que le sujet en vaut la chandelle, je pense que vous, vous pouvez y aller.

Et on a vraiment des pistes à vous proposer. Je vous remets un dossier avec des choses, des lettres, Donc ça, c'était mes petites notes. On est vraiment à votre disposition pour faire avancer ça parce qu'un pays qui s'occupe de ses enfants, c'est un pays qui vaut le coup.

Merci beaucoup. Merci. Merci. -Merci, madame, pour votre intervention, pour le courage de votre intervention.

Ce que je vous propose, c'est qu'on clôture ce 2e chapitre sur la partie fiscalité, dépenses publiques. Et on va ouvrir le 3e chapitre. Et, en effet, on va rebondir directement sur la santé et l'alimentation avec la transition écologique puisque la santé et l'alimentation en font partie.

Alors, on va vous rappeler quelques faits avant de prendre vos questions. La transition écologique, ça touche tous les pans de notre vie quotidienne : notre alimentation, notre santé, notre habitat, notre mobilité, l'énergie qu'on consomme et qu'il faut bien sûr produire. De manière plus large, la transition écologique, c'est respecter les espèces naturelles qui nous entourent, respirer un air sain et freiner le réchauffement climatique.

Notre objectif ici, dans cette partie, sera de réfléchir aux outils, aux solutions pour réussir cette transition écologique au niveau local, mais aussi national et international. Vous avez peut-être déjà imaginé des solutions qui pourraient être construites pour se loger, se déplacer, se chauffer, se nourrir. Vous avez peut-être des propositions concrètes pour accélérer notre transition environnementale.

Comment rendre ces solutions concrètes accessibles à tous ? Par exemple, remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture. Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

La parole est à vous. -Bonsoir, M. le Président, bonsoir, M. le maire de Pessac, bonsoir mesdames les députés et la sénatrice, bonsoir mesdames et messieurs.

J'ai pas eu l'occasion de parler tout à l'heure et je rebondis sur le premier sujet, parce qu'on ne nous a pas donné la parole dans ce coin. Du coup...

Je suis française...

Puisque vous avez dit, tout à l'heure, que vous étiez le président de tous les Français. Je suis française, je suis maman de deux enfants. Je suis divorcée donc j'ai pas de... j'ai pas de soutien financier et je ne trouve pas de travail parce que le gouvernement a fait une circulaire pour m'interdire de travailler, tout simplement, parce que je porte un foulard.

J'ai fait le choix de mettre un foulard donc je n'ai pas le droit de travailler dans l'administration. Le problème étant que cette interdiction est arrivée aussi dans les entreprise. Toutes les entreprises.

On n'a plus le droit de travailler parce qu'on a un foulard. Donc on nous empêche de travailler. Du coup, ben, on fait de nous des assistés.

On a envie de travailler, mais on ne peut pas travailler. On a fait le choix de porter le foulard, mais on a envie de travailler. On nous rejette de la société, on nous exclue, on nous met de côté parce que... parce qu'on représente un échantillon qui est avec une image et des préjugés...

Vous avez dit que vous étiez le Président de tous les Français, qu'est-ce que vous faites pour nous ? -Merci, madame, pour cette question qui a bien été entendue par M. le Président et les ministres présents.

Je vais vous proposer de revenir sur la transition écologique. On va essayer de rester dans ce cadre. Madame ici, peut-être.

Est-ce qu'on a un micro ? La dame qui est derrière. (Applaudissements) -Bonjour, tout le monde.

Il y a juste un petit sujet à part et après, je reviens sur le sujet principal. Pour quelqu'un qui est sur l'égalité hommes-femmes, j'ai été un petit peu choquée en arrivant parce que tous les hommes sont restés à la porte et ont été interdits d'entrer. Et que, pour moi, l'égalité hommes-femmes, ça va dans les deux sens.

On est tous égaux. Voilà. Ensuite, au niveau de l'écologie, il y a des petites choses que j'ai du mal à comprendre.

Par exemple, pour la voiture électrique, vous faites des aides qui, potentiellement, polluent aussi plus parce qu'il y a les centrales nucléaires derrière. On sait que le moteur à eau existe. Alors, oui, ça engraisse pas les lobbyistes, mais pourquoi est-ce qu'on ne marcherait pas là-dessus ?

Ca ne pollue pas, l'eau, en plus, tout le monde y a accès. Donc voilà. Pourquoi est-ce qu'on creuse pas sur des sujets tels que ceux-ci ? -Merci, madame.

Alors, on a une jeune fille juste à côté de moi. Vous vouliez...?

Très bien. Je te passe le micro. -Sur la transition écologique... -Excusez-moi, madame, il y avait la jeune fille qui est venue me demander si elle pouvait dire rapidement quelque chose et après, je vous passe la parole. -Bonjour, M. le Président.

Je m'appelle Enora, j'ai 7 ans, je suis en Ce2 et je veux vous dire que dans mon école, on récolte les gourdes de compote vides et on les recycle. Et l'argent récolté sert à acheter des livres pour la bibliothèque. (Applaudissements) ... -Et tu t'appelles ? -Enora. -Merci, Enora, pour ce bel exemple.

Alors, la transition écologique, c'est pour eux. On va prendre une prochaine question. Donc sur la transition écologique...

Je voulais juste signaler, au niveau de la transition écologique, qu'il y a un énorme travail à faire d'éducation pour déjà dire que, en France, on a des lois qui sont plus poussées et plus exigeantes que dans beaucoup d'autres pays européens et dans le monde entier. Donc on est déjà très, très en avance. Ce qui fait qu'on a quand même un pas d'avance.

Ensuite, il faut qu'on éduque nos enfants et que nos enfants, on les écoute parce que nos enfants savent beaucoup plus de choses que certains adultes. Moi, je pense que, à notre époque, on ne peut plus avoir de climatosceptiques autour de nous, c'est une évidence. Et ensuite, je recommande à toutes ces femmes et tous ces hommes qui sont là ce soir de regarder le film "Demain", parce que ce film-là montre comment, sans aide de l'Etat, sans argent de personne, on peut, chacun, travailler pour la transition écologique. -Merci beaucoup de ces précisions et de ces informations.

On va peut-être passer la parole de ce côté, un petit peu, histoire de répartir la parole. Ah, il y a...

Alors, on commence de ce côté et je reviens vers vous juste après. -Bonsoir. Je me permets, pour la transition écologique, moi, j'ai un souci, je suis consommatrice comme tout le monde, mais j'ai surtout l'impression de culpabiliser parce que je voudrais en faire plus.

En attendant, j'ai pas de prise, dans mon immeuble, pour brancher ma voiture. Je fais comment ? Ca, c'est la première.

C'est pareil, les toits, on peut récupérer l'eau de pluie, mais les immeubles ne sont pas faits pour. Les chasses d'eau, c'est de l'eau propre, c'est pareil, ça pourrait être de l'eau de pluie. Donc vous nous culpabiliser à chaque fois, nous, consommateurs, mais les constructeurs, quand est-ce qu'ils vont s'y mettre réellement ?

Vous dites qu'il y a des lois, mais c'est des lois de sanction, c'est tout. Donc j'ai le micro, j'en profite. La feuille est grande, mais j'ai peut de questions.

Alors, tout à l'heure, on parlait de l'administration. Je voulais parler de la charge mentale administrative. Moi, la TVA, il faut que j'aille tous les jours sur le site Internet pour voir si je dois de la TVA.

Vous trouvez ça normal ? Moi, je trouve pas. Un fournisseur, il m'envoie la facture, je paie, les impôts, ça doit être pareil.

Si j'ai pas d'avis, je paie pas. Ensuite... -On en prend deux de plus et on reste sur le sujet. -Je demande pas les réponses tout de suite.

Les numéros de sécu...

Moi, j'ai été intérimaire pendant 3 ans. J'ai pu remarquer, les taux des mecs et moi, c'est pas la même chose. Ils sont mieux payés que moi et ils travaillent plus.

Je me suis plainte à l'inspection du travail, administration, j'ai jamais eu de réponse. Pourtant, les numéros de sécu, ça commence par 1 et par 2. Le contrôle, il est vite fait là-dessus, on peut savoir qui gagne plus, qui travaille plus.

Après, c'est pareil. Numéro de sécu 1 et 2. Pourquoi on est 2, nous, et on n'est pas 1 ? (Rires et applaudissements) Alors, moi, je vous propose, c'est pareil, on peut pas mettre de lettre A et B sinon, on est encore en 2e, on est B.

On va pas être A. Par contre, mettre des hashtag, des dièses ou autres, c'est possible. C'est complètement asexué. -Merci, madame.

Je vous avais dit deux. -La dernière parce que sur ce carré-là...

Il y a 25 % de la salle qui a pas eu le micro et c'est mon carré. La dernière, les droits de l'homme...

On peut pas passer aux droit de l'individu ? Tout simplement. (Applaudissements) Et vraiment la dernière, je vais passer le micro à ma voisine parce qu'elle a des gros soucis. -Merci beaucoup.

Bonjour à tous. -Parlez plus près du micro, madame, on ne vous entend pas. -Bonjour à tous.

Je ne comprends pas bien le français. Je parle kurde. -Vous voulez faire la traduction ? -Elle s'appelle Gulshan.

Elle est sans papier depuis 5 ans. Elle a envie d'obtenir les papiers en France pour travailler et s'investir. -...cours Victor Hugo... -Elle donne son adresse, en fait.

Elle est kurde de Turquie. Malheureusement, comme tous les Kurdes à l'exil. Elle est kurde de la Turquie.

Oui. Elle est pas turque, elle est kurde de Turquie. Et moi, je suis kurde syrienne. (En kurde) ...

Elle a très envie de s'intégrer, apprendre et travailler. Et voilà. Avoir les papiers, c'est très important pour elle.

Et elle a besoin d'aide pour elle et pour son mari concernant ce sujet. -Merci beaucoup. -Merci, madame, de votre témoignage.

Merci beaucoup. Alors, j'avais promis la parole de ce côté. Est-ce que tu peux amener le micro à cette jeune fille ?

Sur la transition écologique, si possible. Merci beaucoup. -Intervenante : Merci.

Bonjour, M. le Président, Madame la ministre, Madame la députée, Monsieur le maire, l'assemblée. Je suis étudiante à Sciences Po de Bordeaux.

Je finis mon master sur la politique internationale. Oui, je vais parler de transition écologique, mais peut-être plus aussi sur le côté international de la chose. J'écris mon mémoire sur la biodiversité, et je vais bientôt faire un stage à la Ccnucc, sur les changements climatiques, et c'est vrai que j'ai pas mal étudié à l'étranger, et j'ai pu comparer et voir la vie des étrangers, que ça soit au Canada ou au Japon, particulièrement, sur l'action de la France.

Moi, j'étais au Japon pendant que s'es passée la COP21, et c'est vrai que ça a lancé un grand espoir, et la France a été vue comme leader sur le sujet, donc c'est une très bonne chose. Moi, en tant que française, un petit peu de chauvinisme, j'étais contente. Donc je travaille là-dessus, et je vois ce qui se passe et j'ai vu les conséquences de la COP à Katowice, en décembre dernier, et aussi des actions de la France derrière.

C'est vrai que pour l'instant, on peut dire qu'il y a quelques problèmes sur la gestion par rapport, de 1, à la biodiversité, de 2, au changement climatique. Je vais essayer de pas être longue, donc j'ai noté, du coup. Donc oui, le but de la COP21, au cas où, parce qu'on n'est pas tous au point là-dessus, c'est d'essayer de limiter le changement climatique à 2 degrés, pas plus que 2 degrés, mais ce qui serait optimal pour tout le monde, notamment pour les petits Etats insulaires qui risquent d'être submergés et de perdre tout leur territoire, donc leur Etat, ça serait de limiter à 1,5 degré.

Sauf que pour l'instant, en France, sur les efforts qui sont faits, on en est encore loin. Je sais que c'est compliqué, j'écris dessus, donc j'en suis consciente, mais qu'est-ce que vous proposez vraiment là-dessus ? Parce que c'est vrai qu'en tant qu'académique ou en tant que citoyen, on a du mal à voir...

On a du mal à voir à travers les débats à l'Assemblée. Nous, à Sciences Po, on est formés là-dessus, donc ça va encore, mais les citoyens se posent beaucoup de questions là-dessus, sur comment. Et la dernière fois, on a eu le PDG de Greenpeace qui est venu nous parler et qui nous a dit que l'action française et l'action qui est menée par les Etats au sein des conférences des partis, il n'y croit plus, tout simplement.

Et d'avoir le PDG de Greenpeace qui ne croit plus aux actions des Etats pour le climat, c'est quand même assez choquant, assez marquant. Moi, je voulais vous demander pourquoi il y aurait pas...

Je sais qu'il y a des actions qui sont faites dans ce sens-là, mais plus d'actions qui seraient faites peut-être pour permettre aux Etats de ne pas agir seuls sur le sujet. D'abord, il y a d'autres forums comme le C40, où c'est les villes... -Je vais devoir vous couper. -J'ai bientôt fini ma question.

Sur le C40, il y a d'autres forums qui pourraient être encouragés, mais est-ce qu'il pourrait pas y avoir un forum qui serait installé en France ? Là, dans le cadre des grands débats sur la transition écologique, de donner plus de responsabilités aux territoires, aux collectivités territoriales sur le sujet, que ce soit aux métropoles, aux communes, et peut-être plus de budget sur le sujet. Voilà. -Merci beaucoup.

Je pense que vous avez bien rappelé les enjeux. Justement, on va voir si des personnes ont des suggestions, parce qu'on a bien compris les enjeux grâce à mademoiselle. -Intervenante : Bonjour.

Je remercie mon ami qui m'a invitée à cette réunion, je ne savais pas qu'il y avait tout ce monde, et je suis très flattée d'être aujourd'hui parmi vous, et je vous remercie tous. Le temps est très court pour aborder tous les sujets qu'on voudrait aborder. Je trouve que cette initiative, qui est ouverte sur une période restreinte, est extraordinaire.

Elle va pas permettre à tout le monde de s'exprimer sur ce petit temps, et il faudrait peut-être mener la réflexion sur un temps plus long ou au moins des épisodes dans lesquels chacun de nous peut s'exprimer pour marquer sa citoyenneté et sentir, avoir du sens, comme vous disiez tout à l'heure. Ca fait partie du sens de dire ce qu'on pense, de le dire librement, et surtout plus que de dire, de sentir qu'il y a du débat derrière et qu'on est écoutés avec une action, c'est l'action qui va montrer que ça été pris en compte et qu'on peut réfléchir ensemble à être citoyens ensemble et à servir la solidarité et la fraternité. Je voulais juste dire, par rapport aux histoires de... de la caisse primaire de l'assurance maladie, car je suis professionnelle de santé, et je voudrais appeler l'assurance maladie...

Je souhaite qu'un jour, en France, on ne parle plus d'assurance maladie mais d'assurance santé. Si on veut faire des économies, il faut faire, comme vous l'avez dit, de la prévention. La prévention est très mal notée en France.

Il n'y a pas de cotation...

Je suis chirurgien dentiste. Il n'y a pas de cotation en ce qui concerne la prévention. Il y a des maladies qui atteignent beaucoup de personnes, mais qu'on ne prend que quand le corps est malade.

Donc mon grand souhait, un jour, c'est qu'on appelle ça l'assurance santé, qu'on reste en bonne santé, qu'on travaille aussi bien dans la vaccination, les problèmes de cancer et tout ce qui a été soulevé, parce qu'on fait de la prévention et parce qu'on se bat pour rester en bonne santé. Par rapport au climat, aux transitions, je voulais dire ça parce que c'est un sujet qui me touche beaucoup, et je saisis cette occasion. Je voulais écrire beaucoup sur le sujet de la prévention.

Par rapport au climat, on responsabilise beaucoup les citoyens, on accepte cette responsabilité. Dans nos services médicaux, en raison d'hygiène, on utilise beaucoup de plastique, beaucoup trop, et on remplit des poubelles. Il faudrait peut-être réfléchir à des solutions parce qu'on a beaucoup de choses à usage unique qui ne soient plus du plastique et qui ne soient plus polluants.

On essaie de faire de notre mieux. Et peut-être, plutôt que de mettre partout ce qu'on ne veut pas recevoir, qu'on nous demande la permission, avant de nous envoyer des plastiques, des papiers, des choses dont on n'a pas besoin, et qu'on passe notre temps à trier, à combattre, et à dire : "On n'en veut pas." Que ce soit volontaire, si on veut quelque chose, de la publicité ou je ne sais pas quoi, qu'on ait un site où on s'inscrit : "Je veux, je ne veux pas." Donc je ne reçois pas.

Je vais laisser la parole à d'autres. -Merci, on a bien entendu, notamment votre suggestion sur la réduction du plastique dans le milieu hospitalier. Est-ce qu'il y a d'autres questions au sujet de la transition écologique ?

Madame. Apparemment, les gens autour de vous sont contents que vous preniez la parole. -Je crois que ça fait 2 heures que je lève la main.

Bon. Je rebondis sur ce que dit Madame. Je crois que le meilleur déchet, c'est le déchet qui n'existe pas.

On essaie de recycler, mais il faut savoir aujourd'hui qu'on a des taux de recyclage sur le plastique qui sont encore très, très bas, donc on a beau mettre de côté, il faut savoir que de tout ça, on n'en fait pas grand-chose, voire on l'exporte, et l'exportation des déchets à l'international, c'est un scandale. On se doit d'arrêter de générer tous ces déchets. Moi, j'aimerais qu'on aille plus vite sur les lois d'interdiction des couverts en plastique, par exemple.

Je crois qu'on a un petit peu reporté l'échéance, et c'est dommage. On doit revenir à... j'ai envie de dire des bonnes pratiques.

Quand j'étais petite, je me souviens qu'on avait des bouteilles en verre qu'on rapportait à la consigne. Quand j'étais lycéenne, j'ai eu l'occasion d'aller en Allemagne en vacances, j'ai eu cette chance-là, c'était en 94, ça commence à dater, ils étaient déjà, on le sait tous, bien plus en avance, ils compostaient...

Moi, je découvrais ça, je comprenais même pas. Ils triaient des yaourts...

En France, on était à mille lieues de tout ça, mais avant de recycler, arrêtons tous ces déchets. Voilà, je voudrais qu'on aille plus loin sur le zéro déchet. -Merci de cette intervention sur la réduction des déchets.

Je vais prendre une dernière question sur ce sujet, et on devra passer au suivant. Allez. Apparemment, la démocratie a parlé, vous avez beaucoup de monde derrière vous. -Intervenante : Je lève la main depuis qu'on parle d'écologie, ils l'ont vu.

Moi, c'était une idée. Ca répond aussi au problème de la culpabilité. On nous dit comment faire, et puis, en fait, il y a un double discours, c'est que d'un côté, on nous dit mangez moins gras, moins salé, moins sucré, et qu'on a une petite faim, quand on est étudiant, les seules choses qu'on trouve, c'est des snacks...

Je vais taire les marques. Ou bien, sur mon chemin, j'ai 5 minutes à vélo pour aller bosser, j'ai du bol, et j'ai trois pubs, deux McDo, un KFC, très bien mais ça va pas nous aider. Et puis on nous dit il faut éviter de se déplacer en voiture, il faut acheter des voitures qui polluent peu.

Je ne regarde pas la télé, mais la dernière fois que j'ai regardé, j'ai eu 6 pubs, trois sur des très grosses voitures. Donc je pense que la première chose à faire, c'est supprimer les pubs. On veut nous éduquer...

On passe beaucoup de temps à dire, "Il faut éduquer les jeunes", ou il faut éduquer tout le monde parce qu'on a tous besoin d'être éduqués. La première chose qui nous éduque le plus, c'est les publicités. Voilà. -On a demandé des propositions, nous voilà servis.

Merci beaucoup. Je suis désolée, on va quitter la transition écologique. Je sais, c'est triste.

On a beaucoup parlé de l'implication des citoyens. Vous vous plaignez qu'on demande toujours aux citoyens de s'impliquer pour la transition écologique, et justement, on va parler de citoyenneté et de démocratie. C'est cette 4e partie...

Vous voulez peut-être répondre. Bien sûr. Je passe la parole à monsieur le Président. -Je vais répondre, parce que j'ai beaucoup de questions, sinon, ça va être impossible.

Sur la première question...

La dame est partie. Elle m'avait déjà interpellée. Elle a soulevé la question derrière de savoir comment on reconnaît les aidants dans nos politiques publiques, et c'est une très bonne question.

Elle ressort beaucoup des débats que nous avons eus dans notre société ces dernières années, qui est un sujet extrêmement important, elle l'a dit avec d'autres mots que les miens, elle a pas parlé d'aidants mais des personnes qui ont eu une activité bénévole et qui, aujourd'hui, ne sont pas pleinement reconnus. Pardon, là, vous m'entendez mieux. Donc je prends la suggestion sur les aidants.

Merci, vous avez été très concrète sur plusieurs propositions d'économie. Sur le service public itinérant en milieu rural, c'est quelque chose que nous avons lancé, il y a plusieurs départements qui l'ont généralisé. J'étais il y a quelques semaines, par exemple, dans le Lot.

Le Lot a développé...

Pardon ? Ca se rapproche, oui. Je sais que...

Non, mais...

Peut-être que...

Il y a le préfet qui est là...

Je sais pas si on a fait des expérimentations sur le service public itinérant dans le département ou dans la région, mais je peux vous dire que dans le Lot, on l'a fait, on a lancé l'expérimentation en janvier 18, et ça marche très bien. Il y a eu un très gros travail parlementaire qui a été fait sur le sujet, il y a plusieurs régions où on le fait, et ça marche extrêmement bien dans le rural. Néanmoins, moi, je pense qu'on peut faire beaucoup d'économies en ayant... si je puis dire, en ayant moins de fonctionnaires à la capitale et parfois dans les métropoles régionales et en en remettant plus sur le terrain.

C'est une des grandes lignes qui ressort de ce débat, c'est-à-dire on a besoin de la présence du service public, mais on a besoin de repenser notre présence sur le terrain. Ca rejoint la question du sens et du contact avec le public. Vous avez parfaitement raison sur les logements vacants, il y a d'ailleurs une taxe qui a été mise en place sur ce sujet.

Sur les squats, il y a pas, là-dessus...

Vous avez eu des propos plus larges, ce qui me permet peut-être de dire deux mots de la politique que nous menons sur l'accueil des personnes qui sont à la rue quelle que soit leur situation, qu'ils soient demandeurs d'asile, qu'ils soient, justement, dans des situations difficiles sur le plan personnel. On n'a jamais eu autant d'offres de logement. J'ai vu les polémiques récentes ces derniers jours qui ne traitent que du sujet des centres d'hébergement, avec des chiffres qui sont faux et qui ne seront pas ceux du prochain budget, et c'est une mauvaise polémique.

Je tiens à le dire, les CHRS, il y aura pas moins 57 millions d'euros d'investissement. On a exécuté plus que ce qui était prévu dans le budget de l'année dernière, l'année passée. C'est-à-dire qu'en 2018, ce qui a été budgété, on a dépensé plus pour les CHRS.

Mais plus largement...

Je vous le confirme, c'est dans le texte financier. Plus largement, nous n'avons jamais eu autant d'offres de logement, quelle que soit la nature. C'est 2 milliards d'euros de budget, l'hébergement d'urgence, les CHRS, tout le panel d'offre de logement.

Je vous le dis, jamais on n'a dépensé autant et jamais on n'a eu autant de logements. La difficulté à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, c'est que nous devons rendre ces logements plus adaptés aux besoins, et donc c'est tout le plan Logement d'abord qui a été lancé il y a un an et demi à Toulouse et qui était une idée, que j'avais repris en campagne, qui était une idée de la fondation Abbé Pierre, qui consiste à dire que beaucoup de gens qui sont en situation de précarité, il faut pas les mettre dans une chambre d'hôtel, il faut les mettre dans un logement, de la stabilité, un accompagnement et une réponse beaucoup plus adaptée. Donc on fait le passage d'une réponse à l'autre, ce qui est essentiel, et un squat ne permet pas davantage ça.

Non, je le dis parce que même pour des gens qui sont en situation de grande fragilité, on a besoin de cela. Donc on a développé cette offre du Logement d'abord, c'est plus pertinent que, par exemple, la chambre d'hôtel, on a rouvert de l'offre. La 2e difficulté qu'on a, il y a ce changement qualitatif, si je puis dire, c'est la pression migratoire que nous avons ces derniers mois...

Il y a de la migration climatique, ça n'est pas le coeur de la migration que nous avons aujourd'hui. C'est qu'il y a des réseaux de passeurs qui se sont organisés, qui jouent sur la misère, principalement en Afrique, il y a une pression migratoire qui est venue par l'Italie, il y en a maintenant une qui vient par l'Espagne. Ce qui touche votre région et ce qui touche le pays, c'est essentiellement cela.

Notre réponse, elle est structurée : aide au développement, à l'éducation et à la santé, on va pas cesser de l'augmenter à l'égard des pays de départ, responsabilisation des pays de départ aussi, lutte contre les passeurs, politique européenne pour avoir une approche européenne et une frontière européenne, qui, aujourd'hui, fonctionne trop mal, et c'est une des réponses qu'on doit avoir dans le débat européen qui vient. Notre frontière européenne, elle est au sud de l'Espagne. Celle-là, on doit mieux la protéger et mieux la défendre parce qu'on ne répond pas aux situations problématiques qui sont aujourd'hui les nôtres, et avoir une politique d'instruction des demandes beaucoup plus rapide pour avoir une politique de reconduite vers le pays d'origine quand on n'a pas droit d'avoir l'asile ou autre, beaucoup plus efficace.

On a passé des lois qui sont en train d'être appliquées pour répondre à cela, il faut le temps, mais 2018 et début 2019, on a eu cette forte pression que la région a connu, comme beaucoup d'autres régions du Grand Ouest, et qui est une réalité qui a créé de la tension sur l'hébergement d'urgence. Je suis complet. Alors...

Les squats, il faut regarder au cas par cas. Je vais pas vous dire que la réponse à la politique du logement, ça doit être la légalisation d'une occupation illicite du domaine public ou privé. C'est notre responsabilité de mettre en place ces logements, et après, au cas par cas, nous, on a une politique qui incite les propriétaires à mettre à disposition leur logement.

On a mis en place une politique qui, d'ailleurs, incite les propriétaires, lorsqu'ils ont des logements qu'ils n'utilisent pas, à les louer à des bailleurs sociaux qui pourront les inclure dans la stratégie d'offre Logement d'abord. C'est aujourd'hui...

Mais l'Etat le fait. Vous me permettez d'illustrer la politique que je suis en train de dire. Pour la première fois, on a ouvert, par exemple, ce qui était jusqu'à il y a quelques mois le ministère du Logement.

L'hôtel de Castries a été ouvert à Paris pour accueillir, justement, des sans domicile fixe, plusieurs logements publics parisiens. Tous ceux que nous avions à notre disposition, nous les avons rouverts, et ça, en effet, ça coûte beaucoup moins cher que d'aller...

C'est ce que j'ai dit, c'est la politique Logement d'abord. L'accompagnement des personnes est absolument indispensable, mais avant d'avoir une politique, de vous répondre en disant : "Le squat est une réponse..." Non, mais je préfère être clair.

Le panel...

Et je vais avancer. Le panel, c'est chambre d'hôtel dans certains cas, c'est HRS et autres centres d'hébergement d'urgence. Voilà.

Non, mais je le dis pour tout le monde. C'est ensuite, moi, je crois beaucoup à l'approche avec les associations et les travailleurs sociaux type pension de famille et accompagnement pour ceux qui sont le plus en difficulté, ensuite, logement très social, logement social, et puis marché intermédiaire, marché libre. C'est ça, le parcours.

Les squats, il y a quelques cas où on peut l'utiliser, mobilisés comme les logements publics, mais en général, notre politique va plutôt se concentrer pour lutter contre ces derniers, parce que c'est aussi des problèmes et des troubles à l'ordre public. Parce que c'est aussi, mais beaucoup le sont, une écrasante majorité, malheureusement. Et ce sont des troubles à l'ordre public...

Mais je peux venir en voir, j'en ai déjà vu, et j'y serai demain, mais si je vous disais ça, je serais pas responsable avec tous ceux qui vivent autour avec la politique que l'Etat mène en coopération avec beaucoup de villes, parce que dans beaucoup de ces endroits venait aussi...

Il y avait beaucoup de souffrance, il y en a encore, mais je prends l'exemple de filières très organisées qui venaient d'Afrique, la filière sahraoui ou d'autres, qui ont exploité aussi ces squats, et si on avait eu de la complaisance ou qu'on avait dit que c'est une réponse, on n'aurait pas apporté le quart du début d'une réponse. Quand il y a de l'occupation illégale, c'est pas une bonne réponse pour la politique sociale. Elle doit se construire, c'est un investissement, je l'assume.

Mais vous m'avez permis de rappeler qu'on n'a jamais mis autant d'argent dans cette politique publique et on n'a jamais eu autant de logements pour l'hébergement d'urgence, et c'est indispensable. En tout cas, merci pour vos suggestions et je prendrai les 2 exemples que vous vouliez me donner à la fin pour les croiser. Sur la culture, vous m'avez interrogé...

D'abord... -Est-ce qu'on peut essayer de ne pas interrompre M. le Président ? -Sinon, c'est un débat sans fin.

Non. Alors, d'abord, si vous êtes travailleur social, toute cette polémique qu'il y a eu, je le redis, le chiffre est erroné. Alors non.

Il faut...

Ce que disait Madame, je reprends son terme, il faut un panel, et très juste. Il y aura toujours des CHRS, il y aura toujours, donc...

Il faut cette politique d'accueil au plus près, par contre, sur les publics les plus fragiles, on voit bien que, que ce soit CHRS ou que ce soit la chambre d'hôtel, on a besoin de plus en plus de donner de la stabilité, de permettre aux gens de s'installer dans une vie qui est plus normale, d'avoir, parfois, un accompagnement adapté, et donc c'est vrai que de plus en plus, on essaie de financer des solutions qui correspondent à ces besoins. Néanmoins, on aura toujours besoin d'un hébergement d'urgence qui répond à ce besoin de la population la plus en difficulté avec les travailleurs sociaux qui y sont. Donc l'idée n'est pas de le supprimer, l'idée est, comme je le disais, je rends à César ce qui vient de César, comme le proposait il y a quelques années le rapport de la fondation Abbé Pierre...

J'espère qu'il y a pas de bobo. Ca va ? Ca peut faire mal.

Comme le proposait le rapport de la fondation Abbé Pierre, c'est aussi de dire qu'on a laissé beaucoup de monde, pas tant dans les CHRS, beaucoup plus dans les chambres d'hôtel. Mais dans les zones les plus tendues, il y a des gens qui sont dans les chambres d'hôtel depuis des années. En région parisienne, qui est la zone la plus tendue, il y a des gens qui sont dans des chambres d'hôtel parfois depuis plus de 10 ans encore.

Non, c'est de la politique sociale. Et donc l'idée... -Intervenante : On a peur de perdre nos métiers parce qu'on pilote pas mal... -Je vais vous rassurer, d'abord, il y aura toujours des CHRS, et ensuite, je prenais l'exemple dans la politique Logement d'abord, de ce qui est pension de famille ou autre, on a besoin de travailleurs sociaux, et ils sont dedans.

Et donc c'est pas l'idée d'avoir un logement seul, c'est, là aussi, d'avoir la palette d'offres. On a besoin que certaines personnes soient dans un logement plus individualisé, mais il y a des gens qui ont besoin d'être dans des centres beaucoup plus adaptés, où il y a plus d'accompagnement, mais où ils sont en plus petit nombre, mais où cet accompagnement leur permet aussi d'aller vers les démarches administratives, les accompagnent dans la vie, et n'est pas simplement de l'accueil d'urgence. Donc je veux vraiment vous rassurer sur ce point-là.

On a même, plutôt...

On aura dans l'avenir, compte tenu de ce qu'on fait dans le logement et dans notre plan pauvreté, besoin davantage de travailleurs sociaux. -En tout cas, dans le CHRS dans lequel je suis, on a beaucoup de craintes qui sont... et de budget, et du coup, c'est vrai que l'actualité est morose. -Non, mais il faut pas tomber dans les méandres de l'actualité morose.

Ce que vous faites est difficile, et vous êtes exposés aux difficultés de notre pays, de celles et ceux qui sont en situation de grande difficulté, mais on le voit bien, on a besoin et on continuera à avoir besoin de travailleurs sociaux, sur les sujets d'accueil comme sur les sujets de réinsertion par l'activité économique. Sur la culture. D'abord, je vais quand même essayer de plaider ma cause.

La politique culturelle, elle repose d'abord sur un pilier : le pilier éducatif. On a mis fin, on est en train de mettre fin dans notre pays par le travail remarquable qui est mené depuis le début du quinquennat par les ministres de la Culture et de l'Education nationale, à cette scission et au fait que dans notre pays, on faisait la culture, la plupart du temps, en dehors de l'école. On a remis, par l'éducation culturelle et artistique, la culture beaucoup plus dans l'école.

Il y a, évidemment, la place que jouent les conservatoires, la part associative, ce que les collectivités font, mais on a remis beaucoup de culture dans l'école, au sein de l'école, depuis, en particulier, la rentrée de l'automne 2017, et à chaque fois, on a amélioré les choses. La plus belle illustration étant avec cette rentrée en musique qui, maintenant, se fait partout, mais on a redéveloppé cet enseignement. Donc éducation culturelle et renforcement de celle-ci, et avoir une politique de la culture, c'est éduquer tous nos enfants en étant sûr qu'ils sont ouverts à la culture, aux pratiques culturelles et artistiques dans l'école.

Ensuite, c'est le fameux pass Culture, qui a été lancé sous la première expérimentation, qui a fait l'objet d'un gros travail en début de cette année, et qui est comment on accompagne un jeune, en particulier ceux qui ont le moins de moyens, à aller vers la culture, à pouvoir acquérir de la culture partout sur le territoire. Et puis c'est encourager l'offre, la création, sous toutes ces formes, à travers la politique que nous menons sur le plan national et européen qui est celle de la défense des auteurs et de celles et ceux qui créent. On est dans un monde où le métier de créer, la vocation de créer est bousculée un peu partout par les transformations numériques, par ceux qui voudraient imposer au nom de la liberté la fin du droit d'auteur, on s'est beaucoup battus, la France a été leader.

On a eu des premières victoires, la bataille n'est pas finie mais elle se poursuivra, par la politique de création culturelle et artistique que nous avons en France. Vous avez évoqué beaucoup des centres que nous avons, le CNL pour le livre, le CNC pour le cinéma, en rappelant, d'ailleurs, la force de notre création française. Alors on va dans le sens de ce que vous évoquiez, puisque sous l'initiative de la ministre de la Culture et de la ministre de l'Egalité femme-homme, nous avons mis la parité dans les jurys, partout.

Non, mais ce qui est...

Ca suffit pas pour vous, mais c'est un premier point. Ca avait été annoncé à l'été dernier, en marche du festival de Cannes, de mémoire, et donc ce sujet...

J'étais pas là avant, donc si c'est...

Non, mais on va le systématiser dans tous les jurys. Après, c'est très difficile, quand on parle de création, de dire qu'on va surcontraindre les règles, parce que...

Il faut être sûr que les femmes sont représentées dans les jurys, que la création qui est portée par les femmes soit dûment représentée et accompagnée. Est-ce qu'il faut une règle de parité complète d'attribution des crédits ? Moi, je serais sceptique parce qu'à la fin, on crée trop de contraintes et on peut passer à côté d'un film formidable ou d'un livre formidable qui est "Le 51e", et il est fait par un homme, et je pense que les critères de création pure demeurent.

En tout cas, je fais confiance à ces jurys. Par contre, je pense que ces jurys doivent être paritaires. Si vous avez des suggestions pour qu'on aille encore plus loin, je suis preneur, mais c'est bien la logique qui est poursuivie.

Et ce faisant, vous m'avez permis de rappeler tout ce qui avait commencé à être fait sur ce sujet et que je tiens pour essentiel, parce que pour moi, la politique culturelle est clef. Mais vous allez voir avec la ministre, si vous voulez, sur les aides et ce qu'on peut faire davantage. Je vous ai partagé une conviction.

Madame la présidente, merci beaucoup pour les mots. Moi, j'ai pris beaucoup de notes et j'ai noté vos suggestions. D'abord, je vais vous dire, n'ayez pas de craintes sur...

Merci beaucoup. Merci, Madame la présidente. D'abord, je vais vous dire, sur le sujet des vaccins, ce gouvernement et moi-même avons montré que nous ne cédions pas à l'obscurantisme.

Il y a toujours eu beaucoup de gens qui s'opposaient aux vaccins, à leur pertinence ou autre...

On l'a fait, en particulier pour les vaccins obligatoires, les 5 vaccins obligatoires, il y a eu beaucoup de polémique et autres, alors même que c'était une pratique extrêmement généralisée. Pour aller dans votre sens, on a, depuis 2018, généralisé des dépistages, en particulier pour le col de l'utérus. C'est pas suffisant, vous avez raison, et c'est vrai que quand on regarde notre pays, qu'il s'agisse des différentes vaccinations que vous avez évoquées, nous sommes en retard par rapport aux voisins européens.

Et donc nous allons rattraper ce retard, je m'y engage ici, très clairement. Il n'y a pas, chez nous, d'aversion ou de peur de mener ce débat, au contraire, et c'est une formidable illustration de ce qu'est la politique de prévention sur laquelle, d'ailleurs, plusieurs sont, ici, revenus, et que vous avez parfaitement traduite en évoquant quelques cas particuliers. -Intervenante : Et là, quant à proposer des économies, ça ferait énormément d'économies. -E.

Macron : Justement, ce que vous dites et ce qui a été repris par l'une d'entre vous, c'est une véritable économie. Elle est au coeur de la stratégie de santé qu'on poursuit. Aller vers la vaccination, aller...

Je ne sais plus qui m'a interpellé sur la tarification en matière de santé. C'était madame, là-bas, qui parlait de la caisse primaire d'assurance maladie, qui voulait l'appeler caisse primaire d'assurance santé. C'est la même philosophie.

C'est l'idée de dire que nous avons un système en France qui soigne bien, une fois que la maladie est là, mais il prévient mal. Et alors même que nous sommes bons pour traiter des pathologies, la santé publique dans notre pays est beaucoup moins bonne que dans plusieurs pays voisins. La pollution peut être un de ces facteurs, mais il y a aussi une politique de prévention qui est insuffisamment prise en compte.

La vaccination, et donc j'ai pris un engagement devant vous sur ce sujet en étude, l'autre, c'est de pouvoir intégrer dans, et c'est ce que vous évoquiez, madame, ce qui me permet de faire un saut de l'une à l'autre, parce qu'il y avait une contiguïté, de beaucoup mieux valoriser dans nos propres remboursements les actes de prévention. Aujourd'hui, parce qu'on a systématisé la tarification à l'acte, qu'il s'agisse de l'hôpital ou des professionnels de santé, on vous paye quand vous êtes un médecin ou on vous rémunère quand vous êtes un hôpital en fonction du nombre d'actes, mais on vous rémunère pas en fonction de la capacité que vous avez à prévenir. On pourrait se dire un bon système de santé, il fait moins d'actes, mais il a plus de gens en bonne santé.

Et c'est exactement vers ça qu'on va. On va progressivement diminuer, d'ici 2022, la part de tarification à l'activité, et donc cette rémunération à l'acte, de 75 %, même un peu plus, à 50 % dans la tarification de l'hôpital, et l'idée est progressivement d'avoir une rémunération. Et on va faire progressivement de même pour les professionnels de santé qui prennent davantage en compte la prévention et donc des critères de santé publique, de ce qui se passe sur un bassin de vie.

Vous avez...

Une transition évoquait votre cas et ce que votre association défend. J'ai pris note de vos quatre propositions, qui sont très différentes. Je vais d'abord dire sur ce sujet, et vous l'avez évoqué, il y a ces 5 millions qui ont été libérés, mais il y a tout le travail qui est fait depuis des années par nos chercheurs, nos personnels soignants, les associations, les parents, qui jouent un rôle extraordinairement important dans ce combat contre le cancer en général, et en particulier le cancer pédiatrique.

On a gagné beaucoup de batailles ces dernières années, on a réduit, si je puis dire, la part que le cancer avait et on a eu de nouvelles victoires. Pas suffisamment...

Je vous réponds. Non, mais je dis juste que progressivement, quand je compare à la situation où on était il y a 15 ans, on a amélioré les choses. Mais ces 20 %, au moins, de cas qui, aujourd'hui, ne sont pas guéris sont un scandale, et ça, vous avez parfaitement raison, et je vais pas vous dire c'est telle ou telle mesure qui permet de le régler.

C'est une cause complète, et sur ce sujet, la recherche en matière de cancer pédiatrique n'est pas la seule réponse et il faut pas simplement l'isoler. C'est un élément sur lequel je voulais insister parce que beaucoup de débats publics qui ont, parfois, raccourci les choses. Ce que la ministre a défendu, et elle connaît bien le sujet pour avoir présidé l'INCA et pour être une professionnelle de santé, et ça a parfois été mal compris et suscité beaucoup d'émotion.

Non, mais j'essaie de vous l'expliquer, moi qui ne suis pas médecin mais qui suis attaché comme vous à cette cause, et qui ai un respect profond pour toutes celles qui ont vécu comme vous ce que vous avez vécu. C'est de dire si on flèche tout sur le cancer pédiatrique, parfois, on rate quelque chose parce que la recherche, elle n'est pas cloisonnée. La recherche, elle se fait sur toutes les formes de cancer, et donc, ce qu'on a besoin de faire, c'est de mettre de l'argent en matière de recherche sur le cancer, ce que le précédent plan cancer et le prochain qu'on prépare confirmera et réitérera, et de ne pas, en quelque sorte, faire des sous-catégories, parce que parfois, c'est en recherchant à des intersections sur différents publics qu'on peut avancer.

Non, je veux simplement vous le dire parce qu'il y a eu un moment la volonté, dans certains débats, de jouer l'un contre l'autre. C'est pas du tout ce que vous avez dit, mais je voulais lever ce débat. Ensuite, la vraie difficulté qu'il y a avec certains cancers pédiatriques, c'est qu'ils sont tellement spécifiques que la recherche qui est portée sur d'autres formes de cancers ne permet pas de les régler, et donc c'est aussi pour ça...

C'est un début, c'est un pas insuffisant, il y a déjà beaucoup de choses qui sont faites, il y a eu ces 5 millions mis en plus, mais on va continuer à porter l'effort de recherche de manière extraordinairement volontariste sur ces formes de cancers qui sont réservées, si je puis dire, aux enfants, ou en tout cas pour lesquelles la recherche sur le cancer de l'adulte ne permet pas suffisamment d'avancer. Et donc on va aussi continuer à accompagner tout ce qui est fait dans la recherche publique, publique-privée en France. Il nous faut attirer ou garder les meilleurs et continuer à avancer pour améliorer aussi la prévention, et donc il y a beaucoup de travaux qui sont faits en matière, justement, de prévention, d'identification des causes, génétiques et autres.

J'ai compris, madame, que vous étiez très préoccupée par les pesticides, je vais y venir, mais le sujet du cancer ne se réduit pas à ça. Je mentirais à le dire. Il y a l'analyse des causes, la génétique, les éléments de prévention, et le suivi, parce que, pour le coup, l'un des vrais défis qu'on a sur le cancer pédiatrique...

Exactement. J'ai visité en début d'année l'institut Gustave aussi, c'est exactement ce qu'ils font, ils en font revenir, ils sont en train de développer des projets, c'est une équipe motivée. On fait revenir des chercheurs du bout du monde en ce moment même pour rejoindre ces équipes, et ils travaillent sur la prévention, le traitement, l'identification génétique, mais également aussi le suivi tout au long de l'année, parce que la grande difficulté qu'on a aujourd'hui avec les enfants ou adolescents qui traversent des cancers, c'est non seulement de les sauver, mais c'est de mieux prévenir les cancers auxquels ils seront confrontés par la suite, parce qu'il y a une prévalence de ces jeunes ou moins jeunes pour les formes de cancer plus tard, et ça, on doit aussi mieux le comprendre.

Donc voilà, je voulais, sur ce point, lever les choses. La politique qu'on veut aussi mener, c'est une politique qui réhumanise tout cela. Moi, j'ai noté, évidemment, on va regarder ce qui s'est passé pour vous, mais la capacité à être humain, à avoir un environnement hospitalier qui permet aux parents de vivre ces moments-là et aux enfants, de le vivre dans les meilleures conditions.

C'est ce que que nous nous devons en tant que société. C'est ce qui fait, d'ailleurs, dans énormément d'endroits, et je veux rendre ici hommage à tous les personnels de santé qui accompagnent nos enfants et les familles dans ces cas-là. Il y a, parfois, des endroits où ça se passe moins bien, et ça, il faut le corriger.

J'ai pris note de ce que vous disiez. Il faut qu'on continue à accompagner aussi les parents, à leur permettre, quand ils ont, parfois, cette situation qui dure des années et des années, de pouvoir la vivre dans les meilleures conditions. Voilà, en tout cas, je voulais vous témoigner ici de notre mobilisation pleine et entière.

On va continuer. Mais le débat se poursuivra avec vous, avec la ministre...

En tout cas, je veux vous dire combien ce sujet est aussi important à mes yeux. Sur, ensuite, la transition écologique. Alors non, parce que la première question sur la transition écologique, c'est vous, madame qui me l'avez posée, puisque vous n'avez pas pu la poser dans la première cession, sur le foulard.

Alors je veux simplement vous dire, c'est pas une circulaire, c'est la loi, c'est la République, c'est ce que nous sommes depuis 1905, et ce qu'on appelle la laïcité, sur ce sujet. Parce que vous avez parlé en particulier des services publics, et on confond, parfois, beaucoup de choses. Nous sommes un pays où chacune et chacun doit pouvoir croire dans le dieu qui est le sien ou ne pas croire, et le faire librement, sans rien enlever à la liberté de l'autre.

C'est ce qu'est la liberté de par la loi de 1905. C'est ce qu'est, pardon, la laïcité de par la loi de 1905. C'est une loi de liberté qui protège chacun dans sa croyance ou non, mais qui fait que nul n'a à imposer sa croyance à l'autre ni n'a à être menacé parce qu'il croit ou ne croit pas.

Dans le cadre de cette loi 1905, il y a un principe qui a été, en effet, établi, c'est que pour, précisément, permettre cela dans la société, l'Etat, lui, doit être neutre, complètement. Et donc lorsqu'on sert l'Etat, qu'on soit enseignant à l'école, mais qu'on serve l'Etat comme fonctionnaire où que ce soit, qu'on est dans un service public, on n'a pas le droit de porter, en effet, des signes religieux qui sont visibles pour les autres, qu'il s'agisse d'un foulard, mais je veux vous le dire, parce que vous avez pris cet exemple, vous voudriez arriver avec une grande croix au bout du cou ou avec un autre signe religieux quel qu'il soit, cela ne serait pas permis si vous vouliez servir comme fonctionnaire. La loi l'interdit, et elle continuera à l'interdire, parce que je pense que c'est important que celles et ceux qui sont dans les services publics et sont ce visage soient neutres, parce qu'ils servent la neutralité de l'Etat.

Et après, ils accueillent chacune et chacun dans les services publics, quelle que soit leur religion, et vous êtes accueilli dans les services publics avec votre foulard en tant qu'usager de ces services. Mais si vous voulez les rendre, il vous faudra vous départir de vos signes religieux visibles. Et ça, c'est la loi qui l'impose, et elle continuera à vous l'imposer.

Dites-moi. Alors, je vais y venir. La 2e partie, c'est hors des services publics, vous parliez des entreprises.

La loi...

Il n'y a aucune loi qui prévoit que dans une entreprise, on n'a pas le droit d'être embauché parce qu'on a un signe religieux. Et donc vous pouvez être victime de discrimination, et dans ces cas-là, c'est sanctionné par la loi. Il y a même des politiques de testing que nous sommes en train de mettre en place à l'embauche, mais la loi, elle n'interdit pas la laïcité, elle n'interdit pas à une entreprise, une association, quelqu'un qui n'opère pas le service public, d'embaucher quelqu'un qui porte le foulard comme vous le portez.

Il y a d'autres façons de se couvrir plus complètes qui sont interdites par la loi depuis plusieurs années, mais un foulard simple comme celui que vous portez est un foulard qui n'est absolument pas interdit pour être embauché dans une entreprise privée. Donc je veux simplement restaurer ici la vérité, et si, parce que vous portez un foulard ou parce vous avez tel ou tel prénom ou nom, vous n'êtes pas embauchée, à ce moment-là, c'est une discrimination à l'embauche et c'est sanctionné par la loi. Nous avons renforcé les contrôles et il faut le dénoncer dans ces cas-là pour que l'administration puisse regarder ces cas et voir s'ils sont conformes à la loi ou pas.

Je veux être très clair sur ce point parce qu'on a tendance à tout confondre. -Intervenante : Je suis d'accord avec vous. Je suis d'accord avec vous dans le fait de dénoncer ce genre d'attitude, sauf que maintenant, lorsqu'on se présente pour postuler, comment on va prouver qu'il y a eu discrimination ?

Nous, on sait qu'il y a des discriminations, mais comment on va prouver qu'il y a discrimination ? -C'est simple. Nous, on mène des politiques de testing sur les entreprises où il y a des doutes, et on va toutes les passer en revue en matière de discrimination pour les 120 premières.

Qu'est-ce que ça veut dire ? On regarde l'ensemble des personnes dont les CV sont retenus, non retenus, qui sont auditionnés, retenus et non retenus, et on regarde si, statistiquement, il ressort qu'il y a des critères. Et je peux vous dire que quand une entreprise a les pratiques que vous évoquez, ça se voit très vite.

Et les testings qui ont déjà été menés par le passé permettent de l'identifier. Donc nous, par ces approches-là, on peut le faire. On a mobilisé l'inspection du travail sur cette priorité, et après, quand vous avez un doute, vous avez tout à fait la possibilité de le signaler à l'administration, en particulier du travail, en disant : "Cette entreprise à laquelle j'ai postulé "a des pratiques de discrimination, "j'en ai été victime." Et à ce moment-là, des contrôles sont effectués.

Votre simple déclaration, elle ne vaut pas dénonciation de discrimination parce qu'il faut pouvoir le prouver, parce que vous pouvez, vous, avoir une perception qui n'est pas la réalité, forcément. Mais vous pouvez orienter les contrôles, et ce sera regardé. Voilà comment nous, on procède aujourd'hui.

Voilà la réponse la plus complète que je puisse vous apporter, mais je voulais essayer de redonner un cadre. On a souvent des débats passionnés dans notre pays, sur ce sujet. Je voulais remettre la laïcité au bon endroit et aussi dire quels étaient vos devoirs pour le service public, vos droits et devoirs, et vos droits quand vous demandez à avoir un emploi dans le secteur privé.

Voilà. Sur, ensuite, l'écologie, j'ai été interrogé sur le moteur à eau. C'est vous, je crois.

Alors...

Vous parlez du moteur à hydrogène, j'imagine. Ah, oui ! Mais alors ça, il faut un moteur...

D'accord. -Intervenante : Du coup, ça faisait quasiment plus pollué parce que les tests carbone derrière étaient quasi nuls. -Il y a des innovations qui se font sur la base, mais il faut une motorisation malgré tout ave un combustible fossile, qui soit l'essence ou le diesel, et c'est un processus de purification.

Ca, c'est autre chose. Il y a ensuite des substituts. Je vais essayer de répondre puisque vous m'interrogez sur les motorisations, je vais vous dire comment on fait et ce vers quoi on va.

Ce que vous évoquez, ça fait partie des innovations que les constructeurs suivent et sur lesquels on les encourage, qui permettent de réduire les émissions de particules pour les motorisations fossiles, diesel ou essence. Ensuite, sur ces motorisations-là, on a beaucoup amélioré les choses ces dernières années, et c'est vrai qu'elles émettent de moins en moins et beaucoup moins que les motorisations d'il y a quelques années. C'est aussi pour ça que la politique qu'on mène, celle de la conversion du parc, consiste à dire aux gens : "Vendez vos vieux véhicules, "on vous accompagne pour en acheter de nouveaux, "ou des véhicules d'occasion", et c'est la première fois, qu'on a une telle politique de prime, "s'ils font partie des catégories les moins polluantes, "diesel ou essence." Ensuite, quelles sont les alternatives à cette motorisation, parce que ce que vous écrivez, c'est un correctif, mais c'est pas une vraie alternative.

C'est l'hybride, l'hydrogène, l'électrique. Et là-dessus, on a commencé, il y a des constructeurs français qui sont en pointe sur l'ensemble de ces techniques...

Je ne sais pas laquelle triomphera, c'est trop tôt pour le dire. Elles ont toutes des contraintes en termes de déploiement technologique. Il y en a qui ont besoin de batteries qui sont plus lourdes, d'autres qui ont des contraintes de rechargement, quand on parle de l'électrique, mais on est en train de les déployer à bon rythme, et nous avons mis en place, je l'ai confirmé il y a quelques semaines, une politique d'investissement, 1, dans la recherche en lien avec les acteurs industriels, 2, de déploiement des bornes à travers le pays pour permettre de les utiliser, et 3, d'accompagnement à l'achat.

Il y a un super bonus quand vous achetez ces véhicules qui est absolument formidable, parce qu'il est majoré par rapport à ce qui existe pour le reste. Alors, je peux venir sur l'énergie. Je vais y venir.

Donc si on est sur la politique d'émission, quelle est notre priorité en termes de mobilité ? On a besoin de remplacer le vieux parc voitures par un parc plus récent. Si on fait juste ça, si on arrive à remplacer 2 millions de vieux diesel et essence par, même du diesel et essence de nouvelle génération, on aura fait un énorme pas et quasiment tout ce qu'on s'est s'engage à faire dans les prochaines années.

C'est ça le plus dur. Donc c'est pour ça qu'il faut pas dire que la vérité n'est que dans le tout électrique ou le ceci ou cela...

C'est pas vrai. C'est déjà passer du très ancien au nouveau et accompagner les gens dans ce chemin. Donc pour moi, à la sortie du Grand Débat, on doit avoir une politique d'accompagnement plus efficace, ce qui fait que ce qu'on vous demande de débourser pour acheter ces nouveaux véhicules ou ces véhicules moins polluants est soutenable pour quelqu'un qui a des revenus modestes et donc avec un système de leasing très adapté et autres.

Maintenant, je réponds par une solution. -Intervenante : Mais il y a des solutions privées qui existent. -E.

Macron : Je vais y venir, j'ai été interpellé là-dessus. Pour la prévention pour la santé, il y a des solutions qui existent privées... -E.

Macron : Pour le moteur à eau et les véhicules, je veux bien, tous les constructeurs sont privés. Mais si vous êtes prête à mettre une prime au véhicule électrique, allez-y. -Intervenante : Non, c'est pas par rapport à ça, je connais beaucoup d'entrepreneurs qui essaient d'innover dans l'hydrogène, dans la santé... -Bien sûr, mais ils font partie de cette stratégie. -Oui, mais à chaque fois, ils sont bloqués, soit parce qu'il y a des lobbyings d'Etat, notamment par l'EDF, dans la santé, parce qu'en fait, sur la prévention, ils se heurtent aux institutionnels publics locaux qui bloquent parce qu'ils considèrent que la santé, c'est l'Etat.

Il y a beaucoup de blocages comme ça. -Macron : Il y en a plein, sinon, on n'en serait pas là. Je suis parmi les premiers à les lever, mais il faut dire lesquels et comment.

Mais typiquement sur la mobilité, tous les freins qu'il y avait jusqu'à récemment, on est en train de les lever, on est quand même en train d'accélérer fortement les choses, fortement. Ca, c'est une réponse. Après, madame m'a posé...

Je suis totalement d'accord avec cette philosophie, mais l'Etat a son rôle à jouer pour mettre de l'argent pour accélérer et donner un cadre réglementaire. Après, tout ce que j'ai dit, par ailleurs, ce sont des acteurs privés qui le font, et l'Etat ne doit pas bloquer l'innovation organisationnelle ou technologique. Attendez, j'essaie de répondre par ordre.

Après, les voitures anciennes, soit vous la vendez au marché d'occasion, soit...

Ben si, c'est vrai. Ce qui est le premier marché, le...

Non, on peut pas mélanger tous les sujets à la fois. Non, mais je veux bien répondre...

Je vais répondre sur l'énergie nucléaire, mais les voitures les plus anciennes, on a une politique qui, en ce moment, vous aide à pouvoir en changer, parce que celles et ceux qui roulent avec les voitures les plus anciennes, c'est souvent ceux qui roulent avec des voitures qui vont consommer plus et polluer plus, ce qui est pas bon pour le porte-monnaie chaque jour. Mais bien sûr. C'est pour ça que les aides qu'on a mis à la conversion, je vous invite à les regarder, et on va simplifier les choses si ça paraît trop compliqué.

Si vous achetez un véhicule d'occasion diesel ou essence catégorie 1 ou 2, ce que permettent de faire les mécanismes d'accompagnement, le reste à payer que vous avez, il est très limité. Le bonus qu'on a mis en place et la prime à la conversion, il n'est pas réservé aux gens qui achètent de l'hybride ou de l'électrique, qui, il est vrai, sont des voitures plus chères. On l'a aussi rendu éligible pour de l'essence et du diesel.

Donc on a pris en compte cela et on doit, maintenant, le rendre plus simple et encore plus accessible. Et pour moi, la sortie de ce débat, il faut qu'il y ait un guichet unique pour les gens. Mais ce que je veux vous dire, votre interprétation, elle illustre parfaitement que l'écologique se réconcilie avec le social quand on pense bien les choses, parce qu'aujourd'hui, si on veut répondre à la baisse de dépense, par exemple, pour rouler, on peut y répondre en baissant aussi les émissions de CO2.

J'en viens, maintenant, à comment on produit de l'électricité, parce que vous me dites : "Produisez l'électricité, ça pollue." Comment on produit de l'électricité en général ? 1, par des centrales à charbon.

C'est ce qui pollue le plus. Le plus. L'Allemagne produit la majorité de son électricité avec ça, la France...

C'est vrai, madame, ça, il y a des scientifiques qui le disent, vous pouvez pas être d'accord, mais je peux vous dire, je vous invite à regarder le rapport du Giec qui fait autorité, le Giec dit : "Il faut sortir du charbon et des fossiles." Le charbon, nous, on en a encore quelques-unes, on a voté une loi, on va les fermer, et on le fermera toutes. On sera le premier pays à les fermer toutes.

Ensuite, il y a le gaz. On a des centrales à gaz, on en a encore, mais on en a très peu. Troisième élément : le nucléaire.

C'est 75 % aujourd'hui de notre production électrique. Le nucléaire, il ne produit pas de CO2. Il ne produit pas de CO2.

Mais il produit des déchets. Il y a la chaîne des déchets aériens, vous avez totalement raison. Mais si notre bataille, et j'y reviendrai tout à l'heure, c'est la bataille contre les émissions, et la stratégie de Paris, c'est ça.

On peut avoir des désaccords sur le nucléaire, madame, mais les émissions de CO2, je sois obligé de vous le dire, c'est comme ça que ça se passe, le nucléaire produit moins de CO2 pour faire de l'électricité que n'en produisent le gaz ou le charbon. Et puis il y a le renouvelable, qui en produit encore moins, mais le renouvelable a un défaut par rapport au nucléaire, c'est que c'est une énergie intermittente. Et donc si on veut remplacer, et c'est d'ailleurs pour ça qu'un pays comme l'Allemagne, qui est sorti du nucléaire, qu'est-ce qu'il a fait ?

Bien qu'ayant investi massivement dans le renouvelable, il a rouvert des centrales à charbon et il a raugmenté fortement son émission de CO2. Je vous invite à regarder tous les rapports internationaux qui font autorité en la matière, et je me réfère à notre étudiante, sur ce sujet. Donc nous, aujourd'hui, nous avons une production d'électricité qui est la plus décarbonée d'Europe et la moins chère grâce au nucléaire.

Ce que nous voulons faire, c'est réduire la dépendance au nucléaire et pouvoir faire monter le renouvelable. C'est pour ça que, 1, on veut en produire davantage, et que 2, on veut aussi innover, ça, c'est l'innovation privée, les technologies de batterie ou de stockage, parce que la vraie substitution, elle se fera quand on pourra totalement remplacer une centrale nucléaire par des renouvelables avec la même sécurité d'approvisionnement. Et donc pour ça, il faut pouvoir stocker l'électricité ainsi produite et donc il faut des techniques de stockage, dont les batteries, et ça, c'est l'innovation.

Donc voilà le point, mais il y a le sujet des déchets. Le nucléaire a ses défis propres, et c'est d'ailleurs pour ça que nous devons en réduire la dépendance, mais dans une stratégie de lutte contre les émissions de CO2, il est moins néfaste que le charbon ou le gaz. Sur... notre petite fille de CE2.

Elle a dû partir se coucher, mais c'était un formidable exemple de ce sur quoi je voulais revenir, et ce que vous avez dit, madame, tout à l'heure. Elle est là, monsieur le Président. Tu as donné un parfait exemple de ce qui a été dit par madame et par la dame qui m'a interpellé sur la culpabilisation, par vous, et ce que vous venez de dire.

La bataille contre le réchauffement climatique pour la biodiversité, c'est une bataille qui se mène collectivement. C'est-à-dire que l'Etat ne peut pas la gagner tout seul. Et ça n'est pas juste à coups de lois, de règles, c'est à coup d'initiatives personnelles, de mobilisations collectives, ça commence au plus jeune âge, et la nouvelle génération qui, en classe de CE2, sait déjà faire de tri et en plus, le recycle pour acheter des livres, et celles qui se mobilisent dans les marches pour le climat, c'est un formidable exemple.

Donc merci de nous avoir apporté ce témoignage ce soir et en plus, d'avoir affronté, ce qui est normal la timidité qu'on a à 7 ans pour venir s'exprimer devant tout le monde. Tu vois, tout le monde t'applaudit. Et donc sur ce sujet, vous l'avez d'ailleurs très bien dit, on fait, en effet, déjà, beaucoup.

Je crois que c'était vous qui m'avez interpellé, et vous m'avez posé une question...

Non, c'était un témoignage sur le fait qu'en France, nous avions déjà fait beaucoup. Ca rejoint ce que disait votre voisine. On peut faire encore plus, moi, j'en suis convaincu, et je vais conclure sur ce point, mais ça doit pas toujours être une confrontation en disant : "L'Etat doit tout faire par des lois", ou ceci ou cela.

L'Etat doit, parfois, permettre de faire, ouvrir, mais c'est aussi la mobilisation de la société civile de l'innovation qui permet d'avancer. Alors par rapport à vos points, moi, j'ai jamais culpabilisé personne, donc je suis assez tranquille. Parfois, on me culpabilise beaucoup.

Donc je comprends très bien ce que vous vivez, mais on peut pas rester dans ce face-à-face. Moi, je l'ai dit, il y a eu, on le voit bien dans le débat qui a été au coeur de cette crise, en effet, le sentiment de certains d'être culpabilisés, de dire : "C'est, au fond, ceux qui sont déjà dans la difficulté sociale "à qui on dit : 'Vous polluez trop.'" Ce dont on doit sortir...

Ce par quoi on doit sortir de ce débat, c'est, 1, de dire : "On ne doit rien réduire dans notre ambition environnementale, "rien", parce que c'est une bataille fondamentale pour nous et nos enfants. Fondamentale. Mais la solution, elle est parfois dans l'initiative locale, parfois dans des lois plus ambitieuses, parfois dans la capacité, la liberté qu'on laisse à faire telle ou telle chose, elle est multiple, c'est un panel de solutions, mais elle peut pas passer par la culpabilisation.

J'ai pris note, ensuite, de vos propositions sur les simplifications en matière de TVA. Je ne suis pas sûr d'accéder à votre demande sur le numéro de Sécu, et je voulais simplement vous dire que maintenant, on parle, d'ailleurs, plus de droits de l'homme, mais de droits humains accédant à votre demande, et ça a été, je crois, annoncé par la ministre et le ministre des Affaires étrangères le 8 mars dernier. Madame, vous m'avez parlé de vos papiers, et...

Oui, voilà. Je vais pas, ici, faire un traitement de cas particulier, et donc il faudra...

Le préfet qui est là va regarder votre cas. Soit vous êtes dans une situation où vous avez le droit, en fonction de votre vie familiale, des parents qui sont déjà là, à avoir un titre d'identité, et dans ce cas-là, il doit vous être donné. Soit vous courez un risque dans votre pays, je ne connais pas votre situation, je ne l'ai pas instruite, à ce moment-là, la préfecture doit transmettre le dossier à l'Ofpra.

Si vous courez un risque dans votre pays, il y a un office qui va le juger, vous avez même un droit de recours devant une commission ad hoc, et à ce moment-là, on vous donnera l'asile. Ca dépend de votre cas particulier, je ne le connais pas, mais c'est ça, la loi en France. Mais on peut pas rester 5 ans dans une situation intermédiaire parce que ça ne permet pas de construire une vie normale, et il doit y avoir des règles pour qu'on puisse accueillir celles et ceux qui ont vocation soit à être protégés, soit à pouvoir intégrer la communauté nationale. -Intervenante : Monsieur le président, juste pour...

Je connais pas la situation exactement, mais je sais qu'elle a fait une demande d'asile auprès de l'Ofpra et le CNDA, ça a été refusé. Là, elle est en train de constituer un dossier auprès de la préfecture de la Gironde, et elle attendra la réponse. 5 ans de présence sur le sol français... -E.

Macron : Oui, ça, ça dit quelque chose sur ce sur quoi je revenais tout à l'heure, c'est que c'est trop long. Les textes qu'on a passés, c'est pour raccourcir les délais d'instruction, parce qu'il faut qu'on puisse gérer dans les 6 mois ces types de dossiers. Mais il faut aussi accepter que quand l'Ofpra dit : "Vous n'avez pas droit à l'asile", et derrière, la CNDA vous déboute, ça veut dire que vous n'avez pas droit à l'asile.

Et si moi, je dis, parce que je suis le président de la République, que vous êtes devant moi : "Ils ont jugé que vous n'avez pas droit à l'asile, je vous l'accorde", le système n'a plus aucun sens. Parce que j'ai, l'année dernière, 120 000 personnes qui sont arrivées en demandant l'asile, et je ne sais pas combien y ont vraiment droit. Mais il faut, pour qu'on puisse instruire, accueillir dignement celles et ceux qui y ont droit, faire respecter les règles et aussi, quand c'est refusé, reconduire vers leur pays ceux qui n'y ont pas droit. -Intervenante : S'il vous plaît, j'en profite, j'ai le micro. -Mais si tout le monde en profite, je peux pas faire les derniers. -Intervenante : Non, c'est seulement...

C'est la voix de quelqu'un de Kurde, c'est moi qui parle aujourd'hui pour représenter le mouvement femmes kurdes ici. Je demande le soutien de monsieur le Président, monsieur Macron : ne lâchez pas les Kurdes, soutenez les Kurdes, et arrêtez la machine d'Erdogan. -E.

Macron : Sur ce sujet, j'ai toujours été...

Mais je suis d'accord, et sur ce sujet, j'ai toujours été clair, lorsqu'il y a une crise avec les Kurdes en Irak, j'ai été le premier chef d'Etat à inviter, vous le savez, le gouvernement du... de la région du Kurdistan en Irak, pour les accueillir et oeuvrer à une réconciliation.

J'ai été le premier à dénoncer la décision de retrait américaine en Syrie, laissant les FDS et en particulier la minorité kurde face à elle-même. Ils ont apparemment confirmé qu'ils allaient rester, je m'en félicite, et nous continuerons à être aux côtés de ceux qui ont été les combattants courageux. Je suis sensible à la cause, mais sur un cas particulier, je dois aussi rappeler quel est simplement le droit et je peux pas non plus, là, être dans la démagogie ou simplement dire : "J'apporte une solution immédiate à chaque chose." Je rappelais les règles, voilà.

Mais le cas de madame sera réexaminé comme il se doit, et la loi doit être appliquée comme il se doit, et nous sommes un pays qui protège celles et ceux qui sont en risque chez eux. Vous m'avez interpellé ensuite sur l'ambition française. Non, mais je réponds.

Vous pouvez ne pas être d'accord, mais vous pouvez pas me dire que je réponds pas. Alors, vous m'avez interpellé sur deux choses : biodiversité, changement climatique. Biodiversité, vous avez parfaitement raison.

La France, d'ailleurs, s'y prépare. On va accueillir à Marseille une conférence internationale sur la biodiversité l'année prochaine, et il y aura la COP biodiversité en Chine, et on est à ses côtés, et j'en parlerai avec le président chinois dans quelques semaines, ce qui est un moment important pour avancer et pour réussir, je l'espère, au niveau de la biodiversité ce qu'on a réussi sur le climat. Ensuite, vous me parlez des résultats et des politiques.

Moi, comme vous...

Il y a eu une mobilisation du secrétaire général des Nations unies, on a été au maximum pour éviter que Katowice soit un recul. On l'a évité. Mais est-ce que les résultats sont suffisants ?

Est-ce qu'on va assez vite ? Non. En France, quelles sont les mesures qu'on a ?

On a les années 2015-2016 où ça a redécollé. D'abord, les lois qu'on vient de repasser, elles ne pouvaient pas avoir d'impact avant, on les mesurera plutôt en fin du quinquennat qui est le mien. Et pourquoi ça a redécollé ?

Parce que l'activité économique a redécollé, et quand l'activité économique repart, les entreprises travaillent plus, les gens se déplacent plus, et donc on a davantage réémis. Face à ça, nous, qu'est-ce qu'on fait ? 1 : fermeture des centrales à charbon, comme je l'ai dit.

Pour la production d'électricité, c'est la mesure la plus efficace. 2 : on a pris la décision de ne plus accorder de nouveaux permis hydrocarbure, ce qui est un point très important. Beaucoup m'en ont voulu parce qu'ils ont plein d'opportunités, on va renoncer à ces opportunités parce que c'est un point qui, sur les émissions, est très négatif. 3 : ce sont toutes les innovations, et on en a parlé, sur la voiture, c'est-à-dire changer le parc de voitures individuelles pour essayer d'inciter les gens à acheter des véhicules moins polluants et en même temps qui consomment moins et qui leur permettent d'économiser, et avoir une vraie stratégie sur l'hydrogène et l'électrique.

Ca, ce sont les mesures qui nous permettent vraiment d'avoir une réponse du point de vue de la politique publique. Et puis c'est une mobilisation générale, et ce à quoi ce Grand Débat doit conduire, c'est que la réponse à ce défi, elle est dans nos comportements individuels, elle est dans les choix de tri, elle est dans les pratiques au niveau de l'entreprise, au niveau du ménage, au niveau de chaque individu, elle est dans le fait que chacune et chacun, on doit avoir des comportements responsables parce que c'est l'addition de ces comportements qui permet d'avoir véritablement une réponse efficace à ce réchauffement climatique. Donc nous ne sommes pas, aujourd'hui, au rendez-vous du résultat parce que les textes qui sont pris par chaque pays, ils sont venus dans les années qui ont suivi, et on a une première qui a été prise mais pour les 20 ans à venir, en 2015, et nous, on les a passés en 17 et 18.

Mais je peux vous dire que je suis déterminé, et pour que les choses puissent avancer, moi, je crois dans la transparence et la science, et donc c'est pour ça que j'ai décidé qu'on nommerait, comme on le fait pour le budget, un haut comité indépendant qui a été installé il y a quelques semaines avec des sommités, c'est-à-dire des scientifiques totalement indépendants, internationaux, français, qui, comme on le fait pour les sujets budgétaires, où on a des experts indépendants qui, chaque année, vous disent : "Le gouvernement fait bien ou ne fait pas bien". Eux pourront vous dire : "Les rendez-vous sont là, "les résultats sont présents ou pas." Et ça, je pense que c'est un point extrêmement important. -Monsieur Macron, je me permets de vous interrompre.

Etre animatrice de débat, c'est un rôle ingrat, parce que je vais couper les participants et je vais couper le président de la République. On a promis aux participantes qu'on allait faire un thème sur les questions de société et qu'on allait aborder des thématiques qui sont spécifiques... -E.

Macron : J'avais, de toute façon, terminé. Pour vous dire que sur cette bataille qui est essentielle pour la société, c'est la mobilisation de tous. Donc je ne prendrai pas des lois pour interdire les publicités, par contre, vous pouvez, par l'engagement citoyen, démontrer que ces publicités ne sont pas efficaces.

C'est ça, le meilleur comportement, c'est aussi par la mobilisation, par les choix. Aujourd'hui, notre jeunesse, elle est en train de montrer qu'il faut aller plus vite, elle nous met la pression tous les vendredis. C'est pas une loi, c'est pas l'Etat.

Et donc la solution à la transition climatique et à la problématique du réchauffement, elle est aussi dans un changement très profond du fonctionnement démocratique. C'est pas l'Etat et les pouvoirs publics face à la société en soutien, en interpellation, c'est la société tout entière mobilisée pour aussi changer les comportements en profondeur et porter sa part de solution. Voilà ce que je voulais dire. -E.

Macron : Merci. Excusez-moi de vous avoir interrompu. On avait promis aux femmes qu'on allait parler des questions de société et qu'on allait terminer à 22 h.

Pour 22 h, c'est mort, mais pour les questions de société, on va quand même essayer de les aborder. Ce que je vous propose, par contre, c'est qu'on va zapper le 4e thème, qui est le thème de la démocratie. On va essayer de faire ça en même temps.

Si on a le temps, après, on va reprendre les questions. J'ai bien vu toutes vos mains. Ce qu'on va juste se dire, c'est qu'on va aborder un certain nombre...

On a abordé un certain nombre de sujets, On a abordé beaucoup de sujets, mais ce qu'on avait envie de se dire aujourd'hui, c'est ce qui était la spécificité de ce débat de femmes, c'était qu'on voulait en profiter pour aborder un certain nombre de questions de société, qui sont des questions qui nous touchent particulièrement. Ce que je vous propose, maintenant, c'est qu'on aborde, par exemple, des thèmes de parcours professionnel. Est-ce que certains ont envie de partager avec nous...

J'ai compris. Je vais juste poser ma question. Est-ce que certaines ont envie de partager avec nous leur parcours professionnel, les choix qu'elles ont faits, les choix qu'elles ont pu faire, les choix qu'elles n'ont pas pu faire, et les types de responsabilité, et les types de discrimination auxquels elles ont été confrontés.

Est-ce que certaines d'entre vous ont envie de partager avec nous leur quotidien de maman solo et de nous dire quelles solutions pourraient vous être apportées dans votre quotidien. On peut également aussi parler de votre rôle d'aidant familial, pour savoir les conséquences de ce rôle sur votre équilibre professionnel et sur votre équilibre familial. On va, évidemment, parler de discrimination, parler d'inégalités, mais juste entre nous, si certaines d'entre vous ont envie de partager des expériences réussies, ont envie de partager des succès qu'elles ont eus en tant que femmes, elles sont aussi les bienvenues, et le micro leur sera tendu.

Je vais démarrer juste par madame en rouge parce que je lui ai promis la parole, et ensuite, je vais essayer de répartir la parole au mieux. Merci. -Intervenante : Je te remercie.

Bonsoir. Monsieur le président de la République, Madame la ministre, Madame la députée, les élus, l'assistance, bonsoir encore une fois. Je m'appelle Siham Fadli.

Je suis présidente de l'association Rameem, qui est une radio Web à Bordeaux. Je suis aussi responsable d'agences de sécurité privée à Bordeaux depuis 5 ans. Vous souriez, monsieur le Président.

Vous avez compris que c'est un métier d'hommes. J'aime bien votre clin d'oeil. Donc ce métier d'hommes, pendant 5 ans, c'est piloter, manager, de l'humain...

Je me rapproche. On me demande de me rapprocher. C'est gérer de l'humain, encore plus...

D'abord, c'est difficile, mais on gère des hommes et on est une femme à la tête d'une agence, dans une période très critique, avec le plan Vigipirate, avec des sites sensibles où on est tenus de faire du gardiennage, de la sécurité des biens et des personnes. Ce travail est très passionnant. Pour moi, c'était un accident de parcours, car j'étais journaliste dans un autre pays, mais j'exerce ce métier avec amour.

Ce que je voulais vous dire, monsieur le Président, c'est que ce métier, il ne faut pas qu'il soit une exclusivité masculine. Je suis une femme, une preuve devant vous que j'ai exercé ce métier pendant 5 ans. J'ai eu le plaisir de découvrir plus d'une vingtaine de nationalités, car ce métier brasse beaucoup de nationalités et donc beaucoup de cultures.

Une problématique que je pose ce soir est la suivante : quand il y a eu la coupe d'Europe, Bordeaux a participé, on avait un besoin de femmes agentes de sécurité, car il a fallu faire la palpation. Monsieur le préfet est là...

Donc c'était très difficile, et la FIFA a imposé ça. Donc mesdames, le métier de l'agent de sécurité, s'il vous plaît, ne dites plus "vigile", dites "agent de sécurité", car c'est un métier à part entière. Et surtout, je fais un appel aux femmes, s'il vous plaît, vous pouvez accéder à ce métier car il est très passionnant.

Moi, dans mon agence, malheureusement, j'en ai pas beaucoup, j'ai trois filles, mais quand on a des événements, on est obligés de recruter, donc c'est une denrée rare. Donc j'invite toutes les femmes, toutes les filles, toutes les étudiantes, même à temps partiel, elles peuvent intégrer le milieu de la sécurité privée. Monsieur le président de la République française, je vous fais un appel pour sensibiliser les femmes à rejoindre ce métier.

Merci. -Merci beaucoup. Vous avez bien fait d'attendre.

Vous avez eu, et du recrutement à venir et une bise du Président. Il y a d'autres personnes qui ont envie de témoigner en tant que manager d'hommes, par exemple ? Il me semble que par là, il y a des personnes qui ont envie de témoigner.

Je vous donne la parole. -Intervenante : Bonjour, monsieur le Président, bonjour, madame la ministre, madame la députée. Madame la ministre, je sais que vous êtes très sensibilisée par ces questions d'égalité professionnelle.

Moi, je viens, puisque vous parliez de parcours professionnel. Moi, il y a 2 ans, ma vie a basculé, j'ai vécu un burn-out. J'étais notaire, j'étais une super woman, et du jour au lendemain, je me suis effondrée.

Un burn-out, en fait, c'est pas un simple...

Pardon, "un simple épuisement". Un burn-out, c'est un effondrement psychique, psychologique, c'est une perte totale de ses capacités cognitives, ça engendre des dépressions, ça peut même provoquer des décès, parfois. La question, en fait, c'est qu'aujourd'hui, là, j'interviens en tant que présidente de l'association L-Burnt, on a créé un collectif de "burnettes" comme moi.

On est des femmes qui avons un travail, des enfants, et on a du mal, justement, par rapport à ce que disait la personne, à concilier tout ça. Aujourd'hui, aborder la question du burn-out des femmes, c'est aborder la question des inégalités professionnelles, de la charge mentale, du harcèlement, du sexisme au travail, comme facteur aggravant de la santé des femmes, comme facteur d'épuisement des femmes. Ma question, c'est : est-ce qu'on a suffisamment accompagné les politiques d'égalité professionnelle en créant la mixité, ça, c'était bien, mais en ne les pensant pas de façon globale, c'est-à-dire en ne pensant pas à la conciliation vie professionnelle, vie personnelle ?

Est-ce que vous, justement, vous avez des réponses à apporter par rapport à ça ? Est-ce que les politiques publiques peuvent aider les femmes pour pas provoquer cette difficulté dans la vie des femmes ? Concilier leur vie de femme, de mère, de super woman, et qu'on finisse pas comme nous, les "burnettes", en burn-out, ce qui est une catastrophe pour la société.

C'est un coût énorme pour la société, entre 2 et 3 milliards de coût par an. Pour la Sécu, pour le chômage, aussi, parce que la majorité des chômeurs qui ont fait des burn-out sont en reconversion, comme nous. Et en fait...

Voilà. C'était vraiment cette question-là que je voulais aborder, et aussi le manque de prise en charge. Il y a pas du tout de prise en charge pour les personnes victimes de burn-out.

Vous êtes laissés pour compte. La maladie n'est même pas reconnue, en fait. En fait, on est des dépressifs...

Je critique pas du tout la dépression, souvent, ça engendre la dépression, mais le burn-out n'existe pas, la sécurité sociale ne veut pas s'investir de cette question, il y a personne pour accompagner les personnes qui sont, pendant des années, souvent en arrêt, qui s'éloignent de l'emploi. Nous, avec l'association, on veut créer une structure pour accompagner les personnes victimes de burn-out, les aider socialement à coordonner les soins, à coordonner tout ce qui est administratif, juridique, mais on a besoin de vous, on a besoin de vous pour expérimenter ça. Madame la ministre, si vous voulez, je vous donne mes coordonnées, si vous voulez qu'on expérimente quelque chose, il y a pas de souci.

Merci. -Merci beaucoup. Je vais me permettre de vous répondre.

D'abord, merci pour ce témoignage qui est très courageux pare que c'est difficile de parler du burn-out. Il y a toujours des gens qui vont vous dire le fameux mantra "Sois fort, fais des efforts", et des choses qu'on entend en permanence dans une société de la performance et qui valorise complètement la performance et qui dévalorise, avec une forme de non-droit à l'échec. C'est-à-dire qu'on est dans une société où on n'a pas vraiment le droit de réussir parce que c'est mal vu de trop réussir, mais on n'a pas non plus droit à l'échec.

Donc ça nous laisse une ligne de crête assez mince pour vivre notre vie librement, et particulièrement quand on est des femmes. Parce que quand je vous écoutais, je crois que la question du burn-out qui me tient à coeur, vous l'avez dit, vous savez que j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet dans le passé, je pense qua ça vient aussi des doubles injonctions et des doubles standards qui sont faits aux femmes, c'est-à-dire que nous, on doit, les femmes, à l'inverse des hommes, on doit être à la fois des grandes professionnelles avec rien qui dépasse, toujours impeccables, habillées à la dernière mode, nous occuper très bien de nos enfants, faire des purées maison ou des compotes maison, et en même temps, être en train de tenir le stand...

Faire du sport, tenir le stand de chamboule-tout à la kermesse, faire une tarte aux pommes pour la fête d'anniversaire, préparer le sac de piscine, et tout à l'heure, on parlait de parent 1, parent 2. Est-ce que vous avez remarqué que les écoles, quand un enfant est malade, elles savent qui est le parent 1. En général, elles appellent la maman, et c'est rarissime qu'elles aillent appeler le papa.

D'ailleurs, moi, à l'époque, j'avais mis sur les fiches "Appeler son papa d'abord", souligné deux fois. Je le recommande. Donc je pense que derrière, il y a vraiment cette question et cette question aussi du double standard.

C'est ce que je vous disais dans l'introduction du débat, sur le fait...

Je crois que c'est très lié, ce que vous dites avec ce qu'on disait au début, c'est-à-dire pourquoi les femmes n'ont pas beaucoup osé prendre la parole, finalement. Parce que je crois que pour les hommes, il y a une présomption de compétences, et pour les femmes, il y a une présomption d'incompétences. Quand vous êtes dans n'importe quelle prise de parole publique, il y a un homme qui arrive en costume avec une cravate, vous dites : "Il doit être expert de quelque chose." On sait pas de quoi, mais il a l'air d'un expert.

Et quand il y a une femme qui arrive, là, vous vous dites : "Ah ! Ben, qu'est-ce qu'elle fait là, elle ?" Et je crois que ce double standard pèse énormément sur le femmes parce qu'on attend beaucoup plus de nous.

Est-ce qu'on peut répondre à ça avec des politiques publiques ? Je crois que oui, en partie, parce que l'égalité femme-homme, c'est aussi un combat culturel qui se gagne dans les esprits et qui se gagne en dénonçant ces faits. Je crois que c'est pour ça que notre mantra au gouvernement, c'est ne rien laisser passer pour travailler là-dessus.

Et pour répondre plus précisément sur ce que vous dites sur l'accompagnement, on a commencé à mener un travail avec la ministre du Travail, ma collègue Muriel Pénicaud, pour faire en sorte que ce sujet, il soit abordé par les partenaires sociaux lors des négociations. Donc on a mis, déjà, un certain nombre d'obligations sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail, parce qu'il y a le harcèlement sexuel, mais il y a aussi le harcèlement moral sexiste, c'est-à-dire qui n'est pas du harcèlement sexuel vraiment, mais qu'il y a une entreprise de démolition et de dévalorisation permanente des femmes en remettant en cause leurs compétences. Et là, je reboucle avec une intervention qui a été faite, la toute première intervention, je crois, sur la femme qui est développeuse Web, je sais pas si vous êtes...

Elle est partie. D'accord, mais je vais répondre quand même...

On comprend tout à fait qu'elle soit partie. Je vais répondre quand même à sa question parce qu'elle était, pour moi, hyper intéressante, et en plus, il y a un contexte...

Je sais pas si vous avez vu que l'Académie française vient de dire que rien ne s'opposait au fait de féminiser les noms. C'est super. Enfin.

Donc on est très contents et très contentes, et effectivement, monsieur le Président, la dame qui était là tout à l'heure, elle nous disait qu'elle était développeuse Web, mais qu'on lui avait conseillé, pour trouver du travail, de dire qu'elle était "développeur Web". Mais elle, elle voulait dire qu'elle était développeuse Web. Je crois que ce qui est important là-dessus, c'est que chacune puisse faire le choix du nom de métier.

Je sais qu'il y a des femmes ambassadrices qui ont envie qu'on les appelle "Madame l'ambassadeur", des femmes qui ont envie qu'on les appelle "Madame l'ambassadrice". Florence Parly, qui est ministre des Armées, elle a dit, l'autre jour : "La colonelle, c'est pas la femme du colonel, "c'est la colonelle." Et donc elle soutient fortement la féminisation des noms.

Moi, je crois que la question du langage, elle est importante, parce qu'on voit que dès lors qu'on féminise quelque chose, c'est comme si on dégradait la fonction. Quand on dit, on parlait du sport, tout à l'heure, on dit "un entraîneur", c'est classe, c'est le coach, c'est le boss. "Une entraîneuse", tout de suite, ça le fait un peu moins.

Donc je crois qu'on a aussi cette dégradation systématique du métier dès lors qu'on le féminise pour faire comme si c'était accessoire, rigolo, ou que ça prêtait aux blagues, et je pense que ça contribue à ces doubles injonctions. Il y a un institut qui s'appelle l'institut Catalyst, qui a édicté il y a quelques années ce qu'on appelle les normes masculines du pouvoir, et dans les normes masculines du pouvoir, il y a l'esprit de clan mais il y a aussi le refus de l'émotion, et ça, je crois qu'on le voit vraiment dans le burn-out, parce que le "burn-out", ça vient d'un mot japonais "brûler de l'intérieur", et c'est traduit comme tel. Et l'épuisement professionnel, ou un épuisement parental, parce qu'il y en a aussi sur ce sujet, vous avez parlé de charge mentale, vous avez bien fait, je crois qu'il vient de ça aussi.

Il vient aussi de ces injonctions qui sont énormes et de ce refus de l'émotion, ce refus de l'empathie, et du fait qu'on n'a pas le droit d'exprimer un certain nombre d'émotions dès lors qu'on est dans une sphère de travail où on doit se comporter quasiment comme des machines. Et nous, on lutte contre ça avec Muriel Pénicaud mais aussi avec Olivier Dussopt, qui s'occupe de la fonction publique et qui a mis en place énormément de mesures pour la qualité de vie au travail, et particulièrement pour faire en sorte que les femmes puissent progresser dans leur carrière tout au long de leur vie. Et puis il y a un dernier sujet qui est lié à ça, ce qu'on observe, et moi, je l'avais beaucoup vu avec mon association, à l'époque, c'est que les burn-out faits par les femmes, ils sont souvent faits dans une tranche d'âge particulière qui est cette tranche d'âge pendant laquelle on a nos premiers enfants et qu'en plus, c'est la tranche d'âge...

C'est votre tranche d'âge à vous ? Les "burnettes", voilà. Et c'est aussi la tranche d'âge pendant laquelle on est estimées comme étant à potentiel.

C'est-à-dire que vous êtes des potentiels, donc on mise beaucoup sur vous, vous pouvez évoluer. Et nous, on est en train de se battre pour faire en sorte pour qu'on soit considérés comme à potentiel aussi après 50 ans. Il n'y a pas de raison que les femmes ne puissent pas faire carrière au début parce que, potentiellement, un jour on va tomber enceinte et on va partir en congé maternité, mais pas non plus à la fin parce que c'est trop tard pour nous, parce que la ligne de crête, elle est vraiment trop fine.

Donc nous, on fait en sorte de promouvoir ce qui s'appelle, dans les pays anglo-saxons, le "late-blooming", et de dire qu'après 50 ans, les femmes, et les hommes aussi, mais les femmes particulièrement, sont encore à potentiel et que notre carrière et notre trajectoire, elles s'arrêtent pas à 35 ans. On peut être évolutive, on peut se reconvertir, on peut faire plein de choses au-delà de 50 ans, et je crois qu'il faut continuer à le dire. Et je voulais répondre rapidement sur deux autres sujets.

On a beaucoup parlé des centres d'hébergement, j'y reviens pas, le Président a tout dit, mais juste vous dire qu'on a surfinancé des centres d'hébergement dans la région pour faire en sorte...

On a levé une réserve et de l'argent en plus de la ligne de crédit habituelle sur les centre d'hébergement pour les femmes, on a rajouté de l'argent et des financements, mais je voudrais vous dire que si vous identifiez des centres d'hébergement, des choses sur lesquelles il n'y a pas assez de moyens, vraiment n'hésitez pas à vous adresser soit, d'une part, au préfet, soit, d'autre part, à vos députés. Bérangère Couillard, elle est extrêmement engagée sur l'égalité femmes-hommes. Elle est, comme je le disais tout à l'heure, dans la délégation aux droits des femmes.

Elle nous fera remonter toutes les demandes. Je vous dis pas qu'on aura un financement à chaque fois, mais en tout cas, on cherchera une solution ensemble pour faire en sorte que ce soit financé. Je voulais partager avec vous une bonne nouvelle, je sais pas si vous l'avez vue, je crois pas que ça a été très relayé dans les médias, mais la France vient d'avoir un indice de 100 sur 100 pour les questions d'égalité femmes-hommes.

C'est l'indice de la Banque mondiale. Ca veut dire qu'on est dans les pays du monde les plus avancés en termes de législation. Alors maintenant, je crois que notre enjeu à toutes et à tous, et particulièrement à nous, le gouvernement, c'est notre responsabilité en premier lieu, ça va être de passer de cette égalité parfaite dans la loi à une égalité vraiment réelle, et c'est ce qu'on est en train de faire sur les écarts de salaire pour faire en sorte, parce que ça fait 40 ans que c'est interdit de moins payer une femme qu'un homme à compétences égales, là, on passe d'une obligation de moyens à une obligation de résultats.

Et là, bientôt, dans quelques jours, on est le 28 février, donc dans quelques jours, vraiment, les grandes entreprises vont publier leur pourcentage d'écart de salaire entre les femmes et les hommes. Donc d'une part, on pourra faire du "name and shame" et dénoncer celles qui discriminent les femmes et qui les payent moins que les hommes, et d'autre part, on va les obliger à rattraper cet écart de salaire, parce qu'il n'y a aucune raison en France, en 2019, qu'une femme soit payée moins qu'un homme. Le micro. -Merci beaucoup pour toutes ces précisions.

J'ai promis la parole à madame. -Intervenante : Bonsoir, monsieur le Président, madame la ministre. Moi, je vais commencer mon parcours.

J'ai fait mes études en Algérie pendant la décennie noire. Donc c'était un certain courage, mais c'était choisi. Mais je cherchais plus de liberté, donc je suis arrivée en France pour finir mes études, chose qui n'a pas abouti pour X ou Y...

Bon. C'est pas grave. J'ai enchaîné les formations, très rapidement, j'ai eu un CDD au service de la proximité.

Je suis en mairie de quartier, je vais pas citer laquelle, mais...

Je suis en mairie de quartier, mais j'enchaîne les CDD. C'est des contrats précaires. Donc je suis très impliquée, ma direction me propose une titularisation.

Mais ça bloque, parce que je suis pas naturalisée, demande que j'ai faite en 2016. Ma demande a été traitée en 2019, et c'était un refus. Parce qu'à la date du dépôt, j'avais pas atteint les 5 ans, alors que la demande a été traitée là, en 2019.

Donc après 3 ans d'attente, ça a abouti sur un refus. Donc je...

Vous pouvez pas imaginer la déception. Mais malgré ça, je vous dis, je regrette pas d'être ici. J'ai cherché une liberté, je l'ai, et je vais l'avoir pour mes filles.

Je veux pas que mes filles vivent ce que j'ai vu, moi, pendant ma jeunesse, pendant mon adolescence. J'ai pas connu une grande liberté, j'ai jamais, d'ailleurs, été en boîte, mais j'espère que mes filles vivront la liberté que je n'a pas eue pendant ma jeunesse, mais que j'ai là. Par mon travail, j'ai lié beaucoup d'amitiés, je suis très épanouie, je passe mon permis, je suis indépendante de mon mari, j'ai pas besoin de demander à mon mari des sous pour que je puisse m'acheter un T-shirt...

Mais moi, je m'investis. Je ne regrette rien, je suis toujours là, j'accepte les CDD, mais je veux comprendre pourquoi ce mépris par la préfecture. Je travaille, je n'ai jamais touché le social ni RSA ni rien.

J'ai enchaîné les formations, j'ai fait tout ce que je pouvais, donc je vois pas. Moi, je donne, j'aimerais bien aussi que la France me donne un petit peu. Peut-être je demande trop.

Déjà la liberté, c'est énorme. Mais voilà, peut-être ça va me permettre de m'épanouir sur le plan professionnel. J'ai besoin de cette stabilité.

Vous imaginez la boule au ventre à chaque fin de contrat. Voilà. C'était juste ça. -Merci madame, pour ce témoignage courageux.

Merci beaucoup. (Applaudissements) -Je vous remercie de me laisser la parole à propos de quelque chose qui me tient extrêmement à coeur. Je voulais remercier d'abord madame Schiappa et madame Couillard pour leur investissement auprès des femmes.

Je vais vous parler justement de problèmes de femmes et de problèmes un peu particuliers. Je me suis moi-même en tant qu'intervenante dans le milieu social accompagnant des jeunes mineurs...

J'étais professeur de littérature, maintenant, je fais du soutien scolaire avec des jeunes mineurs et aussi avec des personnes africaines, des femmes africaines, et c'est de ces personnes africaines que je veux parler à toutes les femmes qui sont là. Je me trouve dans une situation, je dirais presque, à la limite du désespoir parce que ça finit par nous atteindre, "nous", qu'on appelle "les aidants", vous connaissez le mot, parce qu'on se trouve dans une impasse dans certaines situations que je vais vous expliquer. Alors, voilà.

Beaucoup de ces femmes africaines sont parties de leurs pays, je ne dis pas "toutes", mais je dis certaines personnes sont parties parce qu'elles ont subi des choses absolument innommables. Vous connaissez tous le problème, n'est-ce pas, de l'excision, de l'infibulation...

Je n'ai pas besoin d'expliquer. Ca peut être aussi des violences, bien entendu, des mariages forcés, des jeunes filles qui sont mariées de force à des personnes plus âgées...

Je pense que vous savez tout ça. Mais j'en viens au problème concret qui est posé à ces personnes. Elles arrivent donc sur le territoire, quelques fois, elles ont des enfants et des petites filles, et ce qu'elles veulent avant tout, c'est les protéger, ces petites filles, contre l'excision.

C'est-à-dire elles ne veulent pas que leurs petites filles soient dans la même situation. Je pense que vous comprenez toutes. Elles arrivent donc sur notre territoire, ces femmes-là, et, bien sûr, qu'est-ce qu'elles font, elles demandent, elles font un dossier pour obtenir le refuge.

N'est-ce pas ? Vous le comprenez ? Ca prend du temps.

D'accord. Ca peut prendre 5 ans, quelques fois ça prend 3 ans. Elles attendent avec beaucoup d'espoir puisqu'elles sont venues en France.

Vous imaginez le parcours que ça représente pour une femme de venir. Une femme n'arrive pas facilement en France. Il faut qu'elle passe sous les fourches caudines de beaucoup de choses avant d'arriver.

Elles arrivent enfin, elles demandent le refuge, et après tout ce temps d'attente, on leur dit non parce que, bien sûr, ce n'est pas une revendication politique. Et je le comprends tout à fait. On leur dit : "Bon.

Voilà... "Finalement, c'est des problèmes familiaux".

Vous voyez, ce que je veux dire ? Et on leur refuse donc...

J'ai auprès de moi 2 personnes, qui ne veulent pas parler parce qu'elles sont intimidées, mais qui sont exactement dans ce cas, et j'en connais beaucoup d'autres. Alors la question qu'on se pose, c'est que le jour où elles reçoivent le refus, pendant le temps où elles attendaient, elles ont été logées en général dans un CADA, parce que la République française, et c'est très chouette, les loge en attendant. A ce moment-là, on leur dit : "C'est fini, maintenant. "Vous sortez.

Vous êtes dans la rue." Elles font quoi, ces femmes ? Elles n'ont pas de papiers.

Elles se retrouvent nues dans tous les sens du terme. Elles ne peuvent pas revenir chez elles. Elles sont en danger.

Vous le savez tous. Elles ne peuvent pas rentrer. La plupart craignent carrément la mort.

De toute façon, leurs familles, souvent, les ont vendues. Elles ne peuvent même pas demander l'aide de la famille. Alors, le problème qui se pose pour ces personnes qui sont à la rue...

Quelques fois, elles arrivent à se faire héberger. Ouf ! Au moins déjà, elles ont un lieu pour dormir.

Il y en a qui ne peuvent pas. Elles dorment dehors. Dehors.

Et la journée, elles peuvent aller faire un petit peu leur toilette dans certaines associations. Vous voyez ce que ça représente pour une femme d'être à la rue ? Oui, je sais que vous voulez me couper, mais je veux terminer car je veux demander quelque chose.

Oui. Voilà. Je pense que tout le monde a compris.

Le problème, c'est que là, il y a une sorte de vide juridique. Et c'est en ce sens que je m'adresse à vous aussi, monsieur le président de la République et à madame Schiappa. Dans ces cas-là, est-ce qu'il y a une possibilité, même au niveau légal, au niveau juridique, d'instituer une sorte de refuge qui ne soit pas le refuge classique international et qui pourrait prendre en charge ces femmes ?

Je ne dis pas encore une fois toutes les femmes africaines. Il faudrait regarder les cas. Et j'en ai 2 auprès de moi.

Je vais dire la dernière chose. Je sais que vous voulez me couper, mais je tiens vraiment à parler de ça. C'est qu'une de ces personnes que je connais a été tellement dans cette misère qu'on lui a enlevé ses enfants, en lui disant : "Maintenant, vous ne pouvez plus "garder vos enfants avec vous".

On les lui a pris. Le juge des enfants lui a enlevé ses enfants. Et maintenant, comme elle est dans la rue, elle n'a pas le droit de voir ses enfants parce qu'on lui dit : "Vous êtes dans la rue. "Vous n'avez aucun endroit où les recevoir".

On fait quoi ? Là, il y a un vide, je dirais, juridique. Et j'attends vraiment une réponse. -Merci, madame.

Non, ne vous excusez pas. Merci. Merci beaucoup.

Ecoutez. Il y a beaucoup...

Je crois que je vous ai déjà donné la parole. Dix secondes. Bien sûr.

On crée des mécontentes. -Moi, je vais vraiment prendre la parole pour dix secondes, monsieur le président de la République. Je voulais vous demander où est-ce que ce problème est né ?

Comment est-ce qu'on est arrivés à ce que des gens pensent que la France est une dictature ? Ce que j'ai pu entendre dans la bouche de plein de gilets jaunes ou même des gens dans la rue ou les transports en commun. Comment est-ce qu'on en est arrivé à ce point ?

Et pourquoi vous avez attendu aussi longtemps pour prendre la parole comme vous l'avez fait devant 21 millions de personnes ? Enfin, pardon, 23 millions de personnes. Ce qui est plus que les 21 millions qui ont regardé une coupe du monde qu'a jouée Mbappé.

Enfin, c'est un truc mais totalement délirant, quoi ! C'était ma question. Et je vous laisse. -Merci beaucoup.

Merci pour votre question. -Bonjour, monsieur le Président. J'aimerais parler des grands oubliés de ce débat national, à savoir les jeunes, et notamment les jeunes de banlieues.

On parle très peu d'eux. -Mettez votre micro plus près. -On parle très peu d'eux.

On leur donne très peu de moyens. Le problème de la France, malgré toutes les politiques publiques qui ont été faites, c'est les facteurs des déterminismes sociaux qui sont encore beaucoup trop présents. C'est très difficile quand on vient des banlieues de s'en sortir dans les études et encore plus de trouver un job par la suite, un job à la hauteur de nos qualifications.

Et j'aimerais, si possible, que plus de moyens soient mis pour ces quartiers, pour ces jeunes, et pour lutter contre ce plafond de verre. -Du coup, moi, je voulais rebondir sur ce que ma soeur a dit. En fait, on m'a toujours dit de tenter ma chance et d'aller au culot.

C'est ce que je vais faire ce soir devant tout le monde. Karine et moi-même, on est toutes les deux en 2e année d'Information et de communication à Bordeaux, et en fait, c'est difficile d'avoir un stage quand on vient des milieux... comme nous.

Donc c'est pour ça que ce soir, on voulait lancer un appel à l'aide, et entre autres demander un stage. Et surtout essayer de faire changer les choses quel que soit le milieu duquel on vient et d'enlever les barrières sociales. (Applaudissements) -Un stage à l'Elysée ou n'importe où.

Je rebondis sur ce qu'elle a dit... (Rires) On y va au culot parce qu'en fait, nous, comme elle a dit, on vient de banlieue, et on n'a pas forcément de relations pour nous aider à avoir un stage.

Là, on est en 2e année, mais en 3e année, on a un stage obligatoire. Mais la plupart de nos collègues étudiants, on va dire, ils arrivent à trouver des stages, ils arrivent à trouver des stages grâce à leurs relations, mais nous, on n'a pas ces relations. Donc là, déjà, on trouve qu'on n'a pas les mêmes chances que tout le monde.

C'est pour ça qu'on vous demande un stage à n'importe qui dans la salle. S'il vous plaît. -Eh bien, j'espère que le message aura été entendu.

Donc les CV sont à récupérer...

Vous restez dans le coin. OK. D'accord.

Très bien. Super. Je crois qu'on avait une prise de parole ici. -Merci beaucoup.

Je suis Valentine Mulliez Bardinet, je suis présidente d'une association que j'ai cofondée il y a 7 ans à Bordeaux, avec une amie, qui n'est pas là ce soir, qui s'appelle Profession'L. Et c'est donc une association dédiée à la reconversion professionnelle des femmes. Et je m'adresse à vous aujourd'hui pour 3 choses déjà pour remercier l'Etat, le gouvernement, de soutenir les associations qu'on peut avoir.

Parce que cette idée nous est venue suite à notre expérience propre. On a eu cette idée. On a été soutenue par la mairie de Bordeaux, en l'occurrence.

On est en train de faire notre petit bonhomme de chemin puisqu'on se développe maintenant dans d'autres villes de France puisque notre événement rencontre un succès manifeste. Merci pour le soutien que l'on reçoit et celui qui viendra quand on se développera encore plus. Car monter des événements comme ça, être président d'une association demande beaucoup de moyens.

La 2e chose que je voulais dire également, c'est que j'ai entendu beaucoup parler, notamment madame, de métiers que les femmes ne connaissent pas ou en tout cas qu'elles n'osent pas aborder. Sur notre salon, l'événement qu'on organise ici, à Bordeaux, le 4 et 5 avril, mais partout en France, on est à la recherche de partenaires comme vous, d'entreprises qui recrutent des femmes quel que soit leur parcours, sur des métiers particulièrement méconnus de ce public, et également, bien sûr, toute entreprise qui recrute aujourd'hui des femmes. La 3e chose que je voulais vous dire aussi, avant de vous y inviter à venir la prochaine fois, au prochain événement, c'est que depuis 7 ans que nous avons créé notre association et que nous faisons cet événement, il y a plus de 20 000 femmes qui sont venues sur nos salons.

On se rend compte que la volonté, elle est là, les parcours sont vraiment différents. On a de tout, on a des personnes comme vous, madame, on a aussi des situations bien difficiles. On a vraiment tous les publics.

Il y a une grande émotion toujours dans nos événements. Et quel que soit le parcours, il y a une véritable volonté, une recherche de sens aussi, beaucoup. La dame est partie tout à l'heure, elle évoquait le sens.

Et la plus grande difficulté bien sûr reste financière. On veut se reconvertir, on veut changer de métier parce qu'il est subi ou parfois choisi. La plus grande difficulté, c'est de se remettre en mouvement, c'est d'être...

Et une des solutions les plus courantes, c'est l'apprentissage. Et on se rend compte que déjà pour les jeunes, je commence à y être confrontée avec mes ados, l'apprentissage, c'est quelque chose de difficile à trouver aujourd'hui encore dans les entreprises privées, mais encore plus quand on est une femme, qu'on n'est pas... qu'on a parfois une rupture dans son parcours.

C'est très difficile de retrouver des entreprises qui vous accueillent avec ce parcours-là. Donc je ne sais pas ce qui est possible de faire, mais je pense qu'il y a aussi quelque chose. Voilà.

Merci beaucoup. -Merci pour votre témoignage. Je crois que je dois donner la parole... là-bas.

Qui a une question ? Une interpellation ? On a une question ici et après, c'est là-bas.

Promis. Allez-y, je vous en prie. -Bonsoir.

Merci. Je suis ravie de pouvoir m'exprimer, puisque j'ai appris par la presse tout à l'heure que monsieur Macron organisait un débat demain avec les élus de la République, et malgré mon mandat de conseillère régionale, je n'ai malheureusement pas été invitée. Alors je voulais vous dire qu'on estime à 60 000 le nombre de femmes excisées qui vivent en France.

Le tribunal de Bordeaux est submergé par les faits de délinquance, violence et viol commis par les migrants. Et pire, dans certains quartiers, c'est la charia qui est appliquée. Alors tout ceci ne relève pas de nos codes culturels.

Ma question est la suivante et elle s'adresse à madame le ministre, puisque c'est vous qui étiez invitée ce soir, et finalement, on vous a peu entendue. Alors que l'immigration remet en cause la liberté et les droits fondamentaux des femmes françaises et que plus de la moitié des Français pensent qu'il y a trop d'immigration, pourquoi est-ce que vous ne proposez pas un référendum sur la question ? Avez-vous peur de la réponse ?

Et juste une petite annonce pour les jeunes filles de derrière. Je vais vous laisser ma carte parce que nous, nous recrutons dans votre secteur. -Je pense que, madame, on attend votre étiquette politique. -Pourquoi ?

C'est de la discrimination ? Elu de la République, c'est élu de la République. (Propos inaudibles) Oui, je suis madame Diaz.

Voilà. C'est ça. Tout à fait.

Du Rassemblement national. -Merci de cette précision. -Comme 11 millions de Français, madame.

Alors si c'était un débat interdit aux électeurs du RN, dans ce cas, il fallait le dire, mais il fallait le dire ouvertement. -Madame, c'est pas tout à fait notre propos. On avait juste signalé au démarrage que les élus devaient nous préciser... -Je me suis présentée.

Conseillère régionale, RN, Nouvelle-Aquitaine. -Non, vous n'aviez pas dit RN. Mais la précision a été apportée. -Ca pose un problème ? -Je sais pas.

Et on fait quoi, là ? -Si ça pose pas de problème, je vois pas pourquoi je suis agressée comme ça. On m'interpelle à l'autre bout de la salle avec un manque correction, on me demande d'insister.

Donc oui, je suis au RN, comme 11 millions de Français. -Merci de cette précision. Je crois que j'ai pas beaucoup donné la parole par ici.

Pardon. Oui, ici. Allez-y.

Excusez-moi. -Bonsoir, monsieur le président. Je reçois beaucoup de messages parce que j'ai pas l'habitude de passer à la télé et en fait, on m'a vue, et vraiment on me disait de vous passer ce message-là, de vous remercier.

Parce que c'est vraiment un exercice inédit et je crois une chance pour la République d'avoir un président qui va au contact des Français. Et vraiment, on est très heureux, même ici, dans nos campagnes. Je viens d'un petit village en montagne, 1 500 habitants, et de pouvoir être aujourd'hui face à vous, c'est vraiment une chance.

On parlait de démocratie et de parcours. Au niveau de la démocratie, je me suis engagée il y a pas si longtemps en suivant un programme, je vais pas le cacher, pour le coup, j'ai plutôt été séduite par le vôtre. Du coup, ça m'a permis de rencontrer des élus, mais je suis pas élu, moi, je suis une simple citoyenne.

En tout cas, je voulais vraiment vous remercier pour cet exercice. -Est-ce que vous avez une question ? -Seconde chose.

Du coup, on parlait de parcours. En fait, c'est pas vraiment un parcours, mais quand j'ai eu 18 ans, je me suis dit : "Mais comment je pourrais être utile à mon pays ?" En fait, j'ai fait le choix de m'engager dans la réserve de la gendarmerie nationale.

Et aujourd'hui, on est 550 en Gironde à renforcer les unités actives, et on a un boulot ou alors on est étudiants. Et vraiment on participe à la sécurité des vacanciers sur le littoral. Et c'est vraiment quelque chose de génial.

Du coup, ça me permet de rebondir sur ce que disait la personne qui parlait de sécurité tout à l'heure. On est plein de filles, de jeunes, de plus âgées, de moins jeunes, avec des parcours complètement différents, et on est très heureuses aujourd'hui de pouvoir nous engager pour la France dans ce métier-là. C'est vraiment une fierté.

Et du coup...

D'ailleurs, j'avais bossé sur l'Euro en tant que réserviste. C'était un moment absolument fabuleux. Et du coup, il y a quelque chose, c'est peut-être une proposition, je sais pas si ça peut le faire, parce que c'est comme ça dans l'histoire de la France, mais pourquoi aujourd'hui on ne dit pas "ma colonelle" ?

Pourquoi on ne dit pas "ma lieutenante" ? Pourquoi on ne dit pas...

Madame la ministre en parlait tout à l'heure, mais c'est vrai que c'est quelque chose qui revient souvent et qui reste incompris. Il faudrait peut-être avoir une culture très ancienne pour comprendre l'antériorité de tout ça, mais nous, on aimerait bien pouvoir s'appeler "brigadière cheffe", avec "ffe". C'est pas grand-chose, ça va pas rajouter du pouvoir d'achat aux Français, mais ça permet peut-être d'être à 150 sur 100 dans les calculs.

Merci en tout cas. C'était super. -Merci. -Bonsoir à tous.

Bonsoir, monsieur le Président. Madame la ministre. Je m'appelle Johanne Bionda, je suis diplômée d'un doctorat en chimie thérapeutique.

J'ai soutenu ma thèse sur le cancer. Il y a eu des remarques qui ont été faites tout à l'heure qui m'ont fortement interpellée. Donc je souhaitais intervenir par rapport notamment aux jeunes diplômés.

En France, on forme beaucoup d'étudiants, notamment des étudiants avec de hauts diplômes. Néanmoins, l'accès à l'embauche pour les jeunes diplômés est assez limité, que ce soit dans la fonction publique, notamment dans le domaine de la recherche où je suis en particulier, où le CNRS emploie de moins en moins de postes de permanents. On favorise effectivement le développement de contrats pour les doctorants qui concernent des CDD, mais de moins en moins de postes de permanents pour les jeunes diplômés qui sortent après un doctorat notamment, ou un postdoc.

Egalement, dans le monde de l'entreprise, les jeunes diplômés en France ont du mal, notamment, pour des postes à responsabilité à trouver un emploi car on demande énormément d'expérience. Notamment, dans mon cas, en moyenne, on demande 10, 8 à 10 ans d'expérience pour accéder à des postes de chef de projet, par exemple. Donc je souhaitais intervenir par rapport à l'implication de l'Etat pour aider ces jeunes diplômés à accéder à l'emploi après leur formation.

Notamment aussi, dans le cadre de la discrimination, comment fait-on quand on cumule plusieurs "critères" de discrimination, en étant donc et jeune diplômée, à la fois une femme, et en plus de ça, dans mon cas, je porte un nom que certains pourraient définir à consonance "exotique". Lorsque l'on cumule tous ces critères-là, comment fait-on pour trouver un emploi ? Car dans mon cas et dans le cas de beaucoup de diplômés et de doctorants, énormément, dont moi la première, en ce moment, se posent la question de s'expatrier à l'étranger, alors qu'il y a énormément de choses à faire ici, en France. -Merci pour cette intervention.

Merci beaucoup. (Applaudissements) -Bonsoir, monsieur le Président. Madame la ministre.

Je suis conseillère municipale, mais ce n'est pas du tout à ce titre que je veux parler. On parle beaucoup du système de santé, mais on parle peu du personnel de santé, des personnels de santé. On parle du burn-out, et ça, il y en a beaucoup.

On ne parle pas des suicides non plus. Il y a beaucoup d'infirmières qui se suicident. Moi, je suis infirmière.

Donc je sais de quoi je parle. Les aides-soignantes sont dans les mêmes difficultés. On a un manque de reconnaissance.

Nous avons eu plusieurs ministres qui nous ont annoncé au fil des années des augmentations de salaire dont on n'a jamais vu la couleur, une reconnaissance de notre travail, de la difficulté de notre travail, et ça, on les a toujours pas. Donc c'est un métier pénible, difficile, fatigant, épuisant physiquement, moralement, et qui, au final, a très peu de reconnaissance. Là, le plan de santé va beaucoup parler des médecins, peu des infirmières et des aides-soignantes, qui sont, à mon sens, le pilier du système de santé.

Vous n'avez plus les infirmières, vous n'avez plus les aides-soignantes...

Oui, il y a les médecins, mais sans nous, ça marche pas non plus. Et donc, il faudrait quand même qu'il y ait, pas un même pied d'égalité, nous n'avons pas les mêmes études, j'en suis consciente, mais quand même une reconnaissance qui soit un peu plus importante. Merci. -Merci. (Applaudissements) Je suis obligée, madame, de vous demander votre étiquette politique. -Parti radical. -Merci.

Parti radical. Alors, on a d'autres questions ici. -Oui, bonjour, monsieur le président.

Madame la ministre, mesdames les députés. Je suis également conseillère municipale. -Je vais être obligée... -La République en marche.

Voilà. Moi, c'est pour parler de vie politique locale que j'interviens. On sait qu'il y a une désaffection pour la vie politique locale, on sait qu'en 2020, certains maires, certains conseillers municipaux ne renouvelleront pas leur mandat, et bien évidemment, on sait également qu'il y a un déficit d'intérêt pour ces fonctions par les femmes.

C'est peut-être quelques petites propositions que j'aimerais vous faire. Peut-être essayer, à partir de 2020, de valoriser tout ce qui est construction, co-construction de la vie municipale, valoriser peut-être toujours les budgets participatifs, valoriser tout ce qui permettrait aux femmes d'intervenir pendant le mandat pour pouvoir un petit peu s'approprier, on va dire, la vie politique locale. Les femmes souvent interviennent dans les associations de parents d'élèves, elles sont très nombreuses, mais à part ces associations de parents d'élèves, on les retrouve parfois dans les associations sportives, mais finalement très peu ensuite dans les autres types d'association.

C'est vrai que construite une liste en 2020, ça va être problématique dans de très nombreuses communes. Il reste peu de temps bien évidemment, moins d'un an pour pouvoir le faire. Donc le défi est grand.

C'est vrai que moi, j'ai la chance d'être dans une circonscription avec un député, Eric Poulliat, qui nous entoure et qui nous aide à faire ce genre de choses, mais je pense que ça sera problématique un petit peu partout en France. Et puis peut-être aussi un souhait. Si un jour il y a un projet de diminuer le nombre de députés, veillez à ce que les circonscriptions ne soient pas trop grandes pour que le député puisse continuer à avoir ce rôle de courroie de transmission entre la tête de l'Etat et le local, parce que s'il 10, 20, 30 ou 40 communes, voire plus, ça sera difficile.

Voilà. Merci. -Merci pour votre question.

Ce que je vous propose, c'est qu'on prenne encore 2 questions maximum. Ici, s'il vous plaît. S'il vous plaît.

Est-ce qu'on a un micro ? Si je vous donne le mien, c'est 2 minutes chrono. OK, je vous le donne. -Bonsoir et merci de me donner la parole.

C'était juste pour vous dire que moi, je suis en reconversion professionnelle. J'ai créé ma petite entreprise depuis un an, une entreprise de coaching pour soutenir les dirigeants et justement remettre l'humain au coeur de l'entreprise, et ce que j'aurais aimé en fait pouvoir dire, c'est que pour une petite structure comme la mienne, la difficulté, c'est les taux d'imposition qu'on peut avoir, même au démarrage, que je trouve quand même très lourds pour l'activité qui est en train de se déployer. Et si je veux pouvoir justement continuer, eh bien, si on pouvait avoir un petit peu moins de taxation, ce serait quand même formidable.

Pour le moment, je suis seule. J'ai quand même des charges très lourdes, même seule. J'ai une société.

J'ai créé une société. Une SARL. D'accord.

Merci. -Merci beaucoup. Attention, on arrive bientôt à la dernière intervention. -Bonsoir, monsieur le Président.

Bonsoir, madame la ministre. Je viens vous parler de Ford. Mon mari est employé chez Ford à Blanquefort, et il est licencié faute de repreneur après 35 ans de travail chez Ford.

Ma famille et moi allons connaître la précarité et des difficultés. Pourquoi le gouvernement n'a pas insisté pour trouver un repreneur ? Car je pense à toutes ces familles qui vont se retrouver dans... le chaos.

Voilà. Je parle au nom de tout Ford, bien sûr. Voilà.

Toutes les familles de Ford. 800 personnes sur le carreau. Voilà.

Merci. (Applaudissements) -Merci, madame, pour cette intervention. Derrière vous. -Bonsoir, monsieur le président. -Votre micro, madame. -Pardon.

Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir, madame la ministre. Je suis originaire du Congo Brazzaville.

Je suis arrivée en France en 2008. J'ai été régularisée pour la 1re fois en 2013. Après une formation diplômante de 6 mois, j'ai travaillé pendant plus de 2 ans en tant qu'auxiliaire de vie.

Actuellement, je suis sans papiers. Après, quand j'ai renouvelé, après 2 ans d'attente, récépissé sur récépissé, j'ai été, en février... en février, j'ai reçu... comment on appelle ça... un OQTF émis par la préfecture de la Gironde.

J'ai toute ma famille ici, je suis mère de 3 enfants et grand-mère de 6 petits, qui sont tous des Français, qui vivent ici, qui travaillent. Et moi aussi, j'ai travaillé, j'ai payé mes impôts. Donc j'ai toute ma famille ici, j'ai toutes mes attaches ici.

Donc, monsieur le Président, qu'est-ce que vous pouvez faire pour moi ? J'ai mon diplôme, j'ai mon dossier là. Je suis encore forte pour travailler.

C'est un travail que je fais avec foi, avec tout mon coeur pour aider la personne. Merci, monsieur le Président. Merci, madame la ministre.

Merci, madame, pour cette intervention. (Applaudissements) -Bonsoir à tous. Excusez-moi d'abord parce que j'ai une grippe.

Donc j'ai perdu ma voix. Mais je vais faire quand même un effort. Donc là, je vais intervenir presque dans le même sens, mais pour mon cas, depuis l'année 2014, je souffre d'une maladie qui a été déclarée comme étant une maladie chronique.

Donc il fallait faire une prise en charge et tout. C'est ce qui a été fait. On m'a régularisée une fois en m'autorisant à travailler.

Après, je me suis dit... avec la pathologie que j'ai, ça va me demander de faire un effort de carrière.

Je suis une enseignante. Je me suis dit : "Qu'est-ce qu'il faut faire ?" J'ai cherché, et puis je suis tombée sur quelque chose qui m'a tiquée quand même, ça a attiré mon attention, et chez nous, ça ne se fait pas.

Je vais quand même tenter mon expérience en accompagnant les enfants en situation d'handicap. Donc j'ai fait ma formation, j'ai eu mon diplôme bien après, j'ai cherché du boulot, à la 1re demande, j'ai été admise dans 2 écoles. Donc j'ai accompagné des enfants.

J'ai travaillé une année, deux ans. Et la 3e année où j'allais renouveler mon titre de séjour et renouveler encore mon... comment on appelle ça, le nom m'échappe...

Non, non. Le contrat ! Excusez-moi.

Au temps pour moi. Pour renouveler mon contrat, la préfecture m'a refusé le titre de séjour. Donc je me suis retrouvée sans ressources, sans boulot, presque sans logement.

Je me suis dit qu'il fallait peut-être une autre intervention, il faut chercher une voie qui est un peu plus puissante que la mienne, je me suis tournée vers l'avocat. J'ai été voir l'avocat, on a fait les démarches. Le 1er recours, la préfecture m'a encore refusée. 2e recours, même chose.

Je me suis dit je vais repartir à la case de départ. -On entend madame que l'histoire est difficile. Vous avez du coup un témoignage ?

Une conclusion ? Une question à nous poser ? -Une question.

Ce que j'ai dit au début, c'est que c'est presque le même cas, mais nous nous retrouvons, parce que je suis avec une consoeur, moi aussi, je suis du Congo Brazza, nous nous retrouvons dans ce même cas. Puisqu'on a travaillé, on a été régularisées à un certain moment. Au moment où nous nous retrouvons dans cette situation, que faire ?

Quelle est la conduite à tenir ? -On entend votre parole, madame. On entend votre parcours.

On va apporter quelques réponses tout à l'heure. Merci de votre témoignage, en tout cas. Merci.

Arrive le moment difficile de la dernière question et elle a été déjà attribuée. J'en suis désolée. Madame qui levait la main depuis un moment. -Bonsoir, monsieur le Président.

Bonsoir, madame la ministre. -Votre micro plus près. -Je vais évoquer un sujet qui a déjà été abordé, c'est le sujet des femmes victimes de violence, sauf que je souhaiterais en parler un petit peu plus en détail, puisque je suis porte-parole des femmes victimes de violence au foyer de l'Apafed.

Ces femmes qui se retrouvent, après séparation de leur conjoint violent, hébergées dans un foyer d'urgence, sans ressources, sans logement, voire même sans papiers, pour les femmes étrangères. Car après séparation, si les violences n'ont pas été prouvées, elles n'ont pas le droit de renouveler leur titre de séjour. Ainsi, elles se retrouvent sans ressources.

Alors, ce qu'on demande déjà, par rapport à ça, c'est des aides financières de premiers secours en faveur des femmes victimes de violence, des crèches d'urgence pour les familles monoparentales. Parce ces femmes, elles peuvent même pas se rendre aux rendez-vous dès leur arrivée au foyer, leurs rendez-vous importants, à savoir la CAF, sécurité sociale et tout ça. Aussi, par rapport aux services sociaux.

Ces femmes, elles ont exprimé une certaine non considération de la part des services sociaux, plus particulièrement des assistantes sociales. Ainsi, ce qu'on voudrait demander, c'est que ces assistantes sociales soient mieux informées par rapport aux femmes victimes de violence, et pourquoi pas les former. On sait parfaitement que ces femmes qui se retrouvent, bien entendu, en situation de précarité, ont des difficultés pour accéder à un logement.

L'hébergement, c'est un hébergement d'urgence. Ces femmes ne peuvent pas y rester trop longtemps. Par contre, les bailleurs sociaux, ils sont très exigeants.

Donc ils demandent un CDI, ils demandent plus de garanties. Ces femmes, malheureusement, de par leur situation de précarité, sont dans l'incapacité de satisfaire ces conditions. Ce qu'on pourrait demander, c'est, ben, tout simplement, que... ces bailleurs soient moins exigeants vis-à-vis de ces femmes victimes de violence.

Aussi, qu'ils recevront plus d'aides pour le logement. Pourquoi pas monter une association pour regrouper les bailleurs privés conventionnés HLM. Et ainsi donc faciliter l'accès au logement pour ces femmes victimes de violence.

Je souhaiterais parler d'une dernière chose, c'est les femmes étrangères qui se retrouvent sans papiers suite à la séparation avec le conjoint violent, conjoint français. Alors ces femmes qui se retrouvent sans papiers, qui dit sans papiers, dit pas le droit au travail, dit pas le droit aux aides financières, etc. Ce qu'on pourrait demander, c'est, dans un premier temps, l'octroi d'un titre de séjour provisoire de 6 mois au moins avec autorisation de travail afin de permettre à ces femmes de faire preuve de leur intégration.

Et par la suite, pourquoi pas, déjà, solliciter les entreprises afin qu'elles réservent un quota minimal de leur effectif d'employés total pour donner plus de chance à ces femmes victimes de violence. Voilà. Je vous remercie. -On a entendu votre témoignage.

Je vous propose qu'on arrête sur la partie question. Je sais que ça va créer beaucoup de frustrations, mais c'étaient les règles du jeu au démarrage. On va passer dans une phase de conclusion. -M.

Schiappa : Merci. D'abord, je voudrais commencer par remercier les 2 animatrices du débat parce qu'en commençant, vous aviez dit que vous ne saviez pas si vous seriez à la hauteur. Moi, je trouve que vous avez été plus qu'à la hauteur.

Bravo à vous pour ces 5 heures d'animation et merci. Bravo. Je vais commencer par répondre sur la question de la parité et des propositions plus généralement pour inclure davantage de femmes.

Je crois qu'on peut rappeler qu'en France, il y a que 16 % des maires qui sont des femmes. Je rappelle qu'on est 52 % de la population, donc 16 %. Je crois qu'on a effectivement, pour tout un tas de sujets que vous connaissez toutes parfaitement ici, véritablement un effort à faire.

Je prends complètement les propositions que vous avez formulées, que je trouve extrêmement intéressantes. Moi, je crois que sur le volet démocratie, en sortie de ce Grand Débat, on aura forcément des discussions à avoir sur les questions de parité et sur la manière dont on amène encore davantage de femmes à participer au débat, et ce dès le plus jeune âge. Merci beaucoup.

Mais je vous en prie. Merci de veiller si tard. Mesdames et mesdemoiselles, très rapidement sur la question des aides-soignantes, oui, moi, je souscris à ce qui a été dit.

Madame, je crois que vous étiez ici. Je souscris complètement à ce que vous avez dit. Notamment, vous avez fait le lien avec le burn-out.

Vous avez tout à fait raison, parce qu'il est démontré partout, dans toutes les études que le burn-out, c'est aussi la maladie de l'aidant et du soin apporté à l'autre. C'est quand on s'oublie soi et qu'on soigne les autres. Donc ce que vous avez dit est très juste.

Je propose qu'on poursuive l'échange plus en technicité ensuite en aparté pour vous puissiez nous laisser vos coordonnées pour qu'on puisse poursuivre sur ce sujet qui est extrêmement intéressant. On a parlé de la question des discriminations et de ce qu'on pouvait faire pour lutter contre les discriminations. Je voudrais vous dire qu'en plus des opérations de testing qui sont lancées par le gouvernement, on est en train de travailler à la création d'une sorte de brigade anti-discrimination qui permettrait pour tous les sujets de faire en sorte que chacune et chacun puisse être pleinement inclus dans la société quels que soient son prénom, sa couleur de peau, son genre, son origine, son handicap ou sa validité...

Et je crois qu'il faut vraiment rappeler, et ça, c'est le travail que nous, on mène, notamment avec Julien Denormandie et Muriel Pénicaud, c'est notre devoir de rappeler aussi aux entreprises que la diversité, c'est une chance. Parce que toutes les études nous montrent qu'une équipe est performante quand elle est variée. Si, dans une équipe, il y a que des Blancs ou que des hommes, ou que des femmes, et c'est plus rare, eh bien, c'est une équipe qui sous-performe.

Et l'équipe, elle devient performante dès lors qu'il y a une diversité de parcours, d'intelligence. Et c'est là qu'on a de l'intelligence collective. Au-delà de la question de la justice sociale et au-delà de la question légale qui est qu'il est interdit en France de discriminer quelqu'un, je crois que c'est vraiment une question de performance et qu'il faut rappeler aux entreprises que la diversité et la mixité sont des sources de performance.

Et ça, comptez sur nous pour le rappeler sans cesse. Merci. Je voudrai dire bravo aux associations qui se créent.

Je trouve ça absolument formidable. De surcroît, moi, je note qu'en ce qui concerne les droits des femmes et l'égalité femmes-hommes, on est quand même un des seuls domaines, pardon de le dire, à devoir non seulement, un, être victimes de toute une série de choses. C'est-à-dire de sexisme, de discrimination, de violence sexiste et sexuelle.

Et deux, à devoir organiser nous-mêmes notre propre défense et la défense de nos congénères et ce, de surcroît, très souvent bénévolement. Moi, j'ai été élue local pendant quelques années. J'avais en charge l'égalité femmes-hommes d'une part et l'innovation technologique d'autre part.

Dès lors qu'une structure se crée sur l'égalité femmes-hommes et qu'il fallait quelqu'un, le réflexe était : "Vous allez trouver une bénévole". Le réflexe général, de tout le monde, et même des femmes elles-mêmes. Sur l'innovation technologique, dès qu'il fallait un poste, le réflexe, c'était : "Comment on va budgéter un poste ?" On croit qu'il y a vraiment une question d'approche et qu'il faut qu'on apprenne aussi, nous, les femmes, à dire que ce qu'on fait a de la valeur et mérite d'être payé et que c'est pas forcément un secteur dans lequel on doit toujours être sur du travail non payé et sur du travail bénévole.

Et comptez sur nous pour défendre cette position. Sur la question de l'excision, c'est vrai, il y a près de 60 000 femmes qui, en France, vivent excisées petites filles et femmes, et c'est quelque chose qui est totalement inadmissible. C'est pour cette raison que d'abord on a multiplié par 4 la subvention de l'association Excision, parlons-en, et que dès que j'ai été nommée, on a lancé une grande campagne de communication virale sur les réseaux sociaux, sur lesquels sont les jeunes filles, pour toucher vraiment notre cible.

Là, nous sommes en train de travailler, à la demande du Premier ministre, un grand plan excision qui sera présenté à la fin du printemps, au début de l'été, pour faire en sorte d'éradiquer véritablement l'excision en France d'abord, parce que c'est interdit dans la loi. Je crois que les pénalités ne sont pas suffisamment appliquées. Il y a encore trop de petites filles qui partent en vacances sereinement dans leurs familles et qui ne savent pas qu'elles vont être excisées sur place, et parfois les parents ne le savent pas non plus.

Donc on a véritablement un combat culturel à mener et un combat législatif à mener aussi sur ce sujet. Nous le menons, et ce plan sera présenté pour la France. Mais par ailleurs, comme la France est aussi opposée à toute forme de relativisme culturel, c'est un combat qu'on mène au niveau mondial.

Le président de la République a réuni avec le G7 un conseil pour l'égalité femmes-hommes. Et la lutte contre l'excision fera partie des priorités de la présidence française du G7. C'est le souhait en tout cas du président de la République.

Donc là, on mène un travail vraiment sans relâche. Et les gens qui excisent les petites filles et les jeunes femmes n'auront aucun répit ni en France ni dans le monde. En tout cas, c'est notre souhait.

Ensuite, sur la question des viols et des violences sexuelles que vous avez liées, d'une façon qui me surprend un peu, à la question de la migration. D'abord, je voudrais dire qu'encore une fois, je ne fais pas partie des gens qui pratiquent le relativisme. Quand il y a des agressions sexuelles et des viols de masse à Cologne, en Allemagne, commis par des migrants, moi, j'ai fait partie des gens qui les ont dénoncés, parce que moi, ça m'intéresse pas du tout de savoir si la personne qui commet un viol est un migrant ou un notable.

Je m'en fiche complètement. C'est le cadet de mes soucis. Je crois qu'il faut condamner toutes les violences sexuelles, le harcèlement sexuel, le viol, l'excision, tout, quelle que soit la personne qui le commette.

Etre un migrant en matière de viol ou d'harcèlement sexuel, ce n'est ni une circonstance atténuante ni une circonstance aggravante. Mais permettez-moi de vous dire, madame la conseillère régionale, que je suis toujours un peu choquée par les personnes qui parlent des questions de droits des femmes uniquement quand ça leur permet de taper sur les migrants. Et avant de terminer et de passer la parole à ma collègue Christelle Dubos, je voudrais rappeler, parce que je pense que le président de la République ne la fera pas, qu'on a quand même la chance d'avoir un président de la République qui, pour la première fois, a décrété l'égalité femmes-hommes grande cause de son quinquennat, avec un budget en très nette augmentation, avec des faits symboliques, mais on sait, nous, que la symbolique, elle est importante aussi.

Le président de la République, il a dénoncé les féminicides à l'ONU. C'est la 1re fois qu'un président de la République française a dénoncé les féminicides publiquement devant les chefs d'Etat du monde entier aux Nations unies. Et d'ailleurs, au moment du lancement de la grande cause du quinquennat, le président a rendu un hommage, et je le dis pour celles et ceux qui ne le savaient pas, a rendu un hommage aux femmes qui ont été tuées par leurs conjoints ou par leurs ex-conjoints via une minute de silence.

Moi, pour toutes les femmes que j'ai côtoyées, qui ont pu connaître ce type de problématique dans leur entourage, je trouvais que c'était un acte extrêmement fort, que le président de la République française rende une minute de silence à l'Elysée pour les femmes qui sont dans ce cas-là. Et puis enfin, je voudrais dire que l'égalité femmes-hommes, c'est l'engagement de tout le gouvernement sous l'impulsion du président et de la grande cause du quinquennat. Mais vous avez là deux de mes collègues, Christelle Dubos et Emmanuelle Wargon, qui sont extrêmement engagées sur ce sujet.

Je voudrais les remercier, je voudrais remercier aussi S. Lecornu, qui doit être caché quelque part, qui est là-bas, qui nous laisse la parole, mais on a aussi cette chance d'avoir des hommes qui sont engagés avec nous dans ce combat. Parce que je crois que l'égalité femmes-hommes, c'est pas un combat des femmes contre les hommes, c'est un combat ensemble, ça fait partie des valeurs de la République.

L'enjeu, il est fondamental. L'enjeu, c'est comment on partage ensemble un même espace de loisir, de débat, de transport, de travail, dans le respect de l'un et de l'autre, avec, pour les hommes, tous leurs droits, ni plus ni moins, et pour les femmes tous leurs droits, ni plus ni moins. Merci à vous. -C.

Dubos : Merci. Bonsoir à toutes et à tous. Juste quelques petits mots pour répondre à madame par rapport l'Apafed et à ce que vous avez pu souligner.

Vous présentez peut-être rapidement quelques mesures et quelques solutions qui arrivent dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté. En tant que secrétaire d'Etat attachée à Agnès Buzyn, ministères des Solidarités et de la Santé, c'est un dossier que je porte particulièrement. Donc concernant les crèches, nous avons dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté le déploiement de 30 000 places de crèches supplémentaires parce qu'il nous semble en effet important dans le cadre de ces crèches de pouvoir permettre sur des lieux où notamment près des centres qui accueillent des personnes comme vous.

Donc vous avez été victime. Des crèches aussi à vocation d'insertion professionnelle qui permettent d'avoir un temps de répit, où un moment donné votre enfant va pouvoir être accueilli, vos enfants vont pouvoir être accueillis pour vous laisser du temps soit pour vous reposer, soit aussi pour faire vos démarches professionnelles ou vos démarches administratives, telles qu'on les connaît, qui sont parfois lourdes, dans le cadre d'une recherche de logement notamment. Et dans le cadre d'une recherche de logement, dans le cadre de la loi ELAN portée par Julien Denormandie et Jacques Mézard, notamment, nous avons fait rajouter, suite au rapport de Marie-Pierre Rixain et de la commission égalité hommes-femmes, un critère de logement prioritaire dans le cadre de la loi DALO.

C'est les femmes victimes des violences conjugales qui sont prioritaires dans l'accès au logement, dans l'accès au logement social. Et je pense qu'il faut aussi le souligner parce que c'est aussi une avancée qui reconnaît votre situation qui est subie plutôt que choisie, bien évidemment. Donc ça, c'est une 1re chose qui me semblait aussi importante à vous signaler.

Et puis vous avez parlé de regroupement de bailleurs privés ou sociaux. Ce sont ce qu'on peut appeler les agences immobilières à vocation sociale, qui vont permettre à des propriétaires privés de pouvoir mettre à disposition des logements, dans ces logements, vous serez accompagnés, et qui vont aussi garantir aux propriétaires privés que le logement sera payé, que le loyer sera payé et qui sera restitué si le propriétaire veut le récupérer, bien évidemment. Et ça, c'est aussi une solution sur la question du logement vacant plutôt que le squat, facilitant les propriétaires privés à mettre à disposition les logements, sécurisant le parcours du logement pour le locataire, mais aussi pour le propriétaire.

Et puis un dernier élément, pardon, excusez-moi, c'est par rapport aux pensions alimentaires et aux familles monoparentales, qui est un des sujets qui ressort bien évidemment des mouvements de ces dernières semaines, mais qui n'est pas méconnu, et ça fait plusieurs mois que nous travaillons aussi avec Agnès Buzyn sur ce sujet, avec des mesures bien spécifiques sur les familles monoparentales, mais nous devons encore aller plus loin. C'est comment mieux accompagner, comment mieux informer, et notamment en question de pension alimentaire. Nous avons une agence, ce qu'on appelle l'Aripa apportée par la CAF, je sais que vous aimez pas les sigles, c'est l'Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires qui est créée depuis plus de 2 ans, qui est peu connue, mais nous devons encore aller plus loin pour apporter la bonne réponse sur cette question de pension alimentaire.

Je vous remercie. -E. Wargon : Bonsoir.

Je veux juste dire un mot en tant que co-animatrice du "Grand Débat", parce que dans ce rôle avec Sébastien Lecornu, j'ai participé à beaucoup de débats. Et ce que j'ai vécu dans la vingtaine de débats auxquels j'ai participé, c'est, si dans l'assistance, il y a en général des hommes et des femmes, en réalité, dans les débats, on entend à 80 % des hommes. Et donc je suis contente parce que dans ce débat, on a entendu des voix féminines, des voix féminines sur les thèmes du "Grand Débat" et des voix féminines sur les questions qui nous concernent toutes et tous.

Et c'est vraiment très important. Vous avez dit que les jeunes ne parlaient pas assez souvent. Moi, j'invite aussi les jeunes à s'exprimer parce que c'est un peu la même chose.

Parfois ils viennent, mais ils osent pas s'exprimer. Et d'ailleurs, les femmes et les jeunes souvent s'expriment sur les sujets qui me sont chers, qui sont la transition écologique, et on en a beaucoup parlé ce soir. La plateforme "Grand Débat" est encore ouverte jusqu'au 15 mars.

N'hésitez pas à contribuer. Le compte-rendu de cette réunion remontera et avec ça, tous ensemble, on va construire la suite. -Merci, madame la ministre.

Je tenais, évidemment, avant de donner la parole à monsieur le président de la République, vous remercier vraiment toutes, je vais parler vraiment au féminin, toutes d'être présentes ce soir, d'avoir participé comme vous l'avez fait. On a évidemment un public de femmes, mais on a un public aussi très divers par les parcours, par les origines, par tout ce que vous avez pu nous raconter ce soir, par aussi les sensibilités. Certaines ont voulu parler de fiscalité, de services publics, d'autres ont voulu parler transition écologique.

C'est jamais assez long, ces moments de démocratie. On ouvre peut-être une nouvelle étape en tout cas. Et je pense qu'il va falloir favoriser ce type d'échange.

Peut-être pas avec le président de la République toujours dans la salle et autant de ministres, mais je pense qu'il serait important de continuer à avoir ces moments d'échange, parce que je crois, comme l'a souligné quelqu'un ce soir, je ne sais plus, c'est important de pouvoir avoir ces moments d'échange aujourd'hui. Donc merci vraiment d'être venus aussi nombreux ce soir. Merci à toutes les femmes et merci aussi aux membres du gouvernement et à monsieur le Président de nous avoir fait l'honneur de votre présence.

C'est un grand plaisir de vous avoir accueilli à Pessac. Voilà. Je vous passe la parole.

Merci à vous, monsieur. -E. Macron : Merci beaucoup.

Merci infiniment et merci à vous d'avoir répondu à l'instant à beaucoup de questions. Je voulais, par correction, juste faire quelques compléments et traiter les questions et interpellations qui n'avaient pas été couvertes, et c'est normal, par les ministres. D'abord, je trouve que ce que vous avez dit sur le burn-out est très juste.

Et je trouve que l'idée de passer par les associations et l'expérimentation l'est tout autant. Ca rejoint d'ailleurs ce qu'on a plusieurs fois dit ce soir. C'est un débat que je veux aussi qu'on puisse ouvrir.

La ministre a porté une réponse spécifique tout à l'heure sur le sujet des femmes, mais plus largement, vous en avez, je trouve, parlé de manière très juste, et je souhaite qu'on avance avec l'expérimentation que vous proposez des associations. J'ai compris que vous l'aviez donnée. Donc banco.

J'ai bien les détails, madame, de votre situation. Donc on va regarder. Je vais pas traiter, comme je l'ai dit, de cas précis.

De ce que j'ai vu, il me semble quelques conditions qui sont en tout cas remplies. Je pense que là, on est dans une situation qui correspond en tout cas normalement à notre droit. Donc on va regarder ça avec monsieur le préfet.

Madame, pardon, la ministre est revenue sur ce que vous aviez évoqué et répondu. Je voulais simplement, moi, vous apporter une réponse plus large et au-delà des cas et évidemment des trajectoires et des vies que vous avez évoquées avec beaucoup d'émotion et d'engagement. Et j'imagine les deux femmes qui sont assises à côté de vous et que vous avez, ce faisant, représentées.

Le combat contre l'excision, c'est un combat que nous menons sur le plan international. Nous avons commencé à prendre des dispositions. La ministre l'a rappelé.

Et il y aura dans quelques semaines l'annonce d'un plan plus structuré. Il y a ensuite des pratiques que nous, nous condamnons, qui sont interdites sur notre territoire, qui continueront à être combattues avec force, celles de mariage forcé ou autre, mais il est vrai qu'elles ne sont pas reconnues comme donnant droit à l'asile aujourd'hui de manière générique. Mais je vous le dis avec beaucoup d'honnêteté, si demain, je vous disais : "Je vais, dans notre loi, "mettre comme critère d'obtention de l'asile "le mariage forcé", il serait impossible d'assurer le moindre contrôle.

Impossible. Parce que je me trouverai dans une situation où les filières de passeurs en Afrique demain iraient expliquer à toutes les femmes : "Il faut aller expliquer dans votre dossier "que vous avez un père qui voulait vous faire "le mariage forcée, vous allez en France et vous aurez l'asile". C'est comme ça qu'ils fonctionnent.

Et donc, je préfère être honnête avec vous. Il y aura pas une disposition générique sur le mariage forcé. Le combat qu'on doit mener, c'est d'abord un combat sur la scène internationale pour le réduire partout.

Et pour améliorer les droits des femmes partout dans le monde, on en a parlé pour l'excision, sur chacun de ces sujets. Ensuite, c'est de le combattre de manière intraitable chez celles et ceux qui veulent encore le pratiquer en Europe, dans nos pays et dans notre pays. Et il y a des cas qui existent encore trop souvent.

Et ensuite...

Juste je finis. Je vous donne tout de suite s'il y avait un complément. Et enfin, c'est de s'assurer en fonction des pays, parce que l'Ofpra a une approche pays par pays, de voir si c'est un critère qui peut justifier justement d'une protection relevant de l'asile.

Mais à ce moment-là, ça devient plus spécifique et c'est dans un pays où il est avéré que, par exemple, les femmes, par telle ou telle pratique, sont en danger ou autre. Donc ce sera spécifique par pays. Ca ne peut pas être un critère générique.

C'est ça ce que je voulais vous dire. Dites-moi. (Propos inaudibles) Alors après.

J'allais y venir, parce que c'était votre 1re question. Ensuite, il y a les femmes qui sont là. Alors il y a les femmes qui sont là, qui arrivent, et qui demandent l'asile, qui demandent une protection.

A la fin, elles ne l'ont pas. D'abord, nous sommes dans un pays, il y a eu beaucoup de débat, et je le rappelle, où quand vous arrivez, que vous demandez cette protection, vous êtes hébergé de manière inconditionnelle. Non, mais je tiens toujours à le rappeler parce que dans nos débats, on l'oublie.

C'est une fierté de la République. Elle n'a jamais été remise en cause, elle ne sera pas remise en cause. Par contre, le jour où on vous refuse ce titre, eh bien, il vous sera délivré ce que madame évoquait.

Une obligation de quitter le territoire français. A ce moment-là, vous devez quitter le territoire français. (Propos inaudibles) Non, mais si l'Ofpra a jugé...

Non, mais je veux être clair avec vous. L'Ofpra, qui est donc l'organisme chargé de reconnaître l'asile, juge le dossier, c'est qu'il considère, s'il n'accorde pas l'asile, qu'il n'y a pas de risque dans le pays. Mais non, mais c'est la réalité, madame.

Si vous dites que dès qu'on renvoie quelqu'un dans son pays d'origine, on le condamne à la mort, ça veut dire de manière très claire que dès qu'on instruit un dossier d'asile, il faut donner une réponse positive. Et si c'est ça, d'une part, ça n'est pas respecté de droit, et d'autre part, c'est nous mettre collectivement dans une situation impossible. Donc l'Ofpra va regarder votre dossier, et elle le regarde avec des gens qui sont des professionnels, qui sont engagés et avec une formidable indépendance à laquelle je tiens.

Ensuite, si vous n'êtes pas d'accord avec le dossier de l'Ofpra, vous pouvez faire un recours, et c'est normal, devant la CNDA. Si, à la fin, la CNDA ne le reconnaît pas, c'est que vous ne risquez pas la mort dans votre pays d'origine. Mais si, madame.

Je peux vous le dire. Je peux vous le dire. Et... (Propos inaudibles) Mais, madame...

Mais...

Mais, malheureusement, parce que...

Mais, madame, s'il est avéré que dans un pays qu'on tue une femme parce que c'est une femme...

Mais, ça existe, et dans ces cas-là, on accorde la protection asilaire, mais avec un droit de recours. Mais je vais pas vous dire ici que je vais mettre en place un système dont la finalité serait de ne pas respecter la loi. Je vous explique qu'on a un droit constitutionnel qui protège l'asile, on a des lois, on a l'Ofpra qui agit de manière indépendante, vous avez un recours.

A la fin des fins, quand on n'accorde pas l'asile et que c'est jugé ainsi, les femmes comme les hommes qui n'ont pas l'asile accordé, on doit les renvoyer dans leurs pays d'origine. Sinon vous créez à perpétuité des filières d'immigration clandestine. Mais je vous le dis très simplement. parce que tout le monde va demander l'asile, parce qu'on se mettra dans des cas impossibles et qu'on ne saura pas gérer le problème.

Et donc, la situation que vous évoquez consisterait à dire : "On délivre une obligation de quitter le territoire, "mais on se met en situation de ne pas l'appliquer". Je suis désolé, de là où je suis, je ne peux vous dire que je vais le faire. Vous pouvez être en désaccord, et je le comprends.

Mais, madame... (Propos inaudibles) Mais, madame, je ne sais pas...

Mais parce que d'abord c'est pas le président de la République qui, Dieu merci, fait de la régularisation au cas par cas. Et ensuite, parce que sinon vous rentrez dans un système qui est impossible, mais où notre société va se fracturer profondément et où vous allez encourager les filières de migration clandestine, parce que si vous êtes dans un système où vous arrivez, vous demandez l'asile, vous instruisez le dossier d'asile, et à la fin, quand vous n'avez pas l'asile, la solution, c'est d'essayer de passer par un engagement d'embauche, ça veut dire qu'il y a plus de règles. Mais concrètement, je ne suis pas le juge de l'asile, et c'est d'ailleurs la force de notre système.

Mais je vous dis de manière très concrète, selon les lois de la République française, l'Ofpra a décidé de ne pas accorder l'asile et que la CNDA le confirme, les personnes qui n'ont pas l'asile doivent retourner dans leur pays d'origine. Mais, je vous le dis avec beaucoup de force. Aussi vrai que je défendrai de toutes mes forces, de défendre l'asile, de lutter contre les violences faites aux femmes dans leur pays et de me battre pour la cause que j'ai toujours défendue avec beaucoup de force : l'asile et l'amélioration du droit international.

Je comprends votre engagement, madame, mais vous devez...

Mais, madame, vous êtes engagée, mais ni vous ni moi n'êtes le juge de l'asile. Il y a des procédures, elles sont accueillies, protégées. Puis après, il y a des gens qui instruisent ce dossier, et qui vont juger cette situation.

Et ces personnes-là, elles le font en prenant les traducteurs, en regardant les pays d'origine, en sachant comment ça se passe. Et je défends ici le professionnalisme exemplaire des personnels de l'Ofpra comme de la CNDA. Mais si je vous disais : "Une fois que tout ça est épuisé, on va créer un 3e système "pour être sûr qu'il n'y ait jamais de retour..." On met le pays dans une situation qui est impossible et où on ne pourra pas faire dûment les choses.

C'est pour respecter ce qui est le droit d'asile. Madame, par correction pour tout le monde, je vais continuer à répondre. Nous pouvons avoir un désaccord, mais le droit d'asile, ça a un sens.

Il est constitutionnellement protégé. C'est une fierté. Et je le protégerai toujours avec beaucoup de force.

Mais quand le droit d'asile n'est pas reconnu par ceux qui sont en charge de le reconnaître de manière indépendante, et ensuite de le juger, on peut pas le remplacer par un autre droit ou créer un système, parce que sinon ça veut dire que qui arrive sur le territoire français n'en repart jamais, y compris quand, selon les règles, il n'a pas à y rester. Et de là où je suis, je me dois aussi de faire respecter cette règle. C'est pas inhumain, c'est simplement, comme le disait, pas un de mes prédécesseurs, mais un ancien Premier ministre : "Notre devoir est de prendre notre part, "mais on ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

Et donc nous prenons notre part, et la France la prend largement, et je le fais aussi avec beaucoup de fierté pour toutes celles et ceux qui doivent être protégés. Mais je ne peux pas vous dire qu'on va être dans un système où il y a plus de règles, où on prend tout le monde, où même ceux qui sont en charge de faire respecter l'asile, eh bien, quand ils jugent que ça ne relève pas de l'asile, on devrait enfreindre cette règle, et, en quelque sorte, trouver quelque chose d'autre. Voilà.

Je préfère être clair avec vous, tout en vous disant mon engagement par ailleurs. Parce que je vous dois l'honnêteté. Je vous dois l'honnêteté.

Je vais continuer madame par correction aussi pour tout le monde. Non, l'asile est ensuite jugé par des gens...

L'Ofpra, de part la loi même, n'a pas d'instruction sur les cas individuels par le ministère. Et c'est la fierté...

Je comprends l'émotion, madame. Je comprends votre émotion et je la respecte, mais moi, je... mais bien sûr.

Et ces femmes aussi. On ne préside ni ne gouverne uniquement à l'émotion, on le fait avec des principes, des valeurs, et avec aussi des règles, parce que si on ne tient pas ces règles, plus rien ne tient. Et c'est la même émotion que j'ai sentie chez vous, madame.

Alors on va regarder votre cas particulier, mais c'est clair que si vous me dites : "Je suis là." Vous avez eu des tires, vous êtes arrivée dans un cadre... avec des titres de séjour.

Vous les avez respectés, puis vous les avez enfreints. Si vous avez eu une obligation de quitter le territoire français, je peux pas vous dire on va la déchirer et ne rien faire. Et le débat qu'on a là, c'est aussi celui qu'on a avec vous, madame...

Vous comprenez bien, chaque situation, c'est une épaisseur de vie humaine. Ce sont des difficultés que je respecte très profondément et pour qui j'ai de la considération. Tout ce qu'on peut essayer de régler, on le fait dans le respect des règles et des lois de la République.

Mais je peux pas me mettre à expliquer, on ne va plus respecter aucune règle. Et c'est formidable parce que je vous ai en face de moi et je vais d'un seul coup dire : "Ces règles, finalement, elles n'ont plus cours." Il faut que vous mesuriez que la France, c'est notre fierté, ce sont nos valeurs.

Nous accueillons de manière inconditionnelle, nous hébergeons de manière inconditionnelle, nous soignons de manière inconditionnelle par l'aide médicale d'Etat, que je défends. C'est des désaccords politiques que j'ai avec d'autres formations politiques qui sont pour les supprimer en totalité. Parce que je pense que ce sont nos valeurs et que c'est bon pour l'ensemble du pays.

L'asile, il est respecté et il continuera à l'être. Et il y a des règles. Le regroupement familial.

Et je pense que vous pouvez en relever, madame, ayant vu rapidement votre lettre. Les règles ensuite qui relèvent de notre droit. Mais lorsqu'on ne respecte aucune de ces règles et qu'on ne rentre pas dans ce qui doit être protégé par l'asile, je vais pas vous dire ce soir parce qu'on est dans "Le Grand Débat", que je vous rencontre et que je voudrais vous faire plaisir, on va régler votre cas.

Non. Parce que quelque part j'envoie un message absolument terrible à toutes celles et ceux qui arrivent sans respecter aucune règle en disant : "En France, c'est formidable. A la fin, "on arrive de toute façon toujours à trouver une place".

Et alors même que notre pays est divisé sur cette question, qu'il me faut défendre avec force les principes de la République contre ceux qui voudraient les fouler aux pieds, et au fond tout supprimer, si je dis il y a plus de règles, demain je leur donne raison. Voilà. Donc je préfère être honnête avec vous.

Madame la conseillère régionale, la ministre vous a répondu, elle vous a répondu sur l'excision et autre. Et vous l'avez compris, moi, je me bats pour des valeurs, ce sont pas les mêmes que celles que votre formation politique défend, mais je n'occulte aucune question. Je n'occulte aucune question.

Et donc, le sujet de l'immigration, c'est un vrai sujet, on vient d'en parler, avec les exigences que ça a, avec le fait que quand on parle d'immigration, il y a l'épaisseur de nombres de vies derrière, et il y a toujours des drames humains. Qu'il y ait des violences, qu'on veuille rentrer dans le cas de l'asile, que ce soit aussi de l'immigration économique...

Donc on parle de femmes et d'hommes. On parle de femmes et d'hommes. Donc moi, je n'occulterai pas ce débat.

Et je ne le ferai absolument pas de manière, si je puis dire, ni uniquement morale, même s'il y a des choses qui relèvent de nos principes. On verra ce qui sort de ce débat, mais on aura, à un moment, à l'Assemblée, au Sénat, dans le pays à se poser les vraies questions. Donc je vous le dis très clairement.

Par contre, se poser ces vraies questions, ça suppose de ne faire aucun raccourci et de n'accepter aucun mensonge, et de ne pas écraser une réalité sur l'autre, de ne pas considérer que le coeur de notre problème, ce serait le phénomène migratoire. Il est là, c'est un vrai défi. Je l'ai dit moi-même.

Mais c'est pas la source de nos problèmes. Nous en avons bien d'autres et d'avant. Que nous avons aussi des valeurs et des principes et que quand on parle de migration, il y a des migrations, et que, tant que je serai en tout cas président de la République, on ne reviendra jamais sur la protection que l'Etat français doit à des femmes et des hommes qui risquent leurs vies à l'autre bout du monde, le risque politique et des droits qui ne sont pas respectés, mais qu'on ne peut pas avoir une absence de règles sur ces sujets.

Je viens de l'expliquer, d'en donner le cadre. Mais pour chacun de ces points, le débat doit aller au bout en transparence. Et je pense que ce qui nourrit les peurs ou les extrêmes, c'est précisément quand on refuse d'avoir les débats ou quand on a des débats biaisés basés sur des contre-vérités. (Applaudissements) Je vous remercie pour votre engagement et le coeur que vous avez mis à la tâche et j'ai vu qu'il y a déjà des recrues pour vous.

Et vous avez eu beaucoup de raisons d'insister sur le fait que des professions...

Aucune profession n'a de genre. Et au fond, dans notre société, c'est cette forme d'autocensure, c'est cette forme de prédétermination mentale qui nous bloque pour, vous, recruter des femmes, dans des métiers de sécurité. Même s'il y a des perspectives qui s'ouvrent et l'engagement que vous avez montré dit tout le contraire, et aussi pour, bien souvent, que trop de jeunes filles ne se disent : "Les études supérieures "en maths ou en informatique, c'est pas pour moi, "c'est pas fait pour les filles".

C'est absolument faux. Et on a encore des filières d'excellence généralement du côté scientifique où on a trop peu de jeunes filles ou de femmes qui s'engagent par une forme d'autocensure et de prédétermination. Donc... je pense que c'était une très bonne chose de le dire.

Et vous avez donc, par votre exemple, parfaitement démontré le contraire. Et je vous remercie parce que vous avez aussi dit une réalité de cette jeunesse qui s'engage et à laquelle je crois, qu'il s'agisse d'ailleurs du service civique aujourd'hui et du service national universel demain, qui s'engage dans la société pour la cohésion de la nation, dans le cadre justement du volontariat et de cet engagement profond. Vous avez évoqué, et je fais ça très rapidement, le sujet des jeunes diplômés, en particulier des doctorants.

D'abord, les doctorants ne doivent pas trouver d'avenir qu'au CNRS, qui est, évidemment, un centre d'excellence et qui recrute de formidables chercheurs dans notre pays, comme les autres organismes de recherche, d'ailleurs, que nous avons. Moi, je veux qu'on mène une politique. Et c'est celle qu'on a en particulier avec Murielle Pénicaud et Frédérique Vidal, qui consiste aussi à aider nos doctorants à rentrer dans l'entreprise et le secteur privé.

Et la situation que vous avez décrite...

Il veut pas rester avec moi, il veut pas rester par terre. La situation que vous avez décrite, c'est exactement au coeur du problème français. Les doctorantes et doctorants sont encore trop peu présents dans le secteur privé et en particulier dans nos entreprises.

Le sujet est là aussi un sujet de filière. On a l'habitude en France de recruter beaucoup trop écoles de commerce et ingénieurs et beaucoup moins les doctorants. Et donc on a mis en place, en particulier avec l'ANRT, et on le fait aussi avec des entreprises, des processus de recrutement des doctorants.

C'était pas l'habitude française parce qu'on a plus le recrutement par l'école d'ingénieurs et par l'école de commerce. Et donc on met en place ces processus. Il faut aussi utiliser ce qui permet de mettre un pied à l'étrier, c'est-à-dire, évidemment, les postdocs, les Cifre, tous ces mécanismes-là.

Je pense que c'est un peu trop tard pour vous puisque vous avez déjà passé ce cap, mais qui permet d'avoir de la recherche coopérative et d'être un peu dans l'entreprise, et utiliser aussi, y compris à ce stade-là, des formes d'alternance, en tout cas de temps partagé entre l'entreprise et le monde académique. Et il y a la place des doctorants en tant que chercheurs dans les équipes de R & D dans l'entreprise. La ministre a répondu sur la discrimination et le besoin, justement, de... de ce qui nous fédère.

Et vous avez dénoncé la double discrimination contre laquelle on se bat, et ce que vous avez décrit, c'est prouvé statistiquement. Lorsqu'on vient d'un quartier qui a mauvaise réputation, lorsqu'on a un nom qui a des consonances, on est stigmatisé à l'embauche dans beaucoup trop d'entreprises. Et en moyenne, dans le pays, on l'est encore.

Et ce dont vous avez fait part, c'est, à votre niveau de qualification, dans trop d'entreprises, le fait que vous avez le sentiment d'avoir au fond une double discrimination. Et donc, face à ça, non seulement on a mis en place des équipes pour lutter contre ces discriminations, un testing qui sera systématique sur les principales entreprises françaises et qui ensuite se poursuivra, la priorité donnée, comme je le disais tout à l'heure, à l'inspection du travail pour lutter contre ces 2 formes de discriminations qu'on a plusieurs fois évoquées. Sur les personnels de santé et les infirmières, madame, vous avez eu raison d'y revenir.

Moi, j'y suis revenu à plusieurs reprises. Et je veux ici vous dire que la stratégie de santé, elle ne se construira pas que pour les médecins. D'abord, parce que le coeur de la réponse que nous devons apporter, c'est aussi de permettre aux médecins de se concentrer sur certains actes médicaux et d'en déléguer davantage d'autres, et donc de revaloriser les professions de santé.

Et c'est aussi ce qu'on fait avec ce qu'on a appelé les assistants médicaux qui peuvent être des personnels administratifs comme des personnels de santé, qui vont venir en complément justement dans le secteur libéral de cette offre. Ce que la ministre a commencé à faire en discutant avec les infirmiers, infirmières, les aides-soignants et aides-soignantes, c'est précisément d'engager les professions non pas dans une promesse mécanique d'augmentation du point, ce serait indifférencié pour toutes les fonctions publiques, mais dans la revalorisation des actes des conditions de travail. Vous avez vu qu'on a libéré des moyens budgétaires pour l'hôpital.

J'en avais annoncé au moment de la stratégie santé. Il y a quelques jours, la ministre a annoncé un nouvel effort budgétaire pour les hôpitaux. Ca viendra justement accompagné l'ensemble de ces réformes et on va revaloriser ces professions, parce que de plus en plus, quand on est infirmière comme vous l'êtes, on fait des actes que le médecin délègue et qu'il y a quelques années étaient faits par les médecins eux-mêmes.

Et c'est une bonne chose. Parce que dans notre système, on était moins avancés, moins polyvalents, en quelque sorte, que dans les autres. C'est du temps de médecin gagné, c'est de la revalorisation apportée.

Je vous remercie de votre témoignage, parce que je sais ce que nous devons à nos infirmiers, nos infirmières, nos aides-soignants dans nos hôpitaux, comme dans nos Ehpad, comme dans nos cliniques, comme dans l'ensemble des établissements. Vous avez raison sur l'engagement, pardon... c'était vous.

J'ai pris note de vos idées, mais la question de l'engagement et les défis qui sont posés sont absolument essentiels et vous avez eu raison de les rappeler. Je trouve que l'idée du budget participatif, certaines communes le font déjà et de plus en plus, mais l'idée de systématiser, au niveau de la commune, du département, il faut trouver une échelle humaine, mais ces budgets participatifs qui permettent à chacun non seulement d'avoir des débats comme ce soir, mais aux moments les plus cruciaux de décider ensemble ce sur quoi on va mettre les priorités restaure une vitalité de la démocratie et donne beaucoup de sens à l'engagement y compris des élus. Ce n'est pas une réduction de pouvoir, c'est une capacité à mobiliser.

Je vous remercie pour le point sur le coaching. Madame qui évoquait les charges. Je vous demandais ça parce que ça dépend de votre chiffre d'affaires, mais vous avez un régime dit de la micro-entreprise sur lequel vous avez quand même beaucoup de simplifications et d'allégements.

Il faut regarder si vous êtes éligible. Auquel cas vous avez des allégements sur la CFE, la TVA et autres. J'ajoute à cela que nous avons, depuis le 1er janvier, en transférant le CICE en baisse de charges pour tous les indépendants, quelle que soit la forme sociale, permis de cumuler la baisse de charges, enfin, de cotisation sociale salariale de 3,4 points à la baisse de cotisation sociale patronale.

Ca fait, pour quelqu'un qui est indépendant comme vous, à peu près 9 points de charges en moins. Mais ce à quoi vous appelez de vos voeux, c'est exactement le régime de la micro-entreprise, qui était micro-entrepreneur créé il y a maintenant 10 ans, qui a été revu plusieurs fois, mais qui reste un régime très attractif justement quand on démarre son activité et qu'on a un chiffre d'affaires qui est encore limité. Madame, vous m'avez interrogé sur Ford, et d'abord, je veux ici moi vous dire qu'évidemment, je pense aux familles, aux salariés, à celles et ceux qui travaillent dans cette entreprise depuis des décennies, aux familles qui, depuis des mois, vivent dans l'angoisse et qui, aujourd'hui, ont peur.

Alors, il y a par contre une chose que je peux pas vous laisser dire, ce serait que l'Etat ne se soit pas battu. Le gouvernement et les ministres se sont énormément mobilisés, ils sont allés chercher des repreneurs. On a été dans une situation où l'entreprise même à un moment a dit : "Je ne veux regarder aucun autre projet".

On s'est battu, j'ai moi-même dénoncé publiquement le comportement de l'entreprise Ford, qui au début refusait toute offre, et on a eu Punch qui a proposé son offre, avec une reprise. Et à la fin, quels que soient les efforts, il y a un refus, et il y a eu aussi, comme vous le savez, beaucoup de débats avec les représentants syndicaux et un débat aussi pour dire : "Est-ce que, malgré les refus, on continue encore "ou est-ce qu'on demande le maximum de protection pour chacun, "d'avoir la protection, l'indemnisation, "la supra-légale qui va avec pour s'assurer "que chacune et chacun puisse reprendre le travail ?" Et c'est malheureusement la situation à laquelle on arrive.

Donc l'Etat s'est battu. Il y a eu beaucoup de cynisme de l'entreprise Ford, que je condamne. Et on a fait, je peux vous le dire, le maximum parce que compte tenu des efforts mobilisés, s'il y avait eu un autre repreneur, je pense véritablement qu'on l'aurait eu.

Maintenant, ceux qui sont aujourd'hui licenciés vont toucher l'indemnisation, de l'argent en plus qu'on impose à l'entreprise Ford, en particulier en raison de l'ancienneté, ce qu'on appelle la supra-légale, qui va permettre à chacun d'avoir, pour le court terme en tout cas, cette indemnisation un peu supplémentaire. Maintenant, ce qu'on va mettre en place, et je vous le dis ici et j'en prends l'engagement, c'est un dispositif de suivi et d'accompagnement parce que là, c'est l'Etat qui répare, si je puis dire. Et donc avec la région, avec Pôle emploi, on va mettre en place un système pour qu'il y ait un accompagnement individualisé de tous les anciens salariés Ford.

Ca a été une lutte terrible, les organisations syndicales ont fait un énorme travail. Il y a des grands leaders syndicaux qui sont devenus des leaders politiques dans le pays et qui se sont toujours engagés avec beaucoup de force et qu'on connaît, et qui l'ont fait avec beaucoup d'honnêteté et de courage, et qui n'ont jamais abandonné. Ce qu'on doit maintenant nous après s'être battus, c'est de permettre le rebond.

Et donc de permettre soit de retrouver un emploi à proximité dans un secteur où les qualifications sont, soit d'apporter très vite les bonnes formations à tous les salariés qui sont prêts à aller dans un autre secteur parce qu'il y aurait une offre d'emploi dans la région, soit d'aider à la mobilité s'il y a des offres d'emploi comparables dans une région voisine. Mais quel que soit l'âge, y compris dans l'offre de formation. On va mettre 15 milliards d'euros sur la formation des jeunes décrocheurs et des chômeurs dans le quinquennat.

Donc ils seront accompagnés. Mais là, on va mettre en place, compte tenu, et vous avez rappelé le chiffre, un système d'accompagnement personnalisé. Moi, je le dis avec beaucoup de force.

Il faut surtout tout de suite rebondir et tout de suite aller rechercher un emploi et des structures. Il faut surtout pas tomber, si je puis dire, dans le désarroi ou le découragement ou considérer que parce qu'on a une indemnisation aujourd'hui, on peut attendre avant de faire un bilan de compétences. Et donc on va tout de suite aller accompagner et repartir.

Mais on s'est battus. Le gouvernement s'est battu. Donc je voulais vous le dire.

Je crois ensuite avoir répondu et surtout que les ministres ont répondu aux autres questions. Et les deux ministres ont répondu à vos différentes questions, mais je voulais ici le redire parce que vous avez abordé un sujet, plusieurs l'ont abordé, vous l'avez aussi abordé, madame, à travers le cas de l'asile, c'est celui des violences faites aux femmes. Est-ce qu'on fait assez, est-ce qu'on a réussi à gagner cette bataille ?

Non. Non. Il faut être lucide.

Je pense que collectivement, vous avez réussi à ce que la honte commence à changer de camp et qu'on dise : "Ce sont les femmes qui ont fait ça". Et c'est le fait que nous sommes un pays fort, donc celles qui, pendant si longtemps, se sont tues, avaient honte et où le regard de la société s'était habitué à dire : "Il doit se passer quelque chose". Au fond, les phrases qu'on entendait, "elle doit l'avoir méritée", "elle doit y avoir un problème"...

Aujourd'hui, plus personne n'ose le dire. Non, publiquement, plus personne. Et elles étaient dites publiquement encore récemment.

Et donc, maintenant, on dit, on dénonce, et la honte est en train de changer de camp. A travers vous, ce que vous avez évoqué et ce qui a été évoqué ce soir, il faut redire à toutes les femmes qui subissent cela : le harcèlement, la violence, même sourde, l'humiliation, que rien ne le justifie et qu'il ne faut jamais le tolérer. Parce qu'une humiliation du quotidien, rampante, c'est une violence de demain.

Et donc, il y a un numéro d'urgence qui a été donné, qui a été créé, il y a des équipes qui sont là, il y a des associations qui font un travail formidable aux côtés des pouvoirs publics. Il faut tout de suite dénoncer et se protéger. Ensuite, la 2e chose, on doit, nous, continuer à mettre plus de moyens auprès des associations et pour mettre en sécurité les femmes qui, tout de suite, doivent quitter le domicile.

Alors, dans le plan Logement d'abord, que j'évoquais tout à l'heure, il y a une priorité qui a été donnée justement aux femmes. On a créé des logements supplémentaires spécifiquement dédiés, on a créé, dans le cadre du plan Logement d'abord des logements spécifiquement dédiés à ces femmes. Je sais que les associations veulent qu'on fasse encore davantage, et elles ont raison.

Et on va le faire. Moi, je ne veux plus qu'on ait cette situation où, au fond, des femmes ont dénoncé, on leur répond, et on n'arrive pas dûment à les protéger, et à les protéger de leur mari ou de leur conjoint. C'est-à-dire de leur vie intime, de leur quotidien, c'est-à-dire de leur chez elle.

Et que, beaucoup plus rapidement, on apporte la réponse, comme l'a dit la ministre, judiciaire, la sanction et la protection ensuite pour les années qui suivent. Mais au-delà des réponses qui ont été apportées sur les cas que vous avez soulevés pour les différentes femmes, les moyens qu'on met en place, de ce qui est encore à améliorer, on ne cédera plus rien sur ce sujet. Parce que... c'est ce qui fait qu'on peut être une société qui se regarde en face ou pas, C'est ce qui fait qu'on peut être une société où... chacun sait qu'il a une place et qu'il peut vivre dignement.

Et se dire que dans les plis de notre société, parce que les portes de la maison, de l'appartement sont fermées, le pire peut se commettre et qu'on ferme les yeux, ça, ce n'est pas digne de nous. On n'a pas gagné cette bataille, mais on y mettra tous les efforts et tous les moyens. Parce qu'à chaque fois, ce sont des vies ou brisées ou ce sont des vies perdues, et avec les enfants et tout le reste.

Voilà ce que je voulais vous dire là-dessus. En tout cas, merci infiniment pour cet échange. Alors, on a des accords, des désaccords, et il y a beaucoup de choses qui vont continuer à se faire, il y a aussi des solutions qui sont apportées, proposées et concrètes.

Le cadre a été rappelé. Tout ça va se poursuivre jusqu'au 15 mars. Ca veut pas dire que le Grand Débat permet de tout résoudre.

Ca veut dire que je pense qu'on peut lever beaucoup de malentendus et construire ensemble des solutions nouvelles à travers cet exercice. Ensuite, on en rendra compte, des décisions seront prises. Mais moi, ce que je veux aussi qu'on invente collectivement, c'est ce réveil citoyen qui fait que... quand les choses sont inacceptables, on le dit.

Quand les choses peuvent être améliorées, on le dit et on le fait. Et que chacun prend sa part. Notre démocratie est en train d'inventer de nouvelles formes de décisions, de participations, mais elle est en train aussi, en quelque sorte, de sortir d'un état de minorité dans lequel nous nous étions mis, qui était de dire : "Toutes les réponses doivent "venir forcément de la puissance publique, "de l'argent public d'en haut".

Et du côté de la puissance publique, le fait de dire : "Toutes les réponses qui sont édictées d'en haut "sont forcément bonnes, vous n'avez qu'à les manger". Ce temps est fini. Et donc, nous devons les construire ensemble et chacun doit prendre sa part pour relever le pays, donner une place à chacun et surtout bâtir un avenir pour relever tous les défis que, pour nombre d'entre eux, vous avez évoqués ce soir.

Je vous remercie en tout cas. Merci à vous. Et merci, madame la députée, d'avoir organisé cette rencontre.