L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 25 mai 2025
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Bonjour à tous et bienvenue sur LCI, l'événement, l'émission politique dominicale de la chaîne Info. Vous êtes les bienvenus, notre invité Manuel Valls. Bonjour Monsieur le Ministre. Bonjour. Ministre des Outre-mer, ministre d'Etat, ancien Premier ministre. Vous avez récemment reconnu l'échec pour trouver un consensus en Nouvelle-Calédonie. Un député Renaissance annonce une nouvelle initiative du Président Macron. Êtes-vous au courant ? C'est la question qu'on vous posera tout à l'heure. Mais d'abord, avec Arlette Chabot. Bonjour Arlette. Merci d'être avec moi pour m'accompagner tout au long de cet événement.
D'abord, on va parler de l'événement politique de la semaine, ce rapport sur l'entrisme républicain. Vous incarnez, vous, un républicanisme assumé depuis déjà longtemps. Ce rapport sur l'entrisme a été présenté en conférence, en conseil de défense. Gabriel Attal, ancien Premier ministre, aujourd'hui président du parti Renaissance, répète ce matin, ce dimanche, dans Le Parisien, des propositions. Choc, déjà formulé cette semaine, vous les voyez à l'écran. L'interdiction du voile dans l'espace public pour les mineurs de moins de 15 ans. Un délit de contrainte pour les parents qui imposeraient le voile à leurs filles mineures. Une deuxième loi contre l'entrisme islamiste.
D'abord, sur la question du voile, qu'on interdirait aux mineurs de moins de 15 ans. Il faut aller jusque là.
D'abord, laissez-moi vous dire que la publication de ce rapport sur le poids des frères musulmans dans notre société, plus particulièrement dans l'islam, la publication de ce rapport est bienvenue. Et il rappelle en effet le danger de l'islamisme, de l'islam politique, des frères musulmans, des salafistes, qui veulent détruire la République et notre mode de vie. Donc, moi, je propose qu'on démantèle l'organisation des frères musulmans dans notre pays par tous les moyens de l'état de droit que nous avons. Nous allons y revenir et qu'on interdise, de fait, cette organisation.
Ensuite, à partir du moment où nous considérons que cette organisation représente un vrai danger pour notre société, pour notre démocratie, pour notre mode de vie, et d'abord, il ne faut jamais l'oublier, pour nos compatriotes musulmans que nous devons protéger de cet islamisme, alors toutes les propositions sont bienvenues dans le débat public. Tout doit être mis sur la table. Et d'ailleurs, d'une manière générale, ceux qui critiquent la profusion de ces idées ne saisissent pas, à mon sens, la gravité de l'enjeu et la nécessité de réfléchir collectivement à des solutions innovantes. C'est ce qu'a demandé le président de la République au ministre.
Donc, que le débat ait lieu, c'est tout à fait logique.
On va entrer dans le détail. Arlèche ? Alors, dissoudre les frères musulmans, ce n'est pas la première fois qu'on l'entend. C'est une proposition aussi du Rassemblement National. Vous vous dites détruire une idéologie qui veut nous détruire. Mais après, comment fait-on ? On se pose toujours la même question. Il n'y a pas l'association des frères musulmans qu'on pourrait dissoudre. C'est de l'entrisme dans les associations. Donc, comment peut-on vraiment combattre cette idéologie et, effectivement, cette entrée, cette influence que veulent avoir les frères musulmans ?
Pas de moment où nous considérons que c'est un totalitarisme de la pensée. Je rappelle toujours, nous y reviendrons sans doute, que le Hamas est une organisation liée, issue totalement des frères musulmans. Donc, nous fixons un objectif. C'est un ennemi. Donc, nous fixons cet objectif. A partir de là, nous savons qu'en effet, ils cherchent à séparer les musulmans du reste de la société, faire de l'entrisme. Donc, nous avons des moyens, grâce à la loi séparatisme de 2020, portée par Gérald Darmanin, à nous attaquer à leur entrisme dans le monde associatif, dans les quartiers, dans le monde du sport.
A l'école, regardez, les élus de la région sud, Renaud Muselier notamment, viennent de mettre en cause une école, qui est d'ailleurs citée dans le rapport, proche des frères musulmans, et qui recevait un certain nombre de financements. D'ailleurs, puisque nous parlons de financements, la priorité devrait, et mon collègue Benjamin Haddad, chargé des affaires européennes au gouvernement, l'a dit, à nous attaquer de front aux nombreux financements que les frères musulmans reçoivent des institutions européennes et de la Commission européenne.
C'est-à-dire que c'est une nébuleuse, une internationale, qui reçoit des financements publics de l'Union Européenne, c'est-à-dire de la France et du contribuable français, pour mener une guerre contre les valeurs démocratiques, républicaines et laïques. Donc, c'est inacceptable. Donc, ça, c'est déjà, c'est comme ça qu'on va détruire et interdire les frères musulmans.
Voilà, on va détruire, dites-vous, en réalité, on ne détruit pas une nébuleuse, mais on s'attaque à chaque fois qu'on identifie un lieu qui est pénétré par les musulmans, par les islamistes, pardon, par les islamistes. C'est ce que vous voulez dire. Je reviens sur le voile, vous ne m'avez pas répondu sur la question du voile interdit aux jeunes filles mineures dans l'espace public. Vous y êtes favorable, comment on fait ?
Je n'ai pas de problème sur le fond de la proposition. Je suis choqué, comme beaucoup de mes compatriotes, quand je vois de très, très jeunes filles qui sont voilées et dans l'espace public. Ce ne sont pas elles qui sont en cause. C'est un système, ce sont des familles, ce sont des parents qui leur imposent cette logique. Ensuite, il faut regarder de près, nous savons d'un point de vue juridique et constitutionnel, ce qui peut être posé par cette proposition. Mais elle ne me choque pas. A chaque fois, d'ailleurs, qu'il y a eu dans le passé...
Est-ce que ça n'est pas choquant sur le principe d'avancer des propositions dont on sait, en réalité, que la mise en place sera très difficile ?
Oui, mais nous avons eu ce débat en 2010, pas en 2004, au moment de l'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'école, qui marche. Et d'ailleurs, ce même Gabriel Attal, quand on était ministre de l'éducation nationale, avait fait interdire la baïa ou le camis à l'école. Puisque, à chaque fois, nous voyons bien, on utilise... Le voile n'est pas un signe religieux, de fait, aujourd'hui, en général. C'est un étendard politique brandi par l'islamisme pour imposer sa logique, et notamment sa logique concernant la place des femmes, des jeunes filles, dans la société. Le débat avait déjà eu lieu quand il s'agissait d'interdire le voile intégral dans l'espace public.
En 2010, c'est une loi qui avait été portée par un député, par Jean-François Copé... Par Jean-François Copé, qui avait invoqué l'ordre public. Et par aussi André Gérin, qui était député communiste, pour, en effet, au nom de l'idée qu'on se faisait de l'ordre public, interdire cela. Donc, je pense, moi, qu'il faut examiner toutes les propositions, dans le respect, évidemment, de l'état de droit. Et, en tout cas, cette proposition permet de dire que, oui, l'islamisme se sert des jeunes filles, des filles très jeunes, pour nous imposer sa logique. Donc, moi, je ne suis pas gêné de débattre de ces questions. Ensuite, il faut voir... Mais il faut décider, après. La capacité, oui.
Mais il faut trouver des décisions efficaces.
Ça sera, et du côté du gouvernement, et du côté du Parlement, de trouver les bonnes voies, et gagner en matière d'efficacité. Vous avez raison. Mais le débat, nous l'avons, par exemple, à l'université. Je connais le débat, je le porte depuis des années. Je fais partie de ceux qui considèrent qu'il faudrait interdire les signes religieux. C'est-à-dire la transcription, la transposition de la loi de 2004 à l'école, aussi à l'université. Car on voit bien qu'à l'université, on mène une guerre à la République. Bien sûr que c'est compliqué. Il n'y a pas seulement la question du voile, il y a la question des enseignements, des pressions qui sont portées sur le fond, sur la nature de l'enseignement.
Donc, que ces questions-là, à l'aune du rapport, et qui disent que la manière dont on utilise les signes, dont le voile, les mots, pour victimiser les islamistes. Le mot islamophobie a inventé, il y a déjà des décennies, pour clouer Salmane Rougedi au piloré.
Justement, est-ce que vous ne donnez pas pardon pour l'expression un peu à manger à tous ceux qui dénoncent l'islamophobie, en annonçant ou en prenant des dispositions compliquées à mettre en place, et qui permettent aux islamistes de se victimiser ? Est-ce que ça n'est pas un piège qu'ils nous tendent ? C'est tout le contraire. Quand vous reprenez, comme d'autres, des propositions qui émanent d'ailleurs du Rassemblement National depuis longtemps, est-ce que vous ne tombez pas dans le piège des islamistes ?
Non, c'est tout le contraire. A force de dire qu'il ne faut pas stigmatiser, ce n'est pas le mot que vous avez utilisé, ou victimiser, je l'ai rappelé, les musulmans, on n'agit pas. L'essentiel dans cette affaire, c'est de protéger nos compatriotes musulmans. C'est eux qui sont visés d'abord par les islamistes et notamment par les frères musulmans. Vous ne les stigmatisez pas ? Les musulmans ? Non, au contraire, c'est une manière de leur dire, la République, la laïcité, vous permet d'exercer pleinement votre culte. C'est la deuxième religion de France. Les paysages ont changé, notamment dans les villes, il y a beaucoup plus de mosquées, on voit la place du Ramadan dans nos sociétés.
Ils ont le droit, dans une société démocratique, républicaine, laïque, où il y a la séparation de l'État avec les églises, d'exercer pleinement leur culte. Et tant mieux. Mais ils sont eux aussi, et d'abord eux, sans doute, sous l'emprise des frères musulmans, des salafistes.
Donc c'est le meilleur moyen de les protéger, c'est de n'escamoter aucun débat, et de demander d'ailleurs, parce qu'il y a une vraie faiblesse de ce côté-là, aux représentants de l'islam de France, c'est un vieux débat, de prendre clairement leurs responsabilités contre l'islamisme, contre la haine des juifs, contre tout ce qui, aujourd'hui, permet à certains, et ce sont des frères musulmans qui cherchent d'abord cet amalgame, et de les protéger aussi de la violence à leur égard. Il y a eu évidemment ce crime abominable il y a quelques semaines, donc il faut aussi lutter contre tout ce qui va vers la haine des musulmans.
Je reviens d'un mot sur le voile à l'université. Quand les jeunes femmes sont majeures, est-ce qu'on peut leur interdire de porter le voile, franchement, ou pas ? Parce que les petites filles de 15 ans, oui, le voile peut être imposé par les parents, mais quand elles sont majeures, on va leur dire non ?
Je connais les polémiques, la dépêche...
Oui, c'est une question.
Oui, je sais bien, mais nous venons d'évoquer la question, la proposition portée par Gabriel Attal sur les jeunes filles, les très jeunes, dans l'espace public. J'évoque le débat qui existe toujours sur l'université. À partir du moment où nous considérons que le voile est un étendard politique d'une idéologie totalitaire qui veut imposer sa logique à notre société et aux musulmans de France, il va falloir prendre un certain nombre de dispositions. C'est facile. Non, nous le serions. Peut-être faudrait-il réfléchir à une nouvelle loi séparatisme 2.
La première, donner des outils en 2020, après le discours important du président de la République au Mureau, les outils au ministère de l'Intérieur, à la Justice, pour lutter contre le séparatisme ou l'entrisme. Moi, je pense qu'il faut un débat plus profondément politique, intellectuel, culturel, contre cette manifestation qui vise, encore une fois, à s'attaquer à ce que nous sommes. Et d'abord, en Europe, vous savez que les frères musulmans sont en recul dans les sociétés musulmanes, souvent parce que des régimes qu'on va appeler relativement forts, c'est le moins qu'on puisse dire, aux Émirats, en Égypte, en Arabie Saôlite, luttent contre les frères musulmans.
Ils se sont tournés vers l'Europe, là où il y a des millions et des millions de citoyens, de confessions ou de cultures musulmanes. Donc, c'est là où la bataille frontale se met. Et moi, je suis convaincu...
Et justement, nous sommes en démocratie et pas dans un pays fort. On comprend l'enjeu de protéger des jeunes filles contre une forme d'emprise religieuse imposée par les parents. Mais dès lors, effectivement, qu'on est majeur, quel est l'argument que vous pouvez utiliser, mettre en avant pour faire passer une loi qui, à l'université, empêcherait le voile ?
À l'université ou dans l'espace public pour les jeunes filles. Encore une fois, je ne méconnais pas les difficultés.
Mais vous dites, il faut... De toute façon, il faut...
Nous ne pouvons pas céder. Les Français en ont assez de l'impuissance politique et publique à l'égard de ces phénomènes. Beaucoup a été fait. Des lois qui avaient été contestées, 2004, 2010, la loi sur le séparatisme, on a entendu des choses terribles sur ces lois. Elles existent. Il faut déjà, évidemment, les appliquer concernant les associations, le sport, l'école.
Mais je crois que dans la bataille qu'on nous mène, que l'on ne peut pas, depuis des années, inviter à juste titre entendre Keppel, Michon, Sifawi, Caroline Fourest et bien d'autres sur ces sujets qui connaissent parfaitement ces éléments-là et ne pas considérer que nous devons, avec un rapport qui était classifié qui, maintenant, est dans l'espace public, que nous ne pourrions pas agir. Donc, que chacun mette les propositions sur la table.
J'ai été suffisamment isolé, il y a quelques années, sur ces questions, pour ne pas, je mets les guillemets, me réjouir qu'enfin ce débat vienne pleinement et qu'il nous invite à faire des propositions qui doivent être respectueuses, je le rappelle d'un corps, de la démocratie, de l'état de droit et de l'autre.
Justement, Gabriel Attal regrette, Arlette, que son parti ne soit pas par la vie.
Un peu plus tôt, que son parti ne se soit pas saisi de ces sujets, un peu plus tôt, il y a une prise de conscience. Vous dites, oui, il y a eu des lois, Emmanuel Macron, la loi sur le séparatisme et on a reproché au président d'avoir attendu en 2017-2021 la loi sur le séparatisme. Donc, au fond, dans ce camp, ça bouge, mais c'est très très long.
Oui, mais c'est des divisions qui ont miné la gauche sur ce sujet, j'en sais quelque chose. Ma bataille contre Dieudonné, son antisémitisme, mon engagement, évidemment, contre l'islamisme, ceux qui se déclaraient, ceux qui ne se considéraient pas Charlie en 2015, vous connaissez parfaitement toutes les deux les tenants, les aboutissants de ce débat. Il a même lieu, en effet, dans le camp présidentiel, au moins jusqu'en 2020, où le discours des Mureaux, il faut toujours le rappeler d'ailleurs, terrible coïncidence, quelques jours avant l'assassinat terrible de Samuel Paty, qui annonçait donc ses lois sur le séparatisme, a marqué un basculement.
Mais moi, j'ai toujours tenu le même discours, le même engagement, je n'ai pas changé, parce que je pense que quand on est un républicain, et notamment un républicain de gauche, mais un républicain, on ne cède pas sur le républicanisme, l'ordre public, la laïcité, l'école et l'égalité entre les femmes et les enfants et de la protection des femmes.
Donc vous vous sentez moins seul, aujourd'hui, sur ce sujet. Moi, je me sens à chaque fois moins seul,
parce que quand j'entends, pardon, Jafar Pahani, qui a reçu hier la Palme d'Or, et qui a subi la prison des Mollahs, et dire qu'il faut soutenir ces femmes qui ne veulent pas qu'on leur impose le voile, et qu'il y ait des gens dans notre démocratie qui, oubliant le combat des femmes afghanes ou iraniennes, nous expliquent que le voile, c'est un élément de la démocratie, et que le débat, comme le fait Mélenchon d'aujourd'hui, c'est de l'islamophobie, on voit bien qu'on est dans quelque chose qui est totalement absurde. Donc, moi, je défends la même ligne républicaine et le soutien aux femmes.
Cette fois-ci, l'islamophobie franchit un seuil, ça suffit, vous allez détruire un autre pays, justement, dit Jean-Luc Mélenchon, à l'apparition du rapport la semaine dernière.
Oui, mais il est cohérent.
Il y a un œuf. Il est cohérent comme vous.
Il est cohérent, oui.
Pas sur la même ligne.
Lui a véritablement changé, parce que je l'ai connu, très républicain et très laïc, mais c'est vrai qu'il y a très longtemps. Non, lui, il est logique, puisque la France insoumise a décidé d'avoir un objectif et de passer au fond, de fait, comme l'ont fait à un moment une partie des travaillistes britanniques, un accord avec l'islam politique, oui, pour un but électoral.
Un accord écrit ?
Un accord de fait, on le voit bien, par les discours, oui, c'est évident, dans lesquels on mélange, on utilise le mot islamophobie, on explique que l'antisionisme est tout à fait logique, et donc on va chercher ce vote, oui, mais ça, c'est une logique, c'est une cohérence. Ce n'est pas la mienne, elle est contraire, d'ailleurs, aux valeurs républicaines.
On parlait d'Emmanuel Macron qui, selon Gabriel Attal, a tardé à se réveiller, et puis cette semaine, dans la foulée du rapport, on attendait des mesures et puis rien. Il n'y a pas de mesures.
Est-ce qu'il y a encore une crainte, effectivement, de stigmatiser les musulmans, de laisser entendre que tous les musulmans sont proches des frères musulmans qui sont près de l'islamisme ? Est-ce que c'est ça que redoute toujours, au fond, le président de la République ?
Je ne sais pas, je n'étais pas au conseil de défense.
Vous savez ce qu'il y a dans cette...
Enfin, vous saviez qu'il y a des annonces... Il a proposé... Il a demandé au gouvernement de faire un certain nombre de propositions. J'ai cru comprendre que Bruno Rétaillot, mon collègue ministre de l'Intérieur, a beaucoup travaillé sur ces mesures et qu'il ne va pas manquer de les présenter. Bon, donc...
Mais pourquoi elles sont différées, pardon, monsieur le ministre ?
C'est le travail du gouvernement. Pardon, je n'étais pas à cette réunion.
Il faut imaginer que la main tremble pour un président qui craint des réactions à la communauté musulmane.
Je ne crois pas, je ne le pense pas, et surtout je ne l'espère pas, mais je ne crois pas parce que, je le répète, c'est tout le contraire. C'est-à-dire que tout signe de faiblesse est interprété par ces organisations comme une possibilité de continuer à séparer, à faire de l'antrisme et à briser le pacte républicain et social. Donc, il ne peut y avoir aucune faiblesse. Ce qui se joue en France et en Europe, écoutez, regardez ce qui s'est passé. La faiblesse des Britanniques sur David Cameron qui avait imaginé au fond des mesures très puissantes après la publication d'un rapport de même type. Regardez ce qui se passe en Belgique.
Regardez déjà ce qui se passe chez nous avec des quartiers où on voit bien cette pression de l'islamisme politique, de l'islam politique des frères musulmans. Ça nous oblige à continuer à réagir. Moi, je fais partie de ceux qui pensent que sous les différents quinquennats déjà depuis une bonne vingtaine d'années, beaucoup de mesures ont été prises et que nous sommes sans doute le peuple, la nation, qui a le plus conscience de cette réalité.
Donc, défendre la République, défendre l'école, défendre les femmes et les filles, défendre notre espace public, bah oui, c'est un beau combat républicain et c'est un combat qui devrait rassembler, comme le sont les Français à travers les différentes enquêtes d'opinion, toutes les forces politiques.
À propos de faiblesses, Emmanuel Macron a fait une annonce pour le mois de juin, Arlette. Oui, une annonce. A propos de faiblesses, pardon, si c'en est une, on voudrait votre avis. Oui,
le président de la République pourrait réfléchir encore, dit-on à l'Elysée, à la possibilité de reconnaître un État palestinien. Est-ce que vous êtes favorable ? Alors, il y aura une réunion, c'est dans le cadre de l'ONU, il pourrait y avoir effectivement une discussion avec l'Arabie saoudite, une espèce d'échange où l'Arabie saoudite pourrait normaliser ses relations avec, évidemment, Israël et la France pourrait reconnaître un État palestinien. Est-ce que vous pensez que c'est le bon moment ? Est-ce que vous pensez qu'il ne faut pas le faire maintenant ?
Est-ce que c'est de toute façon une reconnaissance laquelle vous êtes totalement opposé aujourd'hui, bien que favorable à une solution des deux États dans le cadre d'un règlement politique ?
Je suis favorable à une solution politique, même si c'est très difficile, à deux États. Parce que les Palestiniens, ils l'attendent depuis longtemps, ils sont sous l'emprise d'une autorité palestinienne corrompue et du Hamas qui, évidemment, n'a que faire de la cause des Palestiniens. Et qui assassine ceux qui s'opposent à sa logique totalitaire. Mais je suis favorable à la solution des deux États. Est-ce que les Palestiniens puissent maîtriser, évidemment, leur destin. La reconnaissance d'un État palestinien sans que ce soit une reconnaissance mutuelle d'un certain nombre de pays arabes vis-à-vis d'Israël. Je pense notamment à l'Arabie saoudite.
Sans qu'il y ait des conditions, c'est-à-dire la déméditérisation de Gaza, la fin du Hamas, le renouveau de l'autorité palestinienne, la fin du discours de haine vis-à-vis des Juifs et d'Israël dans les manuels scolaires de Cisjordanie ou de Gaza, apparaîtraient, de mon point de vue, mais ces conditions ont été rappelées souvent par le Président de la République et par le ministre des Affaires étrangères, apparaîtraient, de mon point de vue, comme une victoire du Hamas et de ce qui s'est passé le 7 octobre 2023.
S'il n'y a pas une reconnaissance de l'Arabie saoudite d'Israël, et d'ailleurs, c'est ce qu'Emmanuel Macron avait dit, il faut que ce soit concomitant. Dans ce cas-là... Je rappelle que c'est
à l'initiative de l'Arabie saoudite et de la France qu'il y a une conférence dans le cadre des Nations Unies sur ces sujets, bien évidemment.
Sinon, non. Sinon, c'est trop tout.
Je vous donne ma position, nous verrons bien
celle qui sera celle
du Président et du Président de la République et de la diplomatie française. Mais ça a été tout le temps la position de la France, oui à deux États, mais il ne peut pas y avoir une reconnaissance unilatérale qui ne se ferait sans aucune condition et sans une reconnaissance mutuelle. Ça serait donné, encore une fois, dans ce moment-là, une sacrée victoire au Hamas, alors que la guerre à Gaza dure avec ses souffrances, ses milliers de victimes insupportables alors que le Hamas est toujours là et retient surtout, nous l'oublions jamais, des dizaines d'otages.
Le Hamas est toujours là et Israël et surtout le gouvernement Netanyahou est dans une guerre continue contre les Palestiniens ou en tout cas contre Gaza. Mais c'est assez frappant d'entendre, dans ce contexte, l'ambassadeur israélien aux États-Unis, au moment même où il sort du lieu où a lieu l'attentat de Washington où deux Juifs ont été tués à l'arme blanche. C'est très frappant de l'entendre justement accuser la France de nourrir l'antisémitisme. Écoutez-le.
L'antisémitisme est en hausse non pas à cause de la réponse d'Israël mais à cause de pays comme la France qui dans ces circonstances maintenant, demain, prévoit de proposer la reconnaissance unilatérale de l'État palestinien.
Une réaction à cette accusation ?
Il y a beaucoup de mots faux. Ce n'est pas la France qui provoque l'antisémitisme et la France n'a pas reconnu de manière unilatérale l'État palestinien.
Elle a dit qu'elle allait le faire. Ça a retenu l'attention pour le moins
de Tel Aviv. Oui mais ça c'est des discours politiques à des fins de politique intérieure. Revenons à l'essentiel. Ce qui est vrai c'est que au lendemain du 7 octobre au lendemain de l'attaque du Hamas et du djihad islamique contre des civils innocents contre des militaires aussi contre des jeunes qui faisaient la fête contre un mode de vie contre une démocratie dès le lendemain le tsunami antisémite au nom de l'antisionisme avant même qu'Israël ne réplique avait envahi la planète. Et donc il faut toujours revenir à l'essentiel ce n'est pas Israël qui a semé la violence c'est le Hamas. Mais aujourd'hui si on oublie Emmanuel Macron
dit sur TF1 il y a une dizaine de jours ce que fait Benjamin Netanyahou à Gaza c'est une honte c'est une honte
mais c'est ce que disent beaucoup d'Israéliens
eux-mêmes
c'est ce que disent beaucoup regardez dans la société israélienne Israël d'abord est un pays ami ne l'oublions pas deuxièmement c'est une grande démocratie c'est au sein même de la société israélienne où il y a le plus de manifestations tous les samedis contre la politique de Benjamin Netanyahou et pas que sur ce sujet là c'est en Israël qu'on ne supporte pas les propos les discours des deux ministres d'extrême droite qui veulent créer les conditions d'une épuration ethnique et religieuse à Gaza c'est en Israël même donc faisons attention à ne pas criminaliser Israël à ne pas mettre de côté de la société internationale cet état ami et démocratique
dans un instant faut-il taxer les plus riches est-ce que le macronisme n'a plus que quelques mois à vivre et la Nouvelle-Calédonie une initiative qui serait portée par le président de la République dit un député Renaissance élu de Nouvelle-Calédonie est-ce que vous êtes au courant ?
Vous nous le dites tout à l'heure Vous regardez l'événement l'émission politique de LCI Manuel Valls c'est notre invité Manuel Valls je le disais tout à l'heure ministre des Outre-mer ministre d'Etat ancien premier ministre et justement j'en appelle à votre expérience Manuel Valls vous avez été premier ministre François Hollande était président vous avez l'expérience de cette vie de couple riche on va dire mais quel mot vous choisiriez aujourd'hui pour qualifier le couple Emmanuel Macron François Bayrou
je crois qu'il est assez cohérent puisque François Bayrou a joué un rôle important en 2017 dans l'élection d'Emmanuel Macron et dans l'idée du dépassement politique mais il est vrai que nous sommes aussi dans une situation très différente de celle que j'ai connue je n'oserais dire impossible et François Bayrou le dit souvent en souriant c'est pour cela que nous sommes là parce qu'elle est impossible lié notamment aux effets de la dissolution mais face aux crises la guerre en Ukraine il ne faut jamais oublier la guerre contre la démocratie et l'Europe que mène Vladimir Poutine dans le chaos instauré notamment dans les relations commerciales par l'administration Trump avec nos propres enjeux je pense à la question des finances publiques il n'y a pas d'autre choix que de la stabilité de l'unité de l'action
de l'immobilisme
de la responsabilité vous savez la loi de finances la loi de financement de la sécurité sociale la loi sur pour lutter contre le narcotrafic deux lois pour refonder et reconstruire Mayotte que je porte la loi qui va être votée mardi à l'Assemblée nationale sur un débat douloureux difficile compliqué sur la fin de vie l'action qui était celle François Bayrou cherchant à trouver une voie d'apaisement à propos du conflit des taxis non nous agissons c'est difficile il y a beaucoup de bruit il y a beaucoup d'instabilité mais il n'y a pas d'autre choix que de gouverner d'avancer on ne va pas attendre deux ans et c'est ce que souhaitent les français c'est l'action
on se demande quand même si la cohabitation au sein de ceux qui sont censés soutenir tout le gouvernement ne va pas devenir un tout petit peu compliqué parce qu'on parlait tout à l'heure des propositions de Gabriel Attal alors lui il vise aujourd'hui Bruno Retailleau les républicains il dénonce un Bruno Retailleau conservateur sur les sujets de société par exemple il dit que les LR ne sont plus vraiment européens avec les propositions qu'on a évoquées du même Gabriel Attal on a aujourd'hui les protestations de Marc Fénaud le fidèle de François Bayrou qui dit c'est pas ça de macronisme là on est loin de nos idées de 2017 alors j'arrête là parce qu'on pourrait continuer comme ça ça tire de tous les côtés mais vous allez continuer à vivre ensemble comme ça combien de temps ?
il n'y a pas le choix c'est pour ça que d'abord il faut se calmer l'heure n'est pas aux égaux et l'heure d'une manière générale devrait et doit être au sursaut collectif la situation actuelle de coalition est-elle satisfaisante ?
non parce que d'une certaine manière elle a été subie par la dissolution par le fait qu'il n'y a aucune majorité à l'Assemblée Nationale par la motion de censure qui a fait tomber le gouvernement de Michel Barnier elle n'a pas été anticipée elle n'est véritablement pas sur un programme nous le savons mais si on a un peu d'expérience et si on regarde l'avenir et si on se dit est-ce qu'un candidat républicain comme je l'appelle des méveux pour 2007 pourra-t-il gagner tout seul en gouvernant avec une majorité absolue est-ce qu'on est revenu c'est une différence là avec Bruno Retailleau au débat traditionnel droite-gauche non ça veut dire qu'il faut se préparer et pas en s'invectivant en rassemblant et en allant là où il y a des points de convergence donc il faut se préparer à ce qui est aujourd'hui subi et que soit demain véritablement choisi ce qui est aujourd'hui peu lisible soit demain clair et préparé donc ça veut dire qu'il faut donner une réalité concrète à notre union actuelle en créant me semble-t-il peu importe les moyens mais une grande fédération politique qui regroupe Renaissance le Modem Horizon les LR s'ils le souhaitent sans doute demain une partie de la gauche réformiste les partis ne disparaîtront pas mais il n'y a pas d'autre choix demain face à la gauche extrémiste face à l'extrême gauche face à LFI de Jean-Luc Mélenchon et face au Rassemblement National il n'y a pas d'autre choix que ce dépassement cette capacité à travailler ensemble mais sur un véritable pacte de quinquennat sur un pacte législatif écrit sur des mesures qu'on présente aux français et qui sont négociées mais aussi avec les partenaires sociaux regardez il y a une très grande attente aujourd'hui du conclave entre le patronat et les syndicats réformistes et notamment la CFDT sur la question des retraites bon donc ça veut dire que sur toutes ces questions-là nous n'avons pas d'autre choix que d'avancer ensemble si nous considérons que nous sommes européens républicains que nous défendons l'état de droit que nous croyons en l'économie de marché mais aussi en la justice sociale ça rassemble beaucoup de monde donc plutôt que de marquer les différences et de s'invectiver de préparer déjà la prochaine échéance préparons en effet cette échéance mais sur la base d'un rassemblement et d'un véritable programme de gouvernement un véritable pacte qui soit présenté aux français ne faisons pas croire aux français que l'un ou l'autre va gagner tout seul qu'il aura la majorité absolue et qu'il pourra gouverner seul pendant 5 ans je crois que nous avons compris que nous ne sommes plus dans ces époques nous sommes dans le moment dans l'époque des coalitions mais pas subies
assumées clairement arrêtez de jouer les uns contre les autres regroupons-nous quel rôle vous jouez vous ? quel rôle vous voulez jouer ?
j'ai de l'expérience je ne sais pas si c'est une bonne chose mais vous l'avez rappelé je suis au gouvernement à la demande de François Bayrou pour m'occuper d'un dossier difficile mais passionnant celui des Outre-mer de cette France monde il y a beaucoup de sujets et je suis je le dis à ceux qui nous entendent et nous regardent je suis concentré à 100% sur ce dossier notamment la reconstruction de Mayotte des solutions politiques pour la Nouvelle-Calédonie et la lutte contre la vie chère sur tous ces territoires il y aura d'ailleurs un projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres fin juin ou début juillet sur ce sujet majeur et qui crée des tensions et une séparation entre ces territoires et l'Hexagone mais mon rôle moi je veux jouer un rôle comme tous les autres vous l'avez dit
je ne peux me désintéresser de 2027 c'est trop grave chacun dans notre rôle quel rôle mais quel rôle
voilà en vous disant ça en essayant de peser sur le fait qu'il faut construire une coalition
ou alors vous voulez être un acteur peut-être même
je suis en étant ministre d'Etat je suis forcément un acteur je suis un républicain de gauche et je souhaite que l'idée que je me fais de la gauche républicaine je l'ai dit tout à l'heure l'ordre républicain la laïcité l'Europe la justice sociale écoutez est-ce que dans cette coalition il y a un désaccord sur ce que le président est en train de faire par exemple pour soutenir l'Ukraine et pour unir davantage et rendre véritablement l'Europe plus forte je ne le crois pas est-ce que nous voulons que la France soit plus compétitive et que les français travaillent davantage comme le propose François Bayrou je pense que nous sommes d'accord là-dessus est-ce que l'école la lutte contre les sérégations territoriales et sociales dans les quartiers sont indispensables oui alors est-ce que la question de l'environnement et la lutte contre le changement climatique est essentielle oui est-ce que nous pensons que le trumpisme l'international réactionnaire est un vrai problème pour nos sociétés oui également je pense que tout le monde est d'accord sur ces idées-là alors si nous pensons que la solution ne vient ni du rassemblement national ni de la France insoumise et qu'il faut créer les conditions d'une majorité et d'un véritable travail de fond que les français attendent alors il n'y a pas d'autre choix que d'avancer et moi je veux modestement avec respect et humilité comme on dit en Nouvelle-Calédonie je veux y travailler c'est déjà pas mal vous voyez
ça j'estime qu'il est le meilleur pour porter ça
oui juste d'un mot c'est ça moi je veux y participer si vous dites effectivement il faut se rassembler on est d'accord sur l'essentiel il faut travailler au fond sur des grands objectifs il faut une personne pour porter le projet parce que s'il y a la bagarre qui continue comme elle commence aujourd'hui et s'il y a plusieurs candidats il n'y aura pas de deuxième tour pour ce grand rassemblement et un représentant de cette coalition un seul candidat
il faut privilégier la fédération avant toute idée
ça c'est l'organisation
la fédération les idées les idées et le projet c'est important évidemment tout le monde dit oui c'est important mais après et ensuite écoutez les enquêtes d'opinion la volonté des uns et des autres les leadership imposeront un homme et une femme mais avec une vision stratégique être présent au second tour parce que si c'est la division des idées s'il n'y a pas une organisation commune et s'il y a des candidatures tous azimuts nous n'y arriverons pas mais moi je crois qu'il y aura de la responsabilité parmi tous ceux qui aujourd'hui peuvent être candidats qu'il y aura de la responsabilité
pour s'imposer pour les départager mais moi je pense
qu'il faut une primaire comment et dans quelles conditions
vous y avez mauvais souvenirs j'ai des bons
et des mauvais souvenirs et chacun peut en avoir des bons et des mauvais non je pense qu'il y aura des logiques qui s'imposeront mais s'il n'y a pas la méthode
la logique des sondages
ça s'appelle la logique des sondages des rapports de force qui existent de l'envie que chacun manifeste bien évidemment de ce qui se passe dans notre société deux ans c'est très long mais je suis je suis convaincu que la méthode sur le fond bien évidemment mais sur l'organisation également sera tout à fait essentielle et c'est ça qui doit s'imposer avant que de chercher à nous diviser et à chercher toutes les différentes moi je n'ai aucun problème je veux dire à travailler avec Bruno Retailleau avec Elisabeth Borne avec François Rebsamen avec Eric Lombard je ne vais pas citer tout le gouvernement et c'est la force me semble-t-il c'est pas assez reconnu du premier ministre de François Bayrou de conduire d'animer cette équipe et de passer les étapes après les étapes c'est cette idée de dépassement qui a été portée par Emmanuel Macron et beaucoup portée depuis longtemps par François Bayrou qui est là il n'y en a pas d'autre
le clivage droite-gauche ne reviendra pas c'est ce que vous pensez ce matin
dans ces termes oui et depuis quelques années je le pensais déjà en 2015 en 2016 en 2017
c'est Emmanuel Macron qui l'a fait
c'est comme ça mais comme quoi il faut peut-être écouter mes idées les mettre en oeuvre parfois ça peut marcher
les épreuves à venir très vite parce qu'on voudrait quand même parler de la Nouvelle-Calédonie rapidement mais le budget c'est l'épreuve majeure qui attend le gouvernement
oui alors il y a eu alerte du FMI à nouveau jeudi dernier il faudra prendre des décisions difficiles pour respecter l'objectif des 3% en 2029 vous vous dites justice fiscale et justice sociale alors on se dit tiens Emmanuel Valls c'est peut-être finalement pas hostile le maintien d'un prélèvement par exemple obligatoire supplémentaire pour les entreprises
dans ce moment là où nous réclamons aux français des efforts depuis longtemps de travailler davantage c'est ce que rappelait le premier c'est un élément fondamental de la compétitivité où la France continue sous France le sommet à Versailles il y a quelques jours le démontrait être le pays qui reçoit le plus d'investissements étrangers donc tout n'est pas non plus négatif mais dans un moment d'incertitude notamment sur le plan économique et financier oui le budget va être un moment difficile mais pour qu'il soit accepté par les français que ce soit sur les retraites ou sur la fiscalité ou sur le financement de la protection sociale je ne vais pas participer au concours Lépine sur ce sujet là mais par exemple moi j'ai toujours été un ardent avocat de la TVA sociale qui a été défendu aussi bien et à gauche et à droite depuis des années bref il y a suffisamment d'outils qui sont sur la table pour permettre oui de passer le budget parce que imaginez que le budget ne passe pas ou qu'il y ait une motion de censure à cette occasion dans la situation économique et financière globale mondiale que nous connaissons serait dramatique pour notre pays
on taxe les riches les entreprises les grandes entreprises
je pense que
vous connaissez
je ne veux pas être dans la langue de bois il faut à la fois préserver notre compétitivité mais personne ne comprendrait que les plus fortunés et les grandes fortunes et les grandes entreprises ne participent pas de cet effort et le gouvernement s'est engagé
ne peut pas le faire une deuxième fois
oui mais il y a des éléments qui existaient déjà dans le budget précédent et puisqu'on est dans le débat il faut que chacun participe évidemment à cet effort national sans remettre en cause la compétitivité bien évidemment mais on ne va pas faire payer les classes moyennes une nouvelle fois et puis il y a le financement de la protection sociale on voit bien que tout le débat qu'il y a autour des taxis est lié aussi aux mesures qui sont prises pour réduire les dépenses de santé donc on sait qu'il faut réduire les dépenses de protection sociale et de santé mais comment on le fait si on taxe par exemple de nouveau la consommation il faut que d'autres participent de l'effort c'est ça ?
ça la taxe sur la consommation c'est-à-dire une TVA sociale qu'a évoqué Emmanuel Macron sur TF1 sans dire d'ailleurs le mot il faut y réfléchir très vite
oui et puis regardez il y a des groupes au Sénat ou à l'Assemblée nationale qui le proposent depuis des années en tout cas c'est dans le débat et je vois mal comment on peut empêcher les uns et les autres de réfléchir même si évidemment moi je suis très solidaire des choix qui sont faits par le gouvernement et la solidarité gouvernementale et du travail mené par Éric Lombard ou Amélie de Montchalin ou les ministres en charge du pôle social et santé
donc tout le monde doit faire des efforts les plus riches une nouvelle taxe ou en tout cas une taxe alourdie je serais pas un républicain de gauche
si je ne disais pas que la justice sociale et la justice fiscale étaient intimement liées il y a un sentiment profond d'inégalité d'injustice dans notre pays le sentiment que les classes moyennes sont prélevées par différents impôts même si parfois ce sentiment ne correspond pas à la réalité parce qu'il y a des impôts qui ont baissé ou qui ont disparu je pense à la taxe d'habitation déjà depuis quelques années mais ce sentiment existe donc si ceux qui en plus ont beaucoup reçu de l'état je pense aussi c'est eux au soutien aux entreprises qui ont des dividendes très importants grâce au travail des entreprises et donc de leurs salariés si chacun si ceux qui ont beaucoup d'argent qui gagnent beaucoup d'argent ne participent pas à l'effort national alors les ruptures les césures au sein de la société vont s'approfondir
Alors que se passe-t-il sur le dossier calédonien dont vous avez la charge Manuel Valls vous avez reconnu l'échec des négociations vous y êtes resté plusieurs jours vous êtes revenu et vous avez pris acte du fait que les deux parties en présence n'ont pas trouvé d'accord et le député de Nouvelle-Calédonie Nicolas Metzdorf membre de Renaissance a eu un rendez-vous avec Emmanuel Macron vous n'y étiez pas
Non, c'est normal que le président de la République reçoive des parlementaires ça ne me choque pas
Et à la sortie il a annoncé vous allez le voir une initiative dans les prochains jours pour relancer les discussions en parlant d'Emmanuel Macron je prends je ne lui parlais pas de vous je pense qu'il est prêt à prendre ses responsabilités il m'a rappelé sa prérogative qui est de traiter de la souveraineté de la France vous nous faites une traduction ?
D'abord que Nicolas Metzdorf s'exprime il n'est pas porte-parole que je le sache ni du président de la République ni du gouvernement je discute avec Nicolas Metzdorf avec Emmanuel Djibahou deux députés de la Nouvelle Calédonie un non-indépendantiste et l'autre indépendantiste il y a eu oui un échec des discussions et des négociations à Nouméa mais le dialogue continue le fil du dialogue n'est pas rompu c'est ça qui me paraît le plus important
Vous allez nous dire mais est-ce que dans cette phrase-là on a le sentiment on a eu même avec Arlette que vous étiez désavoué par Emmanuel Macron qui fait annoncer non pas par vous mais par un député avec lequel vous n'êtes pas forcément complètement d'accord sur la solution d'avenir de Nouvelle Calédonie c'est lui qui annonce que le président va donc on se dit mais il est où Manuel Valls ?
si je n'étais pas en charge du dossier si j'étais désavoué par quiconque si je n'avais pas le sentiment de maîtriser le travail sur la Nouvelle Calédonie je ne serais pas devant vous je suis venu à la demande du Premier ministre le Président de la République à évidemment accepter cette proposition d'abord pour avoir en charge l'ensemble des territoires ultramarins et pour trouver une solution pour ce qui concerne la Nouvelle Calédonie que le Président de la République sur notamment la question de la souveraineté de ces territoires est plus que son mot à dire mais c'est au coeur de ces prérogatives c'est la clé de voûte des institutions de la Vème République l'institution présidentielle non seulement ça ne me choque pas mais je trouve ça normal qu'il y ait des initiatives qui soient prises mais pas du type de celles annoncées par Nicolas Metzorf et qu'à un moment on se retrouve avec le chef de l'État mais ça a toujours été dit ça n'est en rien une nouveauté mais pardon je le dis à tout le monde que chacun soit clair celui qui s'occupe à la demande du chef du gouvernement du dossier de la Nouvelle-Calédonie c'est le ministre des Outre-mer c'est moi il n'y en a pas d'autre
le problème ou l'interrogation qu'on a c'est parce que Nicolas Metzorf ou par exemple Mme Baquets qui est président d'une des régions du territoire sont totalement opposés à la proposition que vous avez mis effectivement sur la table de la souveraineté avec la France ils disent tout simplement vous êtes en train de donner la Nouvelle-Calédonie aux indépendantistes donc ils vous contestent elle dit elle Mme Baquets vous êtes disqualifié sur le dossier ça ne va pas vous aider en dehors des polémiques bon ok mais ça ne vous aide pas entre vous non
non non mais vous connaissez c'est un vieux jeu qui consiste à essayer de discréditer ou les commissaires ou les ministres en charge du dossier je ne suis pas venu au gouvernement à la demande de François Bayrou pour faire ou refaire ce qui a été fait par le passé et qui a échoué les discours radicaux le passage en force la disqualification de l'état entre autres ont conduit évidemment aux violences inacceptables bien sûr qui ont commencé le 13 mai 2024 il y a eu 14 morts dont deux gendarmes plus de 2 milliards de destructions de biens publics et privés une économie exsangue une augmentation du chômage et surtout le sentiment que rien n'est plus possible en Nouvelle-Calédonie une forme d'échec du vivre ensemble donc ma méthode ou notre méthode ou le travail que nous devons mener ne consiste pas à répéter ce qui a été fait par le passé pour moi j'ai trois principes très clairs il ne peut pas y avoir de réforme du corps électoral c'est ça qui était au coeur de ce qui s'était passé il y a un an
ce qui n'est toujours pas réglé
contre les canaks contre les indépendantistes contre le peuple autochtone il ne peut pas y avoir de référendum sans les canaks ce sont les leçons pour ceux qui connaissent l'histoire de 1997 et plus récemment de 2021 et il ne peut pas y avoir de destin commun et de vivre ensemble sans tous les calédoniens quelle que soit leur origine et il faut essayer de créer les conditions d'un accord entre deux aspirations contradictoires l'aspiration à la pleine souveraineté et la volonté de rester dans la France c'est ce que j'ai proposé le projet est toujours sur la table les discussions ont lieu c'est compliqué on ne va pas embêter les téléspectateurs avec ce sujet moi je ne suis pas aussi sûr que cela qu'on soit très éloigné les uns et les autres à partir du moment où la sécurité la défense la monnaie la protection des nouveaux calédoniens est au coeur de cet accord la nationalité bien évidemment donc on peut concilier ces aspirations mais il ne peut pas y avoir de solution sans qu'on sorte du processus de décolonisation la nouvelle Calédonie avec l'Algérie c'était la seule colonie de peuplement et la Calédonie est toujours pour les Nations Unies avec l'accord de la France un territoire à décoloniser tant qu'on n'a pas réglé ce problème et l'exercice du droit à l'autodétermination des Calédoniens et bien sûr des Canaques tous les Calédoniens ont déjà eu l'occasion de s'éprimer par trois fois et auront sans doute un moment ou l'autre l'occasion de le faire tant qu'on n'a pas réglé ces deux problèmes on n'a rien réglé et moi je veux éviter la confrontation la guerre civile et depuis 3-4 mois on a discuté négocié trouvé les voies pour éviter cette confrontation et je reste optimiste sur la capacité à trouver un accord il le faut il le faut pour la Nouvelle-Calédonie pour la France et nous le ferons avec le Président de la République avec le Premier ministre avec tous les acteurs de la Nouvelle-Calédonie et c'est moi qui porterai ce débat
et c'est toujours vous le ministre merci beaucoup Manuel juste un mot vous allez aller en Guyane je crois que la Nouvelle-Calédonie sera pour plus tard vous y a déjà passé un an juste un mot oui ou non vous êtes d'accord avec la prison de sécurité de haute sécurité que Gérald Darmanin veut faire construire
la prison était prévue depuis 2017
donc il n'a rien annoncé
évidemment non mais il faut toujours faire vous savez ça vaut pour moi il faut toujours faire attention avec les territoires ultramarins à la sensibilité au symbole au mot
vous le lui rappelez merci beaucoup Manuel d'avoir été l'invité de l'événement aujourd'hui dans un instant LCI Midi se poursuit sur LCI la 26 bientôt la 15 merci beaucoup monsieur le ministre merci à bientôt merci
merci